Les propriétaires du Beatnik Hôtel à Bromont ont dû baisser pavillon en raison du gouffre financier engendré par la crise sanitaire qui paralyse le Québec depuis des semaines.
Les propriétaires du Beatnik Hôtel à Bromont ont dû baisser pavillon en raison du gouffre financier engendré par la crise sanitaire qui paralyse le Québec depuis des semaines.

Faillite du Beatnik Hôtel: «On est les premiers d’une grosse vague»

La pandémie mène la vie dure aux entreprises touristiques, qui voient leurs revenus tomber à zéro depuis des semaines. La crise actuelle commence même à faire des victimes. C’est le cas des propriétaires du Beatnik Hôtel de Bromont, qui ont dû se résoudre à la faillite.

En 2016, Geneviève Marois et son conjoint Sylvain Bélanger se sont lancés dans l’aventure de l’hôtellerie, en achetant le Refuge du mont Gale, rebaptisé le Beatnik Hôtel. Un rêve qu’ils caressaient depuis des années, mais qui s’est malheureusement transformé en cauchemar au cours des derniers jours.

«On n’était pas en si mauvaise posture côté financier. Mais le fait que l’on rate ces ventes critiques en avril et en mai, ça nous a pris de court. On a fait plusieurs démarches pour échapper à [la faillite]. En vain», a confié à La Voix de l’Est M. Bélanger, cofondateur de Muuk architecture.

Selon les documents obtenus, l’entreprise s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité le 9 avril. Elle cumulait alors des dettes d’un peu plus de 600 000$. Raymond Chabot est le syndic autorisé au dossier. Une assemblée des créanciers est prévue le 30 avril.

Le gouffre était tel que même l’aide gouvernementale n’aurait pas été suffisante pour traverser la crise, a affirmé Sylvain Bélanger. «On a évité l’acharnement tout en prenant les conseils des gens en finance qui nous entourent. On se serait juste plus endetté pour fermer trois mois plus tard parce que les marges de profit sont très minces dans notre domaine.»

M. Bélanger est catégorique: les échos de gens qu’il connaît dans l’hôtellerie et la restauration laissent présager un tsunami de fermetures. «On est les premiers d’une grosse vague qui s’en vient», a-t-il imagé.

Reprise

Plusieurs événements, notamment des mariages, étaient au calendrier du Beatnik l’été prochain. Met-on une croix sur tout cela? «Pas nécessairement. Il y a beaucoup de gens intéressés à reprendre la business. C’est une belle entreprise qui a un très beau chiffre d’affaires», a assuré M. Bélanger.

D’ailleurs, un partenariat avec des gens, également dans le secteur de l’hôtellerie, était dans les cartons avant que la pandémie paralyse la planète. «Malheureusement, la crise a fait en sorte qu’ils se sont désistés», a fait valoir le copropriétaire.

Ce dernier a mentionné que d’éventuels acquéreurs du Baetnik pourraient «prendre la balle au bond». «Du moins, c’est ce que l’on souhaite. On travaille fort là-dessus en ce moment. On veut faire tout ce qui est possible pour honorer tous [les engagements] et éviter les déceptions.»

Une ombre plane toutefois au tableau si la reprise des activités est repoussée de plusieurs mois. «Si les regroupements ne sont toujours pas permis durant l’été, a indiqué Sylvain Bélanger, ce sera une autre histoire. On a travaillé tellement fort. Ceux qui ont perdu le plus d’argent dans tout ça, c’est nous.»