Tous les commerces visités ont mis en place des mesures d’hygiène supplémentaire afin de freiner la propagation du virus.

Des clients acceptent mal le retrait du paiement comptant

Si la majorité des clients l’acceptent sans problème, quelques-uns ont de la difficulté à le retrait récent du paiement comptant dans certains commerces et l’ont laissé savoir au caissier ou la caissière de manière peu cavalière.

Le Quotidien a fait le tour de plusieurs commerces samedi et sans exception, tous les endroits visités ont mis en place des mesures spéciales pour contenir le coronavirus. Par exemple, au Dépanneur Shipshaw, le propriétaire Dominic Dion nettoie le terminal après chaque transaction. «J’essaie de garder ça le plus propre possible», fait-il valoir, insistant sur sa propre sécurité ainsi que celle de ses employés. S’il accepte encore l’argent comptant, il songe à suivre la parade dès lundi prochain. «Je pense qu’on est rendus là. On arrête tout présentement dont la vente de loterie et l’argent c’est aussi pire, sinon pire», évalue Dominic Dion qui a commencé à aviser ses clients et la réponse est positive dans l’ensemble.

Ce n’est toutefois pas le cas partout. Le Quotidien a eu vent de quelques actes répréhensibles, mais isolés, qui ont été commis par des clients mécontents lors des derniers jours. Tous les dépanneurs de la coopérative régionale Nutrinor ont cessé d’accepter l’argent comptant dans les derniers jours. Le chef de la direction Yves Girard déplore depuis quelques gestes de frustration. Un client a notamment lancé un sous-marin à un employé tandis qu’un autre a quitté avec fracas après qu’on lui ait demandé de se désinfecter les mains.

Les dépanneurs de la coopérative régionale Nutrinor n’acceptent plus l’argent comptant jusqu’à nouvel ordre.

«En général, les gens sont très civilisés. Il n’y a aucun problème. Il y a toujours des personnes qui ne comprennent pas ou qui ne voient pas l’urgence et la gravité de la situation», expose Yves Girard, annonçant que tous ces gestes, même les plus banals, seront rapportés à la police.

«On ne niaisera pas avec ça. La sécurité et la santé de mes employés, c’est ma priorité, exprime-t-il. Un moment donné, ce sont des jeunes et des étudiants qui travaillent. Ils font leur possible et on leur demande d’y aller malgré la situation et que la majorité des employeurs demandent aux gens de s’isoler.

«Si on n’accepte pas l’argent, c’est parce qu’on y voit un risque», d’expliquer Yves Girard, avouant que cette mesure jusqu’à nouvel ordre en cette période exceptionnelle amène une perte importantes de revenus.

Le chef de la direction de Nutrinor aimerait également recevoir une directive claire sur l’incohérence des autorités gouvernementales à ce sujet. Plus tôt cette semaine, le premier ministre du Québec François Legault invitait les consommateurs à éviter le paiement en argent comptant et quelques heures plus tard, la Banque du Canada demandait l’inverse.