Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean tient toujours ses conférences de presse de manière virtuelle.
Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean tient toujours ses conférences de presse de manière virtuelle.

COVID-19: des avancées dans le dépistage

Le dépistage de la COVID-19 gagne en précision au Saguenay-Lac-Saint-Jean. De nouveaux appareils permettent de catégoriser les tests positifs et d’obtenir des résultats plus rapidement. Quant au bilan quotidien, la santé publique assure qu’il reflète bien le portrait régional puisque tous les cas décelés dans la région sont suivis de près, peu importe leur adresse d’origine.

La santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a tenu une conférence de presse mercredi matin afin de démystifier le dépistage de la COVID-19 dans la région. Des histoires de «faux positifs» qui ont circulé au cours des derniers jours ont suscité plusieurs questions sur la réalisation et la validation des tests liés à la COVID-19. Le Dr Donald Aubin, directeur régional de santé publique et la Dre Myriam Lavoie, microbiologiste, ont voulu répondre aux questionnements entourant la réalisation et la validation des tests liés au coronavirus afin d’éviter la propagation de fausses informations.

Le duo a insisté sur l’efficacité des procédures et confirmé que tout est fait afin d’empêcher la propagation du coronavirus sur le territoire régional.

Les intervenants ont démystifié le parcours d’un test de dépistage en traitant chacune des étapes.

L’équipe régionale compte sept microbiologistes, deux biochimistes, un professionnel en biologie moléculaire et plusieurs technologues. Environ cinq heures de manipulation en laboratoire sont nécessaires afin d’obtenir les résultats d’un test. Les résultats sont habituellement communiqués à la personne concernée dans les 24 heures suivant l’arrivée de son échantillon en laboratoire.

Depuis la fin du mois de juin, il est possible d’obtenir des résultats plus rapidement pour les cas urgents grâce à des appareils automatiques installés dans les hôpitaux de Roberval, Dolbeau et Alma. Jonquière sera également doté d’un tel appareil d’ici la fin de l’été. «Le délai de réponse est d’environ cinq heures. Ce sont de nouveaux appareils. Quand ils sont arrivés, on s’est rendu compte qu’ils étaient même meilleurs que le test qu’on utilisait depuis le printemps. Les appareils permettent d’éviter de transférer les tests jusqu’à Chicoutimi et de composer avec des délais», explique la Dre Myriam Lavoie, qui souligne que les choses évoluent «extrêmement rapidement».

Les équipes détectent l’ARN du virus, son code génétique, dans les échantillons prélevés. «Les résultats ne nous disent pas si le virus est vivant ou pas, ils nous disent qu’il est passé par là», souligne la Dre Lavoie.

Les spécialistes composent avec plusieurs types de résultats. Des courbes apparaissent et doivent être analysées. Celles-ci peuvent apparaître rapidement ou tardivement, être hautes ou non.

«Ça peut donner des résultats équivoques», souligne le Dr Aubin qui affirme que dans de tels cas, les tests sont faits à nouveau.

«Il peut s’agir d’un problème de manipulation ou encore la personne peut venir juste d’être infectée. Elle peut aussi être guérie. Avec le nouvel appareil, les résultats sont meilleurs, ajoute-t-il. Le nouvel appareil peut trouver une quantité plus petite du virus.»

Les nouveaux appareils permettent de déterminer des positifs faibles. Des précisions pourront dorénavant être indiquées sur les rapports et communiquées aux patients.

La santé publique préfère également déclarer un test positif même s’il est faible et ainsi limiter le risque de propagation. «Si ça devient négatif, on retire le cas de la liste, souligne simplement le Dr Donald Aubin. On veut s’assurer de protéger au maximum la population.»

La santé publique compte intensifier le dépistage dès les prochains jours. «On offre le dépistage à ceux qui viennent pour d’autres types de prélèvements. Ça va nous permettre d’aller chercher des informations dans la population. On pense faire une soixantaine de tests par jour», affirme le Dr Aubin.

Des trousses de sérologie seront également disponibles à Chicoutimi d’ici la fin de l’été. «C’est un outil de recherche et étude qui nous permettra d’avoir un portrait de ce qui s’est passé dans la région, mais ce n’est pas une garantie de protection», précise Dre Myriam Lavoie.

Provenance

L’arrivée de touristes de l’extérieur de la région peut laisser craindre une augmentation du nombre de nouveaux cas. Même si les personnes infectées sont issues d’ailleurs en province, le Dr Aubin assure que la santé publique régionale les suit de près. Impossible, donc, que plusieurs cas non répertoriés dans les données du Saguenay-Lac-Saint-Jean se trouvent sur le territoire.

«Ils sont tous suivis par les gens de notre équipe. Les gens continuent à être suivis par les équipes dans la région où ils se situent. Parfois, ils peuvent même être comptabilisés dans la région et basculés par la suite dans les données de leur région de provenance.»