L’école Saint-Paul de Trois-Rivières.
L’école Saint-Paul de Trois-Rivières.

Deux cas de COVID-19 dans des écoles en Mauricie

Trois-Rivières — Le Collège Marie-de-l’Incarnation compte un premier cas de COVID-19 au sein de ses élèves et une enseignante au préscolaire de l’école primaire Saint-Paul de Trois-Rivières a aussi contracté le virus.

La directrice de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi, explique que ces deux cas sont «sporadiques» et qu’il ne s’agit donc pas d’une éclosion, car il faudrait alors deux cas et plus par classe avec un lien épidémiologique entre les deux, explique-t-elle. «Lorsqu’on a deux cas déclarés dans une même classe, on considère qu’on a une éclosion dans cette classe et non dans l’école», précise-t-elle.  S’il venait à y avoir plusieurs cas dans plusieurs classes et que les personnes infectées avaient un lien, on pourrait alors considérer que l’école elle-même serait en éclosion, «mais ce n’est pas le cas en ce moment», assure-t-elle.

Au CMI, la dernière présence de l’élève remontait au vendredi 15 mai et, à ce moment, cet élève ne présentait pas de symptômes, indique la directrice de l’établissement, Élisabeth Jourdain.

Le Collège travaille en étroite collaboration avec la Santé publique. Dès mardi, les employés et les parents des élèves qui ont été en contact avec la personne infectée ont reçu une lettre de la Santé publique. Les parents de tous les élèves du Collège ainsi que son personnel ont été informés de la situation. À la lumière des informations recueillies par la Santé publique, il a été établi que le risque est faible puisque le Collège a appliqué toutes les mesures exigées par les autorités, précise la directrice.

Du côté de l’école primaire Saint-Paul, la situation a été découverte mardi et les autorités sanitaires ont été immédiatement avisées, indique la porte-parole de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Anne-Marie Bellerose. L’enseignante a été retirée de son milieu de travail.

C’est au tour du Collège Marie-de-l’Incarnation d’avoir un premier cas de COVID-19.

La présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Claudia Cousin, a indiqué au Nouvelliste que l’enseignante «a toujours porté l’équipement de protection individuelle (ÉPI) au complet (masque, visière et blouse)».

Mme Cousin ajoute que «la Santé publique a téléphoné aux parents des élèves. Elle considère le risque de contamination faible considérant que tous sont restés à une distance de deux mètres et que les adultes ont toujours porté l’ÉPI.»

Donc, «il n’y a pas de motif présentement pour tester les enfants», ajoute Mme Cousin.

Du côté de la Commission scolaire, on indique que la Santé publique a fait parvenir une lettre à tous ceux et celles qui étaient en contact avec la personne infectée, incluant les parents des élèves, leur indiquant que le risque était jugé faible.

Selon Mme Bellerose, les élèves étaient de retour en classe mercredi matin, mais la Commission scolaire est en attente des suites de la part de la Santé publique, si suites il y a.

«Nous allons respecter religieusement ce que nous dira la Santé publique», assure Mme Bellerose en précisant que depuis le début du retour en classe, les mesures d’hygiène ont été respectées à la lettre dans l’école. C’est aussi ce qu’entend faire le CMI qui maintient lui aussi ses efforts sanitaires.

Avec l’identification d’un cas dans deux écoles, la Santé publique est en train de procéder à une enquête épidémiologique pour identifier les contacts. «On verra si ces contacts sont à risque élevé ou modéré», dit-elle.

«Dans le cas de COVID-19, ce qui a été déterminé, pour l’évaluation de risque, c’est lorsqu’on a un contact avec une personne et que ce contact se fait à moins de deux mètres sans protection et pendant plus de 15 minutes», explique-t-elle.

«Si l’interaction s’est faite à plus de 2 mètres et pendant moins de 15 minutes et même plus de 15 minutes, on considère que le risque est faible», explique-t-elle. À l’école, les enfants pratiquent en ce moment la distanciation sociale, sont toujours dans le même local, ne partagent pas d’objets et sont toujours dans le même groupe, donc ils n’ont pas d’interaction avec d’autres classes non plus. Tous ces éléments font que le risque est considéré comme faible, explique la directrice de la Santé publique.

Les personnes infectées devront être placées en isolement pendant 14 jours au cours desquels elles devront surveiller leurs symptômes. «Si, dans la même classe, on observe qu’il y a d’autres personnes qui présentent des symptômes, on va leur recommander de se faire dépister. Si l’on détermine qu’il y a éclosion, l’ensemble des élèves de cette classe vont être dépistés, avec les enseignants également», dit-elle.

Donc, pour l’instant, il n’y a pas de dépistage dans les deux écoles, car il s’agit de cas sporadiques. «mais on va surveiller», assure la Dre Godi.

Quand on lui demande ce que ces deux cas augurent pour l’éventuelle rentrée scolaire de septembre, la Dre Godi indique qu’il «faudra s’attendre à vivre avec la COVID-19».

Le directrice prévoit qu’il pourrait y avoir des éclosions «dans les écoles et tous milieux» qui sont en train d’être rouverts. «Beaucoup d’enseignement a été fait dans l’ensemble de la population, beaucoup de mesures ont été faites pour limiter la propagation. Il est donc important que l’ensemble des personnes gardent en tête qu’il faut maintenir la vigilence», dit-elle.

Depuis le 11 mai, une cellule d’accompagnement a été déployée par la Santé publique pour tous les milieux scolaires.