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COVID-19: deux éléments manquent pour compléter une «remarquable» remontée

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
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« Extraordinaire. » « Remarquable. » Ce sont des mots qui reviennent souvent dans le discours de Donald Aubin concernant la remontée effectuée par le Saguenay-Lac-Saint-Jean dans son combat contre la COVID-19. Si ce retour en zone orange (foncé) est bien mérité, selon lui, deux éléments manquent encore à la région pour pouvoir passer le K.O. au virus.

« Ce qu’on a vécu, c’est extraordinaire. Quand on pense qu’on était à 200 cas par jour et plus, qu’il y avait 180 éclosions en cours, et que tout d’un coup les chiffres se sont renversés comme ça, et qu’on n’a pas ajouté de médicaments... C’est juste nous, par nos mesures. Quand tu regardes ça sur le plan épidémiologique, tu te dis ce virus-là, on l’a renversé. »

Sa fierté, le directeur régional de santé publique ne la cache pas. Il prend cependant soin de nuancer chaque réponse, de tempérer chaque élan d’enthousiasme, car la bataille n’est pas finie, comme il le rappelle souvent.

Une opération de vaccination plus efficace et une température plus clémente, voilà les deux pièces encore manquantes au puzzle pour s’emballer, croit-il.

« La vaccination doit avancer un peu plus, et il faut arriver à une température qui permet d’aérer un peu plus nos maisons, comme au mois de mai dernier, où on a vu que ça baissait de façon importante. Là, on est juste en début février, on a encore un bon bout de chemin à faire, donc je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on est sur le début de la fin. Au contraire, faut se dire qu’on est encore en plein combat et qu’il ne faut pas lâcher. »

L’arme que représente l’application rigoureuse des mesures sanitaires, en attendant, se veut redoutable. Et l’absence quasi totale de gastroentérites ou d’influenza à travers la population est une preuve de son efficacité.

Il s’agit d’un « phénomène intéressant » d’un point de vue médical et d’un constat rassurant dans la perspective où de nouveaux variants du virus se propagent ailleurs sur le globe.


« L’arme reste l’application des mesures. Si tu appliques les mesures, il n’y a pas un virus qui est capable de se propager. »
Donald Aubin
Le directeur régional de santé publique, Donald Aubin.

Il y a aussi d’autres raisons d’être optimiste. Donald Aubin souligne d’abord la compréhension grandissante du virus, qui permet un meilleur ciblage des mesures à adopter. D’où la reprise de certains services et activités dès le 8 février, pour lesquels le risque est jugé « faible ».

« Ce sont des activités à mon sens qui ne refermeront pas, c’est mon impression. On va le voir avec le temps. [...] Ce qui est mis en place, ce sont des activités dont le risque n’est pas le plus important. Les cinémas, il y a moyen de gérer ça, les restaurants, il y a moyen aussi d’avoir une bonne gestion. »

Le docteur Aubin note également que des doses supplémentaires de vaccin doivent arriver d’ici la fin de semaine. Un autre arrivage, similaire au premier reçu en janvier, est entrevu ensuite pour les deux dernières semaines de février, avant que l’opération ne s’intensifie en mars et en avril.

Une tendance qui devrait se poursuivre

Des fluctuations et de possibles éclosions, le directeur régional de santé publique en envisage encore quelques-unes. Mais la tendance amorcée le 25 novembre dernier devrait se poursuivre. À condition que la collaboration de la population reste inchangée, insiste-t-il.

« Il va y avoir des variations, mais ma projection, c’est qu’on ne retournera pas à des 50 ou 60 cas. Je pense qu’on va rester dans de bonnes zones. Ça va dépendre beaucoup de la population, c’est là que ça se joue. Si les gens se maintiennent, c’est clair qu’on est capable de se maintenir très bas. La preuve est faite, on est capable de le faire. »