L’Hôpital d’Alma.
L’Hôpital d’Alma.

Des infirmières menacent de démissionner en bloc à l’Hôpital d’Alma

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
À bout de souffle, les infirmières du département d’obstétrique à l’Hôpital d’Alma menacent de démissionner en bloc. Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean en aurait été informé vendredi, en soirée.

Ce serait en tout plus d’une dizaine d’infirmières qui pourraient quitter l’établissement si leurs conditions de travail ne s’améliorent pas, leurs demandes concernant surtout le retrait des quarts de travail de 12 heures obligatoires, imposés jusqu’à la mi-janvier.

Élyse Tremblay est du nombre. Tel qu’expliqué dans sa lettre acheminée au syndicat, elle n’est pas qu’une infirmière, mais aussi une mère monoparentale de deux enfants. Deux rôles avec lesquels il lui est impossible de jongler dans les conditions actuelles.

« Je ne peux même pas rester jusqu’à 20h le soir... que vont faire mes enfants de 16:00 à 20:00 ? Allez-vous venir les chercher au service de garde, leur faire à souper, les devoirs, le bain, les border ? Et ensuite, ramasser ma vaisselle sale, laver mon linge souillé de l’hôpital, préparer leur lunch du lendemain et le mien par la même occasion pour dîner et souper parce que la cafétéria n’est plus ouverte de soir ? »

Présentement en congé maladie, celle qui œuvre en maternité depuis 10 ans ne se dit plus l’infirmière « douce et souriante » d’autrefois. Comme ses consœurs du département d’obstétrique, l’imposition des quarts de 12 heures est la goutte qui fait déborder le vase.

Julie Bouchard, présidente du FIQ-Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, parle de « détresse » chez les employés concernés.

« C’est un cri du cœur que les filles font. C’est une demande à l’aide parce que là, elles n’en peuvent plus. »

La nouvelle lui a été communiquée vendredi soir, après quoi elle en a avisé la personne qui était de garde au CIUSSS. Elle ignore pour l’instant l’échéancier que les infirmières donneront à l’employeur pour appliquer les changements demandés.

À ses yeux, c’est l’aboutissement d’un problème de longue date.

« Le département d’obstétrique à Alma, ce n’est pas un département qui est ciblé pour être une zone chaude COVID-19, ce n’est pas ça, eux, ce sont des problématiques qui datent de plusieurs mois, plusieurs années. On leur a imposé les 12 heures depuis quelques semaines et depuis le temps supplémentaire a augmenté. »