Des enseignants décident d’en faire plus pour garder contact avec leurs élèves

Alors que les élèves du primaire et du secondaire sont confinés à la maison depuis plus d’un mois, de nombreux enseignants ont pris l’initiative de leur offrir des activités à distance afin de garder un lien avec eux. Même si le gouvernement n’a exigé qu’une communication entre les enseignants et leurs élèves, plusieurs ont décidé d’en faire plus en offrant de la bonification à la consolidation non obligatoire.

Marie-Claude Boily, enseignante de 5e et 6e année à l’école Fréchette de L’Anse-Saint-Jean, a suivi la consigne du gouvernement en téléphonant à chacun de ses élèves. Au cours des premières semaines du confinement, elle discutait beaucoup avec les parents.

« Je les rassurais sur le fait qu’aucun exercice n’est obligatoire et que les enfants doivent simplement faire de leur mieux. Je leur disais qu’ils peuvent les encourager à poursuivre la lecture et à faire quelques activités de mathématiques ou d’anglais, mais je comprends absolument que ce n’est pas possible pour tout le monde. Certaines familles vivent déjà certains stress avec la gestion quotidienne en ce moment », a-t-elle expliqué. 

Après quelques semaines, Mme Boily discutait plus avec les élèves qu’avec les parents. « J’ai réussi à créer un contact plus proche avec certains jeunes qui étaient plus timides en classe. Je leur envoie la trousse pédagogique du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et je leur offre un peu de bonification, mais de manière légère. Je les encourage surtout à me partager leurs réalisations qu’ils n’auraient pas nécessairement eu le temps de faire sans le confinement. Certains m’ont envoyé des vidéos de relaxation, des bandes dessinées sur la COVID-19 et même des recherches à propos de sujets qui les intéressent. »

François Dumais, enseignant en 3e et 4e année à l’école La Source de Saint-Honoré, fournit lui aussi la trousse pédagogique du ministère à ses élèves en y ajoutant de la bonification, en lien avec des exercices que les enfants aimaient déjà en classe. Il les contacte également par téléphone pour discuter avec eux au fil du confinement.

« Avant même les directives du gouvernement, je trouvais cela important de garder un contact avec les enfants. Chaque semaine je leur proposais un défi à accomplir en famille. Ils devaient m’envoyer le résultat sur une application que nous utilisions déjà depuis le début de l’année, à laquelle seuls les parents ont accès. J’ai 22 élèves et 15 à 20 participent chaque semaine. Ils ont par exemple dû participer à des tâches ménagères ou mécaniques avec leurs parents. Ce n’est pas nécessairement toujours académique, mais les enfants aiment ça. Ils gardent un lien social et ça les fait bouger », a mentionné l’enseignant.

Audrey Gagné et Marie-Ève Bouchard, co-enseignantes en sixième année à l’école Médéric-Gravel de La Baie, font aussi partie de celles et ceux qui ont offert des exercices de consolidation à leurs élèves.

Un bingo à l’aide d’une plateforme sécuritaire de visioconférence est l’une des activités qui ont été réfléchies par les deux enseignantes. Les jeunes devaient préparer leurs cartes avec des jeux de multiplications avant la tenue du bingo. « Ça fait du bien de retrouver l’esprit de groupe », a mentionné Mme Gagné.

En plus de la communication hebdomadaire avec les élèves, des défis leur sont proposés tous les jours, certains étant plus académiques que d’autres. « Nous essayons de rendre les activités amusantes pour avoir le plus haut taux de participation. Les enfants ont par exemple pu participer à un rallye photo où ils devaient représenter les lettres de l’alphabet. Ils ont aussi pu créer un personnage à l’aide de matières recyclées afin de pratiquer l’écriture des traits de caractère du personnage. » 

Aucune obligation 

Mme Gagné a toutefois tenu à rappeler qu’aucun élève n’est dans l’obligation de participer aux activités offertes. « La matière que nous proposons aux enfants n’est pas nouvelle. Nous leur offrons de la continuité pédagogique et ils ne sont pas obligés d’y adhérer. »

Claudie Fortin, responsable des communications de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, explique que ce n’est pas nécessairement possible pour tous les enseignants de communiquer avec leurs élèves à l’aide d’autant de diversités technologiques.

« C’est super de mettre en valeur les belles initiatives de nos enseignants, mais il faut garder en tête que ce n’est pas une demande officielle du gouvernement d’offrir autant. Les enseignants doivent garder un lien et une communication avec leurs élèves pendant le confinement, mais ils peuvent le faire simplement par téléphone. »