Les fraudeurs sont nombreux à proposer des produits frauduleux à la population.
Les fraudeurs sont nombreux à proposer des produits frauduleux à la population.

COVID-19: la justice américaine fait la guerre aux remèdes bidons

WASHINGTON — Après des solutions à l’eau de javel, des infusions à la vitamine C et «une thérapie à l’ozone», la justice américaine a bloqué la vente de produits à base d’argent présentés à tort comme un remède au nouveau coronavirus.

Un tribunal fédéral a interdit à un résident de l’Utah de vendre ses «traitements frauduleux» et a gelé ses avoirs, a annoncé mercredi le ministère de la Justice, alors que le président Donald Trump est dans la tourmente pour avoir évoqué des injections de «désinfectant» contre la COVID-19.

D’après des documents judiciaires, Gordon Pedersen vendait depuis au moins 2014 via son site MyDoctorSuggests.com, mais aussi sur Amazon, des gels, savons, gélules et liquides à base d’argent, en vantant les prétendues propriétés curatives du métal contre plusieurs maux.

Depuis le début de la pandémie, il a assuré dans des vidéos sur YouTube ou des podcasts que ses produits pouvaient aussi «détruire le coronavirus et en débarrasser le corps» humain, alors qu’il n’existe pas encore de traitement ni de vaccin contre la maladie.

Commercialisés à différent prix, avec la substance «phare» à 299,95 dollars le gallon (3,78 litres), ses produits se vendaient particulièrement bien depuis quelques semaines, selon le dossier judiciaire.

Une entreprise qui fournissait les étiquettes a déclaré aux enquêteurs avoir reçu plus de commandes dans les deux derniers mois que sur tout 2019, tandis qu’un sous-traitant chargé du transport a témoigné avoir reçu 20 000 dollars toutes les deux semaines de la part du site.

Vitamine C et eau de javel

Outre ce dossier, la justice américaine a ouvert des poursuites contre un médecin de Detroit qui vendait des infusions à la vitamine C comme moyen de prévention du COVID-19, contre une «église» de Floride qui commercialise des produits à base d’eau de javel comme remède «miraculeux» ou contre un centre texan qui prétendait soigner les malades avec une «thérapie à l’ozone».

Les autorités veulent «protéger les consommateurs contre ceux qui cherchent à exploiter cette crise sanitaire en offrant des remèdes bidon», au risque de les voir se détourner des mesures barrières (maintien des distances, lavage de mains...), a précisé Jody Hunt, un des responsables du ministère de la Justice citée dans un communiqué.

Plus d’un million d’Américains ont été diagnostiqués comme malades de la COVID-19 et plus de 58 000 en sont morts.

Le président Trump a été vivement critiqué pour avoir vanté l’usage de la chloroquine sans preuve de son efficacité et avoir évoqué la semaine dernière de possibles injections de «désinfectant» dans le corps humain. Il a ensuite affirmé avoir tenu ces propos de manière «sarcastique».