Les mesures d’isolement ont été accrues à la résidence Park Place, à Ottawa.
Les mesures d’isolement ont été accrues à la résidence Park Place, à Ottawa.

Isolement dans les résidences pour aînés: «On vivait une crise avant la COVID-19»

Bien que la plupart des éclosions de la COVID-19 à Ottawa sont survenues dans des résidences pour aînés ou des centres de soins de longue durée, la direction de ces établissements dit suivre à la lettre les recommandations des autorités sanitaires.

La médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches, indique que les établissements qui prodiguent des soins à nos aînés doivent surveiller de près l’état de santé des travailleurs, s’assurer que le port des masques est mis en pratique, en plus d’interdire les visites.

«Nous travaillons sur des mesures pour limiter les contacts avec les autres personnes dans ces centres, autant que possible», explique la Dre Etches, donnant en exemple la fin des repas dans une grande salle commune.

Ces mesures sont toutefois accrues du moment qu’un cas est confirmé dans un établissement, comme ce fût le cas pour deux résidences de l’entreprise Alavida à Ottawa : Promenade Orléans et Park Place.

«On voit la vie dans une résidence pour retraités différemment maintenant, soutient la vice-présidente aux opérations d’Alavida, Amy Richer. Nous nous concentrons sur une seule chose et c’est assurer la sécurité de nos résidents et de notre personnel».

Éviter le sentiment d’isolement

À Promenade Orléans — où deux résidents sont morts de la COVID-19 — et Park Place, après la confirmation d’une éclosion, les mesures de précautions ont été portées à un niveau supérieur. Les résidents ne peuvent plus quitter leur chambre et le personnel soignant doit enfiler un kit complet de protection avant de les visiter.

Particulièrement pour ces personnes âgées qui habitent dans un établissement où une éclosion a eu lieu, il est difficile de ne pas se sentir seul, soutient le député provincial d’Ottawa-Centre et porte-parole de l’opposition officielle des Services aux aînés, Joel Harden.

«On avait déjà un problème, affirme ce dernier. Beaucoup de recherches disent qu’on vivait une crise avant la COVID-19 en matière d’isolement des aînés.»

M. Harden estime que les résidents d’Ottawa sont chanceux puisque des organismes communautaires — comme The Good Companions et Seniors’ Centre Without Walls — qui offrent de l’accompagnement aux aînés sont bien implantés dans la capitale fédérale. Le financement de ces groupes est toutefois incertain.

«Si les gens prennent du temps pour appeler leurs proches souvent ou bien donner du temps à travers ces organismes pour parler à des gens seuls, c’est bien, indique le député d’Ottawa-Centre qui dit le faire lui-même tous les soirs. Pour moi, c’est aussi important de faire des investissements dans les maisons de soins et dans les ressources pour aînés dès maintenant.»

La vice-présidente d’Alavida soutient que les employés dans les résidences gérées par l’entreprise doivent innover pour divertir les résidents en ces temps difficiles. Ils aident les familles à organiser des vidéoconférences avec leurs parents souvent peu familiers avec leur fonctionnement.

La fille d’un résident de la Promenade Orléans organise aussi, par exemple, des séances d’exercice auxquels les gens peuvent participer à partir de leur balcon.

«Notre personnel fait un travail phénoménal pour maintenir une ambiance positive. Ils trouvent de nouvelles choses à faire chaque jour, affirme Amy Richer. Jusqu’à maintenant, le moral est plutôt bon. Nous recevons de bons commentaires de la part de nos résidents et des membres de leurs familles.»