La ministre Andrée Laforest
La ministre Andrée Laforest

Déconfinement: Andrée Laforest fait confiance à la Santé publique

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La ministre responsable de la région et ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, fait confiance à la direction de la Santé publique sur le calendrier de déconfinement de la région tout en rappelant que, jusqu’à maintenant, le gouvernement a démontré sa capacité de procéder à des ajustements quand la situation changeait, comme ce fut le cas pour la région de Montréal.

La députée de Chicoutimi a toutefois entendu les différents messages provenant des maires de certaines villes et des conseils municipaux comme celui de Saguenay quant à leurs réserves au sujet de l’ouverture des routes à partir du 11 mai. Ces interrogations des élus locaux ont été rapportées au gouvernement, selon la ministre, et la Santé publique a procédé aux analyses nécessaires et tout indique qu’il est possible d’ouvrir les routes sécuritairement le 11 mai.

« Ce n’est pas une opération de nature politique. Nous prenons les décisions en fonction de ce que recommande la direction de la Santé publique. Nous avons aussi la certitude que la Côte-Nord (à partir du 18 mai) sera déconfinée après la région et nous ne sommes pas dans le premier groupe », a insisté la ministre Laforest, qui estime que la région a jusqu’à maintenant bien réagi à la pandémie avec des éclosions au CHSLD de la Colline et chez les Antoniennes-de-Marie, où elle a offert toute sa collaboration pendant la crise.

La ministre a d’autre part évoqué qu’il allait un jour falloir procéder au déconfinement, qu’il était impensable de poursuivre de cette façon pendant longtemps. Elle a réitéré au Quotidien les discussions avec la direction régionale de la Santé publique pour laquelle il doit y avoir un équilibre. Selon Andrée Laforest, le confinement peut également causer des problèmes de santé aux personnes et on doit tenir compte de cette réalité.

« Je ne crois pas que nous allons recevoir beaucoup de visiteurs de l’extérieur de la région après l’ouverture des routes. Les restaurants et les hôtels sont fermés. Les propriétaires de chalets doivent quant à eux s’organiser pour faire l’épicerie avant de partir pour s’assurer de demeurer dans leur chalet et éviter de sortir », reprend la ministre.

La ministre préside chaque semaine un comité mettant en présence les dirigeants du CIUSSS et de la Santé publique ainsi que les élus régionaux. Andrée Laforest n’a pas relevé d’objection significative de la part des préfets et autres élus à l’exception de Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini, qui s’inquiète de la reprise de la circulation entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et d’autres régions, dont Montréal, où le virus circule de plus en plus dans la communauté.

Le député péquiste de Jonquière Sylvain Gaudreault a été le seul élu à soulever des questions concernant la situation du Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’échéancier du déconfinement. Ce dernier a tenté de savoir si le CIUSSS allait être en mesure de déplacer du personnel vers d’autres CHSLD de la région en tenant compte de l’historique du dossier au CHSLD de la Colline. Il a aussi tenté d’obtenir l’assurance que la région allait pouvoir obtenir le nombre de tests représentant son poids démographique au Québec.

Pour les tests, la Santé publique maintiendra la logique des besoins spécifiques pour chacune des régions et non le principe du poids démographique. Quant à la capacité du CIUSSS à faire face à de nouvelles éclosions, la direction de l’établissement a toujours dit que les décisions seraient prises en ce sens.

Il est cependant important de préciser qu’entre le 15 avril et le 5 mai, selon des chiffres fournis par le CIUSSS, 22,3 % des quarts de travail des préposés aux bénéficiaires n’ont pas été comblés, soit 186 quarts sur 834 à l’horaire. Chez les infirmières, ce sont 18 % des quarts de travail (45 quarts sur 251) qui n’ont pas été comblés, dont le rôle est central dans le contexte de soins aux personnes infectées. La situation est moins alarmante chez les infirmières auxiliaires, pour lesquelles seulement 2,8 % des quarts n’ont pas été comblés.

Communautés religieuses

Dans un autre ordre d’idée, Québec n’a toujours pas statué sur le sort des communautés religieuses qui doivent également faire face à la rareté de main-d’oeuvre pour dispenser des soins dans les infirmeries. Les Antoniennes-de-Marie et d’autres congrégations au Québec ont lancé un appel à l’aide au gouvernement depuis le début de la pandémie. Québec, il faut le rappeler, a confirmé une enveloppe de 132 millions $ pour supporter la masse salariale des centres privés.

Interrogée à ce sujet, la ministre Andrée Laforest a indiqué avoir entendu l’appel à l’aide des congrégations. « Ce que je peux dire, c’est que tout est sur la table », a répondu Mme Laforest, se gardant bien de donner une indication quant à l’intention du gouvernement de venir ou non en aide aux congrégations.

Pendant la pandémie, les infirmières des congrégations qui devaient faire face à des éclosions n’ont jamais été inscrites dans la liste officielle du gouvernement du Québec.