Il aura fallu un coronavirus pour envoyer les champions du calendrier régulier de la LHJMQ, le Phoenix de Sherbrooke, «en vacances»...
Il aura fallu un coronavirus pour envoyer les champions du calendrier régulier de la LHJMQ, le Phoenix de Sherbrooke, «en vacances»...

COVID-19: la déception des «champions» du Phoenix

Presque rien n’avait réussi à stopper le Phoenix de Sherbrooke, qui n’avait subi que 12 défaites et cumulait 51 victoires et 106 points en tête du classement général de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Il aura fallu un coronavirus pour envoyer les champions du calendrier régulier «en vacances»...

Tous les joueurs de la LHJMQ ont été déçus de l’annulation de la saison et des séries, mais la déception était évidemment plus forte encore chez les joueurs du Phoenix puisque l’équipe visait la Coupe du président et la Coupe Memorial. 

Le Soleil s’est entretenu avec l’ancien de l’Arsenal de l’Académie Saint-Louis Félix Robert, l’ancien du Blizzard du Séminaire Saint-François Olivier Crête-Belzile et l’ex-Commandeurs de Lévis Nathaël Roy, qui ont tous dû mettre une croix sur leur rêve cette saison.

Difficile de trouver un joueur plus déçu que l’attaquant Félix Robert. Avec 92 points en 46 matchs, le joueur de centre originaire de Lambton, près de Thetford Mines, était le meilleur pointeur du Phoenix et, à 20 ans, en était à sa dernière année junior.

«L’annulation, ça n’a vraiment pas été une nouvelle facile à digérer... J’étais sans mot... J’aurais tellement aimé me rendre jusqu’au bout, car depuis le début de la saison, on n’avait tous qu’un but en tête : soulever la coupe», explique-t-il en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Durant les deux premières semaines où les matchs ont été reportés, on gardait la forme, on se parlait tous les jours, on se disait de s’entraîner parce que ça allait reprendre bientôt... puis c’est arrivé. Mais en même temps, on ne peut rien faire», raconte Robert.

Félix Robert

«C’était ma meilleure année et, en plus, on avait un noyau incroyable avec plusieurs gars qui étaient là depuis deux et même trois ans. De plus, quand c’est ta dernière année, disons que ça finit un peu durement», poursuit celui qui tentera sa chance au hockey professionnel une fois que le monde du sport se remettra en marche.

«Oui, il y a de l’inquiétude. Je ne sais pas quel impact tout ça aura au point de vue hockey, mais je ne vois pas comment ça peut être positif», poursuit celui qui s’est inscrit à l’Université de Moncton au cas où il ne réussirait pas à décrocher un poste chez les pros.

«Ils ont un très beau programme de hockey et leur entraîneur est l’ancien entraîneur du Phoenix, Judes Vallée. Je serais heureux de jouer là si ça ne fonctionne pas chez les professionnels, ce n’est pas juste une police d’assurance», poursuit-il.

En attendant, Félix passe le temps en reprenant le boulot dans l’épicerie de son village. «Je peux te dire qu’on a beaucoup de travail ces temps-ci avec la pandémie, beaucoup de commandes à livrer surtout!», conclut-il.

Olivier Crête-Belzile

Revivre un championnat

Pendant ce temps, de retour à Québec, Olivier Crête-Belzile s’entraîne dans son sous-sol, joue aux jeux vidéo et poursuit ses études collégiales grâce aux cours à distance.

«Je comprends la frustration de nos joueurs de 20 ans dont c’était la dernière année et qui ont travaillé fort toute leur carrière. Ça a arrêté raide, car on avait 14 victoires consécutives et qu’on allait être prêts pour les séries», explique l’ailier de 19 ans.

Crête-Belzile a déjà goûté aux joies de la victoire quand le Blizzard a remporté la Coupe Jimmy-Ferrari en 2017 avant de s’incliner en finale de la Coupe Telus face aux Islanders du Cap-Breton Ouest.

«C’était un moment vraiment spécial, vraiment l’fun. J’aurais aimé le revivre dans le junior, car dans au hockey junior, c’est différent, c’est plus long, c’est plus dur. On avait tous la ferme intention d’aller jusqu’au bout.»

Il aimerait bien revenir à Sherbrooke l’an prochain, mais est conscient que l’équipe compte présentement six joueurs de 19 ans et que seulement trois auront une place comme joueurs de 20 ans l’an prochain.

«J’ai hâte de voir ce qui va se passer au repêchage. Moi, j’aimerais revenir, car je crois qu’on aura encore une bonne équipe, surtout si Samuel Poulin revient une dernière année. J’ai eu un rôle plus défensif cette année et je pense que j’ai bien fait, j’ai été constant et je jouais de grosses minutes.»

Nathaël Roy

Des sacrifices

Ce portrait ressemble beaucoup à celui de Nathaël Roy, qui à sa deuxième saison à Sherbrooke s’est distingué dans un rôle défensif et en désavantage numérique en plus de cumuler des minutes en avantage numérique quand certains de ses coéquipiers étaient blessés.

«Ce n’est pas le dénouement espéré, on avait vraiment une saison exceptionnelle. Mais la santé de tout le monde est plus importante que les coupes», déclare d’entrée de jeu le hockeyeur de Saint-Rédempteur.

«Toute ma carrière, j’avais eu un rôle plus offensif, mais j’étais prêt à faire des sacrifices pour nous aider à aller loin avec cette équipe.»

«Après avoir perdu en deuxième ronde face aux Voltigeurs de Drummondville, on voulait tous aller plus loin. On avait tous au moins un an de hockey ensemble et la chimie s’était bien installée. Ça, je crois que c’est encore plus important que le talent, ça aide à se serrer les coudes dans les moments difficiles», indique Roy.

Des moments difficiles, le Phoenix en a eu bien peu cette année avec une équipe presque sans faille dirigée de main de maître par Stéphane Julien. 

«C’est une saison de rêve et, au fond, on aimerait tous pouvoir mettre un stop aux règles sur l’âge pour revenir tous ensemble la saison prochaine. Mais ce n’est pas possible, on sait qu’il y en a qui partiront aussi, car ils ont des contrats professionnels», termine Roy.