Les pompiers volontaires et à temps partiel pourraient être privés de la Prestation canadienne d’urgence s’ils font des gardes en caserne ou répondent à des appels.
Les pompiers volontaires et à temps partiel pourraient être privés de la Prestation canadienne d’urgence s’ils font des gardes en caserne ou répondent à des appels.

Des pompiers craignent de ne pas recevoir la Prestation canadienne d’urgence

Des pompiers à temps partiel et volontaires de partout au Québec s’inquiètent de ne pas être admissibles à la Prestation canadienne d’urgence s’ils assurent des gardes en caserne ou répondent à des appels puisqu’ils ont été mis à pied temporairement par leur employeur principal.

«La réalité est dans toutes les villes où il y a du temps partiel, du volontaire, constate le pompier Louis-Philippe Cartier, secrétaire au Syndicat des pompiers et pompières du Québec, section Granby. La somme de 2000 $ promise par le gouvernement, du moment que tu as fait quelques dollars, tu n’es pas éligible. Il y a des pompiers dans certains patelins qui ne veulent pas aller au feu pour ne pas en être privé. Ici, on n’en est pas là pour l’instant. On a choisi ce métier-là parce qu’on aime ça. Parce qu’on veut aller au feu.»

La Prestation canadienne d’urgence prévoit une aide de 2000 $ par mois aux travailleurs qui ont perdu leur emploi depuis le début de la pandémie. Les critères d’admissibilité prévoient entre autres que l’employé ne doit pas avoir touché un revenu au cours des 14 derniers jours.

Une soixantaine à temps partiel à Granby

Granby compte une soixantaine de pompiers à temps partiel dans ses rangs, dont 35 % ont été mis à pied de leur principal emploi, qui n’est pas celui à la caserne de la rue Léon-Harmel.

Cela signifie que si un de ces pompiers fait une garde en caserne ou intervient sur un appel, il sera privé de l’aide financière pendant deux semaines, une somme supérieure à celle qu’il aura empochée comme sapeur.

«C’est un service essentiel au même titre que les infirmières, les médecins, le personnel qui travaille dans les hôpitaux et qui font un très gros travail. Il devrait y avoir l’exemption d’un montant X sans être privé du 2000 $ en totalité, estime M. Carrier. Le gars fait une centaine de dollars les semaines avant parce qu’il doit offrir un service essentiel et il va devoir oublier l’aide financière.»

L’Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ) est saisie du dossier. Des représentations ont été faites aux instances responsables.

«L’Association et les différents partenaires travaillent sur la Prestation canadienne d’urgence pour obtenir un allégement ou qu’on modifie les critères pour aider les pompiers. Ce n’est pas seulement à Granby. C’est partout au Québec. Les autres services avoisinants ont la même problématique que nous», affirme Simon Boutin, directeur du Service des incendies de Granby.

Aucun pompier de Granby n’a jusqu’ici fait savoir qu’il ne se présenterait pas sur une intervention pour éviter d’être privé de l’aide financière, précise M. Boutin. «On veut rassurer la population. Les pompiers sont professionnels. Ils sont disponibles. La sécurité des citoyens est la priorité des pompiers. S’il y a une intervention, ils seront là.»