La directrice adjointe à la direction des services professionnels du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean Manon Savard et la gestionnaire de la clinique de dépistage du coronavirus de Saguenay, Sheila Fafard, ont expliqué le fonctionnement de ce service qui constitue depuis mardi la porte d’entrée du système de santé pour les personnes qui éprouvent des symptômes grippaux assimilables à ceux du coronavirus.

Dépistage du coronavirus: deux cliniques ouvertes

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean a mis en place la première clinique de dépistage régionale de la COVID-19 dans le monastère des Augustines, à Chicoutimi, qui aura une capacité de 144 tests par jour avec la possibilité d’augmenter la capacité d’accueil si la situation le commande dans les prochaines semaines.

Pour le moment, selon la directrice adjointe des services professionnels Manon Savard, le CIUSSS vise à mettre en place une capacité globale de 432 tests de dépistage par jour avec les cliniques d’Alma, ouverte mercredi, de Roberval, qui ouvrira jeudi. L’ouverture des cliniques constitue la dernière étape de mise en place du protocole de traitement des cas de coronavirus dès qu’une personne croit qu’elle pourrait avoir été infectée.

« Le message que nous voulons que vous transmettiez à la population est de ne pas se rendre dans les urgences. Elles doivent appeler le 1 877 644-4545 pour obtenir un rendez-vous. Les personnes ne peuvent pas se rendre directement dans les cliniques de dépistage. Les préposés de la ligne COVID-19 vont les transférer aux services 811 qui vont à leur tour leur prendre un rendez-vous dans la clinique de dépistage de leur localité », a insisté à plusieurs reprises Manon Savard.

La clinique de Chicoutimi a accueilli ses premiers citoyens pendant la journée de mercredi. Comme c’est le cas depuis le début de la crise, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean évite toujours de donner des chiffres sur le nombre de personnes qui ont demandé à subir des tests.

Procédure stricte

Le CIUSSS a mis en place une procédure très stricte pour les personnes qui se rendent à la clinique afin de subir le test. Ces personnes sont accueillies par un agent de sécurité qui veille à ce qu’elles se lavent les mains et passent un masque afin de protéger tout le personnel en poste.

Le test, selon la gestionnaire du site Sheila Fafard, prend tout au plus une dizaine de minutes. Les infirmières qui accueillent les patients doivent aussi remplir les formulaires pour chacune des personnes qui se présentent à la clinique.

« Après chaque test, l’infirmière doit jeter son équipement de protection qui permet d’éviter la transmission. Elle doit se laver les mains à plusieurs reprises pendant cette étape. Pour le moment, elle conserve sa visière pendant deux heures. C’est la consigne que nous avons jusqu’à maintenant », explique la gestionnaire.

Il circule en ce moment plusieurs versions concernant la disponibilité du matériel nécessaire pour réaliser les tests de coronavirus et leur transport, comme en faisait foi une lettre du Laboratoire de santé publique du Québec. En point de presse quotidien, la ministre de la Santé Danielle McCann ne cesse d’affirmer que le matériel nécessaire est suffisant dans les hôpitaux du Québec.

Lors de la visite de mercredi matin, la directrice adjointe Manon Savard a réitéré que les trois cliniques de la région allaient disposer du matériel nécessaire pour réaliser les tests. La pénurie, ou les besoins, concernent spécifiquement les écouvillons utilisés par le personnel infirmier pour réaliser les prélèvements dans le nez et la gorge qui sont envoyés dans les laboratoires.

Normalement, il faut entre quatre ou cinq jours pour obtenir les résultats de l’analyse des prélèvements. Les personnes sont retournées à la maison quand leur état de santé est jugé convenable et elles doivent obligatoirement se laver les mains en quittant. Il est préférable qu’une personne se présente seule à la clinique, mais le personnel accepte quand la situation l’exige qu’un accompagnateur entre dans la clinique.

« Lorsque l’état de santé d’une personne nécessite une hospitalisation, on assure sa prise en charge à la clinique. Elle est transportée par ambulance jusqu’à l’urgence. La clinique de dépistage informe le personnel de l’urgence de l’arrivée du patient et se prépare en conséquence. Il n’est pas question de transporter une personne prise en charge à la clinique sur une civière à travers les corridors de l’hôpital », a précisé Manon Savard.

Pour le moment, assure la directrice adjointe qui a sous sa responsabilité les urgences de la région, la population suit à la lettre les directives de la Santé publique. Les salles d’urgence ne sont pas encombrées, signe que les citoyens ont compris qu’il ne fallait pas se présenter dans ces services quand ils ont des symptômes grippaux.

« Il faut à tout prix protéger le personnel des hôpitaux », a insisté la gestionnaire.

Les personnes âgées qui habitent dans les CHSLD sous la responsabilité du CIUSSS qui présentent des symptômes vont avoir accès au test de dépistage dans leur milieu de vie.