Le Better Business Bureau et le Centre antifraude du Canada ont reçu ensemble 364 plaintes pour des escroqueries relatives aux animaux de compagnie, dont plus de 250 signalant une perte financière.
Le Better Business Bureau et le Centre antifraude du Canada ont reçu ensemble 364 plaintes pour des escroqueries relatives aux animaux de compagnie, dont plus de 250 signalant une perte financière.

Fausses annonces: les escroqueries canines, un problème grandissant au pays

Christopher Reynolds
La Presse canadienne
Les escroqueries canines représentent un problème grandissant à travers le pays: des fraudeurs cherchent à profiter des amoureux des animaux en quête d'un compagnon pendant la pandémie de COVID-19, selon le Better Business Bureau.

L'organisme à but non lucratif estime que les Canadiens ont perdu environ 300 000 $ aux mains d'arnaqueurs se faisant passer pour des éleveurs jusqu'à présent cette année, comparativement à un total d'environ 150 000 $ en 2019.

Le Better Business Bureau et le Centre antifraude du Canada ont reçu ensemble 364 plaintes pour des escroqueries relatives aux animaux de compagnie, dont plus de 250 signalant une perte financière.

«Il y a des gens partout au pays, des Maritimes jusqu'à la Colombie-Britannique, qui se font arnaquer avec ce type de fraude de chiots», déplore la porte-parole de l'organisme, Jessie St-Cyr.

Les consommateurs sont invités à se méfier des prix trop bas, comme moins de 1000 $ pour un chiot de pure race; de toute pression pour finaliser rapidement l'achat; et des méthodes de paiement moins sécuritaires avec notamment des cartes-cadeaux, Bitcoin ou encore Western Union.

«Dans la dernière plainte que j'ai vue, de quelqu'un de Calgary qui a perdu 2225 $, le faux éleveur avait demandé à la personne de payer avec des cartes-cadeaux Walmart», illustre Jessie St-Cyr.

Les frais supplémentaires qui se multiplient peuvent aussi constituer un signal d'alarme. «Ils disent: ''OK, il faut 1500 $ de plus pour louer une cage électronique à température contrôlée. Elle sera remboursable à 95%''. Et puis pour les vaccins, pour les assurances. Ils vont demander de plus en plus d'argent.»

Les acheteurs peuvent également flairer les escrocs en demandant plusieurs références, comme le vétérinaire responsable de la vaccination; en vérifiant la date de création des sites web de l'éleveur et de la compagnie de transport; ainsi qu'en retardant le paiement jusqu'à avoir vu le chien en personne ou par rencontre virtuelle.

Le site «who.is» permet aux utilisateurs de saisir une adresse web pour vérifier la date à laquelle celle-ci a été enregistrée.

Les futurs maîtres peuvent également s'assurer que les photos de leur pitou sont bel et bien authentiques en les glissant dans la barre de recherche de Google Images. «Si vous voyez que la photo apparaît sur différents sites Web, sur de nombreuses petites annonces, c'est un gros avertissement», relève Mme St-Cyr.

Les escrocs évoquent souvent la COVID-19 pour éviter les rencontres en chair et en os, explique-t-elle, et ils prennent pour cible les personnes qui cherchent à briser leur solitude pendant la crise sanitaire.

La police régionale de Waterloo, en Ontario, a rapporté vendredi l'arrestation d'une femme de 24 ans à Cambridge en lien avec une fausse annonce de bouledogues français. Dix personnes étaient tombées dans le panneau.

L'éleveuse Marilyn Burleson indique que les clients à la recherche d'un chien de bon pedigree peuvent se tourner vers le Club canin canadien et en consulter le répertoire .

La demande pour ses Yorkshire terriers a explosé au cours des six derniers mois, rapporte-t-elle. «C'est ridicule. Je reçois probablement cinq appels par jour, sans compter les couriels.»

Certains clients lui confient des «histoires cauchemardesques» de fraude de plusieurs milliers de dollars. Plusieurs victimes tentent selon elle de combler le vide laissé par un bon ami récemment décédé.

«Je sais que les gens se sentent seuls, affirme Mme Burleson. J'ai de la peine pour ceux qui essaient juste de remplacer un compagnon de longue date.»