Au moins une erreur dans la transmission de résultats de tests de dépistage de la COVID-19 a été commise dans la Capitale-Nationale.
Au moins une erreur dans la transmission de résultats de tests de dépistage de la COVID-19 a été commise dans la Capitale-Nationale.

COVID-19: victime d’une erreur de résultats au CHU de Québec

Au moins une erreur dans la transmission de résultats de tests de dépistage de la COVID-19 a été commise dans la Capitale-Nationale. Le 23 mars, Mariève* a reçu un résultat positif, pour finalement apprendre le 27 qu’il était négatif. Son test a-t-il été confondu avec celui d’une autre personne, qui a cru ne pas avoir le virus alors qu’elle l’avait bel et bien contracté? Le CHU de Québec n’a pas voulu commenter l’erreur en question «par souci de confidentialité des dossiers des patients».

«Nous voulons toutefois rassurer la population, le laboratoire du CHU n’éprouve pas de problématique avec l’analyse des tests. Une erreur humaine isolée pourrait s’être produite lors de la transmission d’un résultat. Lorsque de tels cas surviennent, les personnes concernées sont contactées le plus rapidement possible», indique simplement le service de communications de l’établissement. 

Mariève, une professionnelle de la santé, a commencé à ressentir de légers symptômes autour du 20 mars: mal de gorge, grande fatigue, un peu de toux et de fièvre, légère compression thoracique...

Sachant qu’elle avait été en contact avec des patients de retour de voyage, elle s’est placée en isolement volontaire et a obtenu un rendez-vous de dépistage pour la COVID-19 le 22 mars, raconte-t-elle au Soleil. Le lendemain, elle a appris de la santé publique que son test était positif, ce qui l’a évidemment ébranlée et qui a secoué aussi sa famille et l’entourage de sa famille. 

«Mon conjoint a aussi eu de légers symptômes [fatigue et mal de gorge]», précise Mariève, dont l’amoureux a été testé jeudi. «Il a eu son résultat hier [lundi] matin. Il était négatif, mais il n’avait plus de symptômes [quand il a été testé].»  

Tous les jours de la semaine dernière, une infirmière de la santé publique contactait Mariève pour prendre des nouvelles d’elle et de sa famille. 

Puis, autour de 18h, vendredi dernier, une employée du laboratoire du CHU de Québec l’a appelée. «Elle m’a dit qu’il y avait eu des erreurs, et que mon résultat était négatif. J’ai trouvé ça étrange, donc j’ai appelé la santé publique au [1 877 644-]4545 et j’ai expliqué mon cas à l’agente de renseignements, qui m’a dit qu’elle prenait ça en note, qu’il allait y avoir un suivi et qu’on allait me rappeler. Personne ne m’a encore rappelée...» rapporte Mariève. 

Plus tôt ce vendredi-là, il avait été convenu avec la santé publique qui la contactait chaque jour qu’elle subirait un second test de dépistage. «Je ne ressentais plus de symptômes et je me demandais si je pouvais reprendre le travail. Elle m’a dit que j’étais éligible au test parce que je suis professionnelle de la santé», indique Mariève, qui a subi ce second test samedi et qui était toujours en attente du résultat lorsque nous lui avons parlé, mardi matin. 

«Tout ça, je trouve ça inquiétant. Je ne sais plus quoi croire. Est-ce que j’ai eu ou non la COVID-19? Est-ce que c’est normal que ce soit le laboratoire du CHU de Québec qui m’ait appelée pour me dire que le résultat était finalement négatif? S’ils ont fait une erreur avec moi, est-ce qu’ils en ont fait avec d’autres personnes?» s’interroge Mariève.

Est-ce que l’erreur commise avec Mariève est en fait une double erreur, une inversion de deux tests? Est-ce qu’une autre personne a reçu le résultat négatif de Mariève et qu’elle a pu transmettre ensuite la maladie, ignorant qu’elle était bel et bien infectée? Impossible de le savoir avec certitude, le CHU de Québec et la direction de santé publique de la Capitale-Nationale ne commentant pas les «cas spécifiques» ou «isolés». 

*Prénom fictif