Un chantier de constriction à Gatineau.

Construction: plusieurs projets mis sur la glace à Gatineau

Le nouveau coronavirus a beau être microscopique, il fera vraisemblablement pâtir l’industrie de la construction en Outaouais qui venait de connaître une année record au chapitre des mises en chantier.

Plusieurs grands entrepreneurs de la région sont en train de revoir leurs plans pour les prochains mois. C’est le cas, entre autres, du grand patron de Brigil, Gilles Desjardins. «Nous avons environ 1600 unités actuellement en construction et nous allons continuer d’avancer, mais les projets qu’on devait déposer dans les prochains mois sont stoppés pour le moment, a-t-il indiqué au Droit. Ça représente environ 2000 unités de logement qui sont sur la glace.»

La situation est similaire chez le Groupe Heafey qui pilote des projets tant au Canada qu’aux États-Unis. «On est en face d’un drame humain actuellement, lance le vice-président de l’entreprise, Charles Masse. On va se concentrer sur nos quelque 1500 employés dispersés ici et aux États-Unis, mais en attendant on va mettre nos projets sur la glace jusqu’à nouvel ordre.»

Le Groupe Heafey entend poursuivre la construction déjà amorcée du VIU II tant que les autorités n’ordonneront pas la fermeture des chantiers. «Pour le W/E II, dans le centre-ville, le projet que nous devions déposer prochainement à la Ville est reporté pour trois ou quatre mois, précise M. Masse. On a avisé nos professionnels d’oublier ça pour l’instant.   


« Je ne peux pas dire quel sera l’impact sur la livraison. On fait une gestion très serrée de la situation, mais c’est certain qu’il y aura des retards. Il est trop tôt pour dire quelle en sera l’ampleur. Ça va dépendre de la durée de la crise. »
Alain Bastarache, directeur de projet, Vision multisports Outaouais

Complexe multiglaces

La COVID-19 vient aussi chambouler les plans pour le plus gros chantier de construction de la région à l’heure actuelle, le complexe multiglaces de Vision multisports Outaouais dans le secteur de la Cité. «Tant que le gouvernement ne nous dira pas de fermer le chantier, on va continuer, assure le directeur de projet, Alain Bastarache. Nous avons déployé toutes les mesures nécessaires pour s’assurer de la sécurité et la santé des travailleurs, mais c’est certain que ça va un peu plus au ralenti. On doit être à 75 % de notre force de travail sur le chantier aujourd’hui. Ça varie d’une journée à l’autre.»

VMSO s’attend à ce que la situation occasionne de nouveaux retards dans la livraison du futur complexe. «Je ne peux pas dire quel sera l’impact sur la livraison, affirme M. Bastarache. On fait une gestion très serrée de la situation, mais c’est certain qu’il y aura des retards. Il est trop tôt pour dire quelle en sera l’ampleur. Ça va dépendre de la durée de la crise. Nous n’avons aucune pression inutile de la Ville ou de nos partenaires. Tout le monde comprend que la situation est exceptionnelle et que c’est ensemble qu’on va s’en sortir, avec probablement quelques cheveux blancs de plus.»

À LIRE AUSSI:

Le milieu de la construction dans l'incertitude en Outaouais