Des paramédicaux inquiets pour leur famille

Des ambulanciers paramédicaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’inquiètent de ne pas avoir d’endroits pour s’isoler s’ils tombent malades. Plusieurs d’entre eux aimeraient avoir accès à une chambre d’hôtel, par exemple, afin d’être en quarantaine loin de leur famille, s’ils contractent la COVID-19.

Le gouvernement de François Legault annonçait, mercredi, que des chambres d’hôtel seraient mises à la disposition des préposés aux bénéficiaires des résidences pour aînés ou des CHSLD, afin qu’ils puissent s’isoler, dans le but d’éviter le plus possible une transmission du virus au sein des résidences des personnes âgées, gravement touchées par la propagation du coronavirus. 

D’autres corps de métiers, comme les ambulanciers, aimeraient bénéficier d’une telle mesure. 

« Je trouve ça désolant qu’on n’ait rien qui nous est offert. Il faut se débrouiller si on est contaminés. Qu’est ce que je fais avec ma blonde et les enfants ? Je vais où, demain matin, si j’ai des symptômes ou si je suis testé positif ? », se questionne un paramédic avec qui Le Quotidien s’est entretenu. Le père de trois enfants, qui oeuvre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, préfère garder l’anonymat, par risque de représailles. 

Depuis le début de la crise, il craint, comme bien d’autres de ses collègues, d’être infecté. Mais ce qui inquiète davantage les paramédicaux, c’est de ne pas avoir d’endroit dédié à une quarantaine sécuritaire pour leur famille. 

« Nous sommes beaucoup plus à risque et nous mettons nos familles à risque. On est en plein dedans, mais on n’a aucun plan B. On nous dit d’aller à la maison, dans une chambre isolée et de ne pas avoir de contacts directs avec nos familles. Ça n’a pas vraiment d’allure », estime le paramédic. 

Présentement, les paramédicaux enfilent une combinaison, des gants, des lunettes de sécurité et un masque s’ils doivent intervenir auprès d’une personne possiblement atteinte. Les questions d’usage (revenez-vous de voyage ? avez-vous été en contact avec une personne qui revient de voyage ? ou présentez-vous des symptômes grippaux ?) sont posées au téléphone, lorsqu’une personne compose le 911. 

Mais comme l’expliquait une infirmière dans une précédente entrevue accordée au Quotidien, l’ambulancier note que certains préfèrent mentir et cachent certains détails, ce qui met les premiers répondants à risque.  

Jusqu’à maintenant, un seul ambulancier paramédic a été testé positif à la COVID-19 sur le territoire de Saguenay. On ignore encore de quelle façon il a été infecté.