Une manifestation de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec sur Grand-Allée à Québec, mercredi
Une manifestation de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec sur Grand-Allée à Québec, mercredi

Infirmières et autres travailleurs de la santé manifestent pour des vacances

MONTRÉAL - Le manque de répit et de vacances ne passe plus chez les travailleurs de la santé, qui l’ont exprimé par le biais de plusieurs manifestations, mercredi, devant des établissements de santé du Québec.

Des infirmières de la FIQ avec leur slogan «mortes de fatigue», des techniciennes de l’APTS et d’autres travailleurs de la santé du SCFP-FTQ et de la CSN l’ont dit sur tous les tons, pancarte en main.

«Des vacances estivales, point final», «libérez vos anges pour les vacances», «situation lamentable, vacances inestimables», pouvait-on lire sur des pancartes, lors d’une de ces manifestations sur le terrain du CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, au Nord de l’île de Montréal.

Des représentants de ces syndicats se sont même couchés sur le trottoir, sur le boulevard Gouin, pour illustrer leur fatigue et leur exaspération.

Ils en veulent tous à l’arrêté ministériel, adopté dans le contexte de la pandémie, qui permet aux CISSS et aux CIUSSS (Centres intégrés uiversitaires de santé et de services sociaux) de refuser des congés, de reporter des vacances ou de s’en tenir au minimum.

Sur place, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s’est adressée à ces travailleurs et aux médias: «j’ai des dizaines de professionnelles en soins, ici notamment, mais aussi partout au Québec, qui se sont données, qui ont donné tout ce qu’elles avaient, depuis trois mois maintenant. Elles ont besoin d’avoir leurs vacances; c’est le minimum qu’on peut respecter».

Mme Bédard rapporte l’état d’esprit de ses membres, les infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins: «elles sont totalement démobilisées. Pour elles, c’est une question de jours, où elles se demandent si elles vont continuer, si elles ne vont pas tomber au combat».

Elles appréhendent particulièrement une possible deuxième vague, l’automne prochain, si elles n’ont pas eu l’occasion de se reposer suffisamment d’ici là.

David Routhier, du syndicat local de l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux), a affirmé en entrevue que localement, la situation de la pandémie s’est améliorée, au point où cela ne justifie plus, selon lui, de refuser des congés ou de reporter des vacances.

«Il y a de moins en moins de résidants qui sont malades et il y a de moins en moins d’employés qui sont absents. Donc, à part Notre-Dame-de-la-Merci, où on s’est fait dire hier qu’il y avait une recrudescence, un genre de deuxième vague à l’interne, dans les autres CHSLD (de ce territoire), le taux de contamination est vraiment en baisse. Donc, on s’explique mal de dire «il faudrait couper les vacances, il faudrait réduire, au cas où». Parce que là, on se retrouve avec un surplus de personnel en CHSLD présentement», a soutenu M. Routhier.

Des techniciens et professionnels du SCFP, affilié à la FTQ, ont aussi manifesté à la même heure, cette fois devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal.

Mercredi était la première de trois journées de manifestations.