Avec seulement 34 individus atteints par la COVID-19, le Bas-Saint-Laurent est la région ayant le moins de cas per capita au Québec.
Avec seulement 34 individus atteints par la COVID-19, le Bas-Saint-Laurent est la région ayant le moins de cas per capita au Québec.

COVID-19 au Québec: le Bas-Saint-Laurent, la région la moins touchée

MATANE — Pendant que le Québec atteint un sommet avec 16 798 cas de COVID-19, le nombre de personnes testées positives à la maladie demeure stable depuis une semaine au Bas-Saint-Laurent. Avec seulement 34 individus atteints, il s'agit de la région du Québec ayant le moins de cas per capita. La Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent estime, sans pouvoir le confirmer, que plus de la moitié des 34 cas sont guéris.

Le nombre de 34 cas au Bas-Saint-Laurent est très faible comparativement à ceux des autres régions de l'Est-du-Québec; la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine cumule 111 cas et la Côte-Nord 104. Selon les statistiques de l'Institut national de santé publique du Québec, la province compte 27,3 cas confirmés par 100 000 habitants. Pour le même ratio de population, le Bas-Saint-Laurent enregistre 17 cas. Le Bas-Saint-Laurent est suivi d'assez loin par les Terres-Cries-de-la-Baie-James avec 27,3 cas et l'Outaouais avec 48,3 individus testés positivement au coronavirus.

Alors que sept MRC sur huit dénombrent 5 cas ou moins chacune sur leur territoire, c'est celle de Rivière-du-Loup qui présente le plus important foyer d'infection, avec 21 malades de la COVID-19, soit 62% des cas au Bas-Saint-Laurent. Rappelons que c'est à Rivière-du-Loup que s'est manifesté le tout premier cas dans la région. Il s'agissait d'un employé de Premier Tech. «Puisqu'il s'agit, malgré tout, de petits chiffres, nous ne pouvons donner de l'information autour de ces 21 cas par souci de confidentialité», a fait savoir la conseillère aux relations avec les médias du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, Ariane Doucet-Michaud. La direction régionale de la santé publique déplore un seul décès, qui serait survenu dans le Kamouraska, plus précisément à La Pocatière.

Les facteurs possibles

Selon le CISSS du Bas-Saint-Laurent, quatre facteurs peuvent expliquer le si faible taux de cas de coronavirus dans la région. «Généralement, on remarque un bon respect des consignes de distanciation sociale partout sur le territoire, mentionne Mme Doucet-Michaud. Il en va de même dans les résidences pour personnes âgées et dans les CHSLD, où les travailleurs appliquent les recommandations avec rigueur.» Comme deuxième hypothèse, la porte-parole de l'organisation croit que, pendant que le nombre de cas augmentait dans les régions urbaines, la région s'est protégée, le 28 mars, en limitant les déplacements interrégionaux. «Nous n'avons pas encore eu de cas dans des RPA [résidences pour personnes âgées] ou tout type de milieu de vie pour personnes âgées, émet-elle comme autre cause possible. Ce sont de malheureuses situations qui font augmenter le nombre de cas rapidement.»

Elle estime également que la collaboration exceptionnelle de toutes les personnes atteintes, «qui ont été transparentes sur leurs déplacements et contacts lors des enquêtes épidémiologiques», a permis de limiter la propagation du virus. «Toutefois, notre situation pourrait changer du jour au lendemain si on avait une éclosion dans une résidence ou encore s'il y avait un important relâchement», prévient Ariane Doucet-Michaud.

Reprise économique souhaitée

La MRC la plus populeuse du Bas-Saint-Laurent, soit Rimouski-Neigette, ne compte que 5 cas confirmés de COVID-19 au sein de sa communauté, qui est composée de quelque 57 500 habitants. Pour le maire de la ville centre, les Rimouskois doivent se considérer très chanceux d'avoir été passablement épargnés par la propagation du virus. Bien que Marc Parent martèle qu'il ne faut pas relâcher les mesures d'hygiène, il croit cependant qu'il est temps de redémarrer l'économie. «On ne peut pas attendre un vaccin, considère-t-il. Je pense qu'on ne peut pas espérer vivre en vase clos encore une année. […] Mais, on ne se lancera pas tête baissée là-dedans. C'est important d'y réfléchir maintenant.»

À son avis, il est primordial de remettre l'économie sur les rails, en autant qu'elle sera encadrée par des normes visant à offrir une certaine sécurité auprès des consommateurs. «Cet été, tous les grands événements sont annulés, rappelle M. Parent. C'était des rentrées d'argent extrêmement importantes pour les commerçants, les restaurateurs et les hôteliers. Il faut trouver une façon de redémarrer l'économie, mais avec les réalités de la COVID-19.»

Mise en place d'une certification

Le maire Parent ressent beaucoup d'inquiétude à l'approche de la saison touristique, dont les retombées économiques sont majeures pour Rimouski. «Qu'adviendra-t-il de la saison touristique?, s'interroge-t-il. Est-ce que le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie pourront profiter de cet apport important de sous? J'aurais tendance à croire que oui. Vraisemblablement, on devrait, au cours des prochaines semaines, être témoins d'un relâchement des normes d'accessibilité des régions.»

M. Parent exhorte le gouvernement Legault à mettre en place une certification. Celle-ci, qui serait à l'intention des commerçants, des restaurateurs, de l'industrie hôtelière et des municipalités, pourrait s'appeler «Hygiène 19», suggère-t-il. «On pourrait penser qu'un couple, en entrant dans un restaurant, pourrait voir le logo «Hygiène 19», qui viendrait lui confirmer que ce restaurant-là respecte les normes gouvernementales, fournit-il comme exemple. J'invite sérieusement le gouvernement du Québec à penser à cette approche. Il est possible qu'il le fasse déjà. On a besoin de ces outils-là […].»