Si Héma-Québec s’est surtout attardé à la grande région de Montréal jusqu’à maintenant, c’est parce que la COVID-19 y a frappé beaucoup plus fort qu’ailleurs.
Si Héma-Québec s’est surtout attardé à la grande région de Montréal jusqu’à maintenant, c’est parce que la COVID-19 y a frappé beaucoup plus fort qu’ailleurs.

COVID-19: Héma-Québec cherche des anticorps dans le sang de ses donneurs

Québec débutera des études sérologiques en juin, a confirmé lundi le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. Chez Héma-Québec, on a déjà commencé à collecter des échantillons auprès des donneurs de sang afin de mesurer la part de la population qui a été exposée au SARS-CoV-2. L’organisme a surtout concentré ses prélèvements dans la grande région métropolitaine au cours des deux dernières semaines, mais il prévoit analyser aussi le sang de donneurs d’autres régions, notamment de Québec, d’ici la fin du mois.

Les échantillons recueillis par Héma-Québec le sont lors de collectes de sang déjà prévues, précise en entrevue le vice-président aux affaires médicales et à l’innovation de l’organisme, le Dr Marc Germain.

«On est rendu à peu près à mi-chemin de notre objectif d’environ 7000 dons. On ne fait rien de différent en termes de collecte dans la mesure où, à chaque don de sang, on teste déjà pour un paquet de maladies transmissibles par la transfusion. On a suffisamment d’échantillons restants pour faire aussi le test d’anticorps» au coronavirus, explique-t-il.

Si Héma-Québec s’est surtout attardé à la grande région de Montréal jusqu’à maintenant, c’est parce que la COVID-19 y a frappé beaucoup plus fort qu’ailleurs, indique le médecin. «Dans les prochaines semaines, on va échantillonner un peu plus en région, incluant la région de Québec», prévoit-il.

Héma-Québec ne rend pas publics à l’avance les lieux et les dates des tests «pour éviter les biais dans l’étude». 

«Le but, c’est d’avoir un échantillon représentatif de la population générale. Les donneurs de sang sont assez représentatifs de la population générale [sauf des enfants parce que Héma-Québec ne prélève pas de sang chez les enfants, pas plus qu’elle n’en prélève chez les 70 ans et plus pendant la pandémie], mais c’est sûr que si des gens pensent qu’ils ont eu le virus et qu’ils décident d’aller donner du sang pour se faire tester, ça vient de corrompre l’étude», expose le médecin.

Le Dr Marc Germain ne s’attend pas à ce que la proportion de la population québécoise qui a été infectée par le coronavirus dépasse 10 %. «On s’attend à ce que ça tourne autour de 5 %», comme en Hollande, qui a aussi fait des tests sérologiques auprès de ses donneurs de sang. 

«L’intérêt de l’étude, ce n’est pas de la faire une seule fois, c’est de la répéter au fur et à mesure que la pandémie va progresser pour voir comment le statut immunitaire de la population progresse d’une vague à l’autre», explique-t-il.

Selon le Dr Germain, la collecte des échantillons devrait être terminée à la fin du mois de juin. «Les tests [analyses] vont commencer dès la semaine prochaine, et je m’attends à ce qu’on commence à avoir des résultats vers la mi-juillet», avance-t-il.

Fait à noter, Héma-Québec utilise un test «maison» pour les études de séroprévalence qu’il fait pour le compte de la santé publique. 

«C’est un test qu’on a mis au point en collaboration avec la santé publique. On utilise un test maison parce que ça nous permet de démarrer plus vite [les études]. Les trousses commerciales, elles sont peut-être approuvées par Santé Canada, mais il faut acheter les machines, acheter les réactifs, les trouver, ces réactifs, parce qu’ils sont très en demande… On craignait que d’attendre une trousse commerciale approuvée par Santé Canada nous mette trop loin dans le temps pour avoir des résultats», explique le DGermain, tout en assurant que la performance de la trousse maison sera évaluée et comparée à celle des trousses commerciales.

Québec fera aussi des études sérologiques

Pendant le point de presse quotidien du gouvernement, lundi, le directeur national de santé publique a indiqué que des études sérologiques débuteront au Québec ce mois-ci, sans toutefois préciser la date. 

«Ça va être fait par échantillonnage ciblé qui va être représentatif», a dit le Dr Horacio Arruda, précisant que les tests seront «probablement faits dans plusieurs régions pour vérifier la circulation [du virus] qu’il y a eu». 

Jusqu’à maintenant, trois trousses de sérologie ont obtenu l’autorisation de Santé Canada, soit celles des compagnies Abbott Laboratories, Diasorin et Roche Diagnostics. 

«De petites quantités de ces trousses ont été commandées à des fins de validation par différents laboratoires du réseau de la santé et des services sociaux», précise par courriel une porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Hélène Émond.

Le ministère n’est toujours pas en mesure de dire quand exactement les études sérologiques pourront débuter, pas plus qu’il n’a ciblé la clientèle qui sera testée.