Un hôtel du centre-ville de Québec (à gauche)
Un hôtel du centre-ville de Québec (à gauche)

COVID-19 : le chômage retourne au niveau de 2014 à Québec

En mars, le taux de chômage a grimpé à 5,5% dans la région métropolitaine de Québec à la suite de l’imposition de restrictions au commerce par l’État. Même si c’est du jamais vu depuis 2014, il s’agit néanmoins d’une performance enviable par rapport à la moyenne canadienne de 7,8 %.

À 5,5%, le chômage dans la capitale a cru de 1,4%, observe l’économiste chez Québec International, Émile Émond, dans une analyse diffusée jeudi. «Dans la région, la restriction des activités et des services non prioritaires a une incidence significative sur le marché du travail.»

Sans surprise, le «secteur des services a essuyé la majorité des postes perdus au mois de mars», poursuit M. Émond. Aussi, toutes les tranches d’âge de travailleurs sont touchées, mais «on remarque chez les 65 ans et plus une hausse du chômage plus prononcée».

L’économiste Émond invite cependant à la circonspection dans la lecture des constats diffusés jeudi par Statistique Canada. Les calculs sont fondés sur une enquête réalisée au milieu de mars, avant que le Québec soit complètement en pause. «L’effet de la situation sur le marché de l’emploi ne se reflète pas entièrement sur les données du mois de mars.»

Il ajoute : «Les données du mois de mars […] donnent un premier indice de l’ampleur de la halte économique causée par la COVID-19. Toutefois, ces données ne mesurent pas la totalité du choc puisqu’elles ne permettent pas, à titre d’exemple, d’évaluer le nombre de personnes toujours en emplois dans la région avec un nombre d’heures réduit. […] Les prochaines données et l’évolution de la situation, au fil des prochains mois, permettront une meilleure compréhension des répercussions économiques qu’aura la crise.»

Au Canada

«[Au Canada], le taux de chômage a augmenté de 2,2 points de pourcentage pour s'élever à 7,8 %», écrit pour sa part Statistique Canada. «Il s'agit de la plus forte hausse mensuelle enregistrée depuis 1976, année où des données comparables ont commencé à être publiées.»

«En mars, le nombre de personnes en emploi a chuté de plus de 1 million. Le taux d'emploi, ou la proportion de personnes âgées de 15 ans et plus occupant un emploi, a baissé de 3,3 points de pourcentage, passant à 58,5 % — soit le taux d'emploi le plus bas depuis avril 1997.»

«La baisse soudaine de l'emploi observée en mars devrait avoir une incidence importante sur la performance de l'économie canadienne au cours des prochains», fait valoir Statistique Canada. «Le recul de l'emploi observé en mars a été plus prononcé que ceux attribuables aux trois principales récessions qui ont eu lieu depuis les années 1980.»


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DONNÉES CANADIENNES EN VRAC


- L'emploi a connu une baisse plus prononcée en mars chez les employés du secteur privé (-830 200 ou -6,7 %) que chez ceux du secteur public (-144 600 ou -3,7 %);

- En mars, les baisses d'emploi les plus prononcées ont été enregistrées dans les secteurs qui comportaient un contact direct avec le public ou une capacité limitée de travailler de la maison. Cela comprend les services d'hébergement et de restauration (-23,9 %); l'information, la culture et les loisirs (-13,3 %); les services d'enseignement (-9,1 %) ; le commerce de gros et de détail (-7,2 %);

- Chez les personnes du principal groupe d'âge actif (de 25 à 54 ans), la baisse mensuelle de l'emploi chez les femmes (-298 500 ou -5,0 %) est plus de deux fois supérieure au recul enregistré par les hommes (-127 600 ou -2,0 %);

- Les travailleurs occupant des emplois précaires et de moindre qualité étaient plus susceptibles d'être touchés par des pertes d'emplois en mars;

- Le nombre de travailleurs occupant plus d'un emploi en même temps a diminué de 25,6 % (-283 200) en mars;

- L'emploi dans le secteur de l'information, de la culture et des loisirs a diminué de 104 000 (-13,3 %) en mars. La majeure partie du recul a été observée au Québec (-73 000).


Source : Statistique Canada