Des paramédics réclament que le nettoyage de leur uniforme soit assuré par leur employeur, comme c’est le cas pour les infirmières qui oeuvrent dans plusieurs secteurs du réseau de la santé.
Des paramédics réclament que le nettoyage de leur uniforme soit assuré par leur employeur, comme c’est le cas pour les infirmières qui oeuvrent dans plusieurs secteurs du réseau de la santé.

Des paramédics réclament le nettoyage de leurs uniformes

Des paramédics du Québec réclament que le nettoyage de leur uniforme soit assuré par leur employeur. Les travailleurs veulent ainsi éviter de contaminer leur entourage lorsqu’ils retournent à la maison alors que la province est frappée par la pandémie de COVID-19.

«On demande de ne pas avoir à ramener les uniformes à la maison. On est des intervenants de première ligne. On va chez les gens, dans les maisons. On est dans des environnements plus infectieux. C’est moins contrôlé comme environnement qu’en milieu hospitalier», affirme Michael Bédard, délégué syndical de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec, secteur Acton Vale.

À son arrivée à la caserne, l’ambulancier doit être habillé en civil. Après chaque quart de travail, il doit enlever son uniforme à la caserne qu’il place ensuite dans un sac. Celui-ci est transporté à la maison. Les vêtements doivent ensuite être lavés à l’eau chaude avec du savon dans la laveuse.

Cette directive est en place dans toutes les casernes de l’entreprise ambulancière Dessercom, notamment à Granby, Bedford et Acton Vale, depuis le début de la pandémie. D’autres compagnies, comme le Groupe CAMBI qui a entre autres un point de service à Cowansville, ont adopté la même approche.

M. Bédard et ses collègues craignent de contaminer leurs proches en ramenant ainsi leurs vêtements à la maison.

«Même quand on n’était pas en pandémie, on pensait que c’était la responsabilité de l’employeur de laver nos vêtements qui peuvent être souillés ou qui sont en contact avec des virus», renchérit Gaétan Dutil, du syndicat des paramédicaux et du préhospitalier de la Montérégie (SPPM) - CSN.

Une entente survenue lundi entre la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et le gouvernement du Québec prévoit entre autres que les uniformes seront fournis et entretenus par l’employeur dans les secteurs priorisés. Il s’agit de ceux de l’urgence, de la médecine-chirurgie, des soins intensifs, de l’inhalothérapie, de l’imagerie, de la pneumologie, des cliniques et des unités dédiées à la COVID-19, des CHSLD où il y a un foyer d’infection du coronavirus et lors des transferts entre les établissements.

«Si on leur offre ce service-là, ça serait la moindre des choses de l’avoir nous aussi. Je dois m’enfermer dans l’ambulance avec ces patients-là, comme je sais aussi que les infirmières sont tout le temps exposées», fait valoir M. Bédard.

La compagnie ambulancière Dessercom affirme être en attente des orientations ministérielles à ce sujet. «On est conscients des revendications des paramédics. On attend les directives claires du Ministère. Dans l’intervalle, on cherche des solutions pour les accommoder», affirme Francis Brisebois, coordonnateur aux communications chez Dessercom.

Du côté du Groupe CAMBI, la procédure actuelle de lavage de l’uniforme est jugée satisfaisante pour le moment. Le ministère de la Santé n’a pas retourné l’appel de La Voix de l’Est mercredi.