Étudiant à l’Université Laval en administration des affaires, Marc-Anthony Lemieux s’apprêtait à terminer sa session d’études à Prague, à la University of Economics.

COVID-19: témoignages de Québécois en Europe

En plein cœur de la pandémie de COVID-19, plusieurs Québécois se trouvent toujours à l’étranger et doivent vivre la crise loin de la maison. Entre inquiétudes et course contre la montre, des ressortissants témoignent de leur réalité en Europe, désormais l’épicentre de la maladie.

MARC-ANTHONY LEMIEUX

Étudiant à Prague, République tchèque

Étudiant à l’Université Laval en administration des affaires, Marc-Anthony Lemieux s’apprêtait à terminer sa session d’études à Prague, à la University of Economics. Le virus change toutefois ses plans, alors qu’il devait compléter son baccalauréat ce printemps.

«La vie suit son cours, mais l’université est fermée depuis une semaine et il y a eu un cas déclaré parmi les étudiants», raconte Marc-Anthony, 23 ans. Dans les résidences étudiantes où il habite, des gens sont en quarantaine et dans la ville les contraintes sont plus nombreuses, même si les pays d’Europe de l’Est étaient jusqu’à présent plus épargnés par le virus.

«Depuis mercredi, il ne doit pas y avoir des événements de plus de 100 personnes et depuis hier, tous les commerces sauf les épiceries, les pharmacies et les commerces de première nécessité sont fermés», pointe-t-il.

Puis, vendredi soir, l’Université Laval a demandé à ses étudiants à l’international de revenir au Québec le plus rapidement possible. Une directive qu’a respectée Marc-Anthony. Tout un casse-tête selon lui, étant donné que le vol ne devait pas transiter par les États-Unis. «Ça a coûté environ 1500 $ canadien, je décolle lundi soir pour atterrir à Montréal, affirme-t-il.»

Pour la suite des choses, Marc-Anthony n’est pas au courant des modalités qui entoureront la fin de sa session universitaire. «On ne peut pas nous garantir que les examens finaux vont pouvoir être en ligne. Je vais faire ma quarantaine et après on verra.»

MÉLISSA COUTURE

Étudiante à Valenciennes, France

Mélissa Couture est une étudiante du campus de l’UQAR basé à Lévis qui était sur le point de conclure une double diplomation à l’Université polytechnique des Hauts-de-France.

En France, la pandémie a atteint un stade 3 samedi, de sorte que le premier ministre a annoncé la fermeture de tous les commerces «non essentiels». Mélissa Couture, une étudiante de 22 ans basée en France pour une année d’études témoigne de ses derniers jours en sol européen, elle qui y vit depuis août dernier. 

«Je suis soulagée de revenir chez moi. Il y a actuellement des pétitions pour fermer les frontières, alors c’était un compte à rebours pour revenir», rapporte l’étudiante du campus de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) basé à Lévis qui était sur le point de conclure une double diplomation à l’Université polytechnique des Hauts-de-France.

«J’ai voyagé un peu en Europe dans les derniers mois, parce que le coronavirus était encore bien contenu en Chine. En fonction des endroits, j’ai rapidement pris conscience que ça devenait plus sérieux. Depuis le 10 mars, les appartements dans les résidences étudiantes sont désinfectés», se rappelle Mélissa.

Mais au cours des cinq derniers jours, elle affirme que «c’est devenu insoutenable». «Macron a annoncé que les écoles seraient fermées à partir de ce lundi. Vendredi, l’UQAR nous recommandait de rester pour ne pas qu’il y ait de conséquences sur notre parcours scolaire. Samedi, quand le gouvernement fédéral du Canada a recommandé aux Canadiens de revenir et qu’un courriel de l’UQAR disait la même chose, je capotais et j’ai acheté mon billet», ajoute-t-elle. Pour 1800 $, elle prendra l’avion vendredi en direction de Québec, où elle ira s’isoler pour sa quarantaine. 

MARIO BOIES

Québécois, résident de Rome

Depuis trois ans et demi, Mario Boies est professeur à l’Académie alphonsienne, une université pontificale à Rome, qui accueille environ 500 étudiants des cinq continents.

Depuis trois ans et demi, Mario Boies est professeur à l’Académie alphonsienne, une université pontificale à Rome, qui accueille environ 500 étudiants des cinq continents. Ce qui le frappe depuis que l’Italie a été déclarée «zone rouge», c’est le silence de la ville.

«Habituellement, on est au cœur de l’action, mais là, c’est le silence incroyable. C’est inquiétant, on a l’impression de vivre en temps de guerre avec un couvre-feu extrêmement strict», illustre l’homme originaire de Beaupré. 

«Cette semaine, on nous a dit qu’on ne pouvait plus sortir, sauf pour des motifs comme le travail, pour aller à la pharmacie ou à l’épicerie, ou pour promener le chien. Chaque personne doit avoir un formulaire du gouvernement que la police vérifie et qui est passible d’amendes et d’un dossier criminel», raconte M. Boies. 

L’école où il enseigne est fermée depuis le 5 mars, mais ce n’est pas pour autant reposant, selon lui, alors que les cours seront désormais offerts par Internet. Même si sa famille s’inquiète, il n’envisage pas quitter son emploi pour revenir au Canada.