Tout comme ses compagnons de voyage, Gilles Brassard est de retour d'Espagne. 
Tout comme ses compagnons de voyage, Gilles Brassard est de retour d'Espagne. 

Enfin de retour au Lac-Saint-Jean

Les voyageurs du Lac-Saint-Jean qui étaient confinés en Espagne depuis le début de la crise de coronavirus, des couples de Dolbeau-Mistassini et de Péribonka, sont enfin de retour au pays, confinés cette fois dans le confort de leur demeure.

« Nous sommes contents d’être de retour à la maison et nos proches aussi sont heureux de nous savoir ici au Québec. On s’isole pour les quatorze prochains jours », a assuré Gilles Brassard au bout du téléphone.

« Ce qui nous a frappés le plus à notre retour, c’est cette vague de solidarité de la part de nos proches. Nous avons reçu des appels de voisins, des amis et de la famille pour nous offrir leur aide et pour nous procurer des biens. La sœur de notre couple d’amis nous avait préparé des repas avec des soupes, des condiments et des desserts qu’ils avaient placés dans une glacière à notre arrivée », se réjouit Gilles Brassard, lors de notre conversation téléphonique.

Respect des consignes

« On respecte les consignes du gouvernement. Dès notre arrivée à l’aéroport de Montréal, ils nous ont remis un document officiel sur l’auto-isolement obligatoire pour les voyageurs. Nous étions au courant de ces mesures, on lisait Le Quotidien et La Presse tous les jours en plus d’écouter les points de presse du ministre Legault », explique le Dolmissois.

Le décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada (isolement obligatoire pendant 14 jours) avise les voyageurs que « votre conformité à ce décret peut faire l’objet d’une surveillance, d’une vérification et de mesures d’application de la loi. Les personnes qui ne s’y conforment pas pourraient être détenues dans une installation de quarantaine, recevoir des amendes ou être emprisonnées ».

Gilles Brassard respecte le confinement obligatoire de 14 jours.

« Les consignes sont claires et nous allons les respecter. J’aimais bien faire une course à pied de quelques kilomètres tous les jours, ça va me manquer beaucoup, mais je vais faire une pause », dit-il.

Peur de l’aéroport

« Le plus inquiétant, c’était de savoir comment ça allait se passer à l’aéroport de Malaga. Il y avait une distance de 20 kilomètres entre notre lieu de résidence et l’aéroport. Samedi matin, il y avait quatre taxis devant la porte de notre condo, les chauffeurs de taxi n’acceptent pas plus d’un passager à la fois et tout s’est bien passé », fait savoir Gilles Brassard, qui était en compagnie de sa conjointe, Renelle Boudreault, et d’un couple d’amis, Guylaine Proulx et Christian Pelchat de Péribonka, durant ce périple.

« Air France avait annulé sans préavis notre vol de retour prévu pour le 7 avril. Nous avons finalement réussi à obtenir des billets d’avion pour un vol de rapatriement le 28 mars. La date du vol nous a été confirmée par un courriel du consulat canadien », raconte Renelle Boudreault.

« Tant que nous n’étions pas assis dans l’avion, nous étions inquiets. Il y avait des risques que le vol soit annulé et qu’on soit forcé d’attendre plusieurs heures. J’avais peur que ce soit la confusion et la surpopulation à l’aéroport. Nous avions vu toutes sortes d’histoires ailleurs dans le monde. En arrivant à l’aéroport, nous avons trouvé des gens disciplinés, des Québécois patients dans la file d’attente », raconte Gilles Brassard.

L’Espagne, un épicentre

Il faut préciser que les Jeannois étaient en Espagne, le pays le plus touché après l’Italie par la pandémie de coronavirus, alors qu’il y a plus de 800 morts quotidiennement, depuis quelques jours, avec un total de plus de 8189 décès (le 31 mars).

« Tant qu’on était confiné dans notre condo, ça allait, mais de se retrouver à l’aéroport ça nous inquiétait. Une fois assis dans l’avion, nous étions rassurés. «Nous sommes partis de Malaga à 10 h et nous sommes revenus à Montréal via Halifax à 14 h, heure de Montréal, pour nous retrouver à Dolbeau-Mistassini à 22 h 30. Durant le trajet en voiture, il n’y avait personne sur la route. Nous sommes arrêtés à l’Étape, dans la Réserve faunique des Laurentides, et il n’y avait pas un chat, sauf le commis du dépanneur qui avait l’air content de voir du monde. Nous avons été contrôlés par les policiers à l’entrée de la 175, pas loin du poste d’essence et du restaurant McDonald. On leur a dit qu’on revenait d’Espagne et ils nous ont rappelé les consignes de confinement», raconte Gilles Brassard.

«Nous respectons les règles et mon fils s’occupe de l’épicerie. Pour le moment, personne n’a de symptômes. On se croise les doigts», dit-il en terminant.