Près de 90 % des locataires de Toronto habitent dans des immeubles à logements, où ils sont maintenant confinés en raison de la pandémie de COVID-19.
Près de 90 % des locataires de Toronto habitent dans des immeubles à logements, où ils sont maintenant confinés en raison de la pandémie de COVID-19.

Confinés en appartement à Toronto, comment s’en sortent-ils?

TORONTO — Près de 90 % des locataires de Toronto habitent dans des immeubles à logements, où ils sont maintenant confinés en raison de la pandémie de COVID-19. La plupart n’ont pas accès à une belle grande cour arrière, et certains doivent se contenter d’un appartement d’à peine 700 pieds carrés. Le Droit a voulu savoir comment ils s’en sortent.

Maintenant qu’ils ne peuvent plus aller respirer l’air frais au parc, faire de l’exercice à la salle de sport ou apprécier les œuvres d’art au musée, des Torontois doivent trouver des solutions créatives pour assurer leur équilibre physique et mental.

Faire œuvre utile

Dans son condominium de 750 pieds carrés, Nadia Lloyd a trouvé réconfort dans la confection de masques de protection personnelle.

« Je dois dire que je n’ai pas encore ressenti l’angoisse. Quand tu aides, ça te revient, ça fait du bien. C’est ça qui me motive, et je dors bien la nuit. »

Nadia Lloyd

Depuis le début de son confinement, cette artiste qui en temps normal peint sur des tissus comme des coussins et des foulards, a conçu plus d’une centaine de masques avec le matériel en sa possession.

Chaque jour, elle s’assoit à la table à dîner, où elle a installé la machine à coudre prêtée par sa voisine, et elle crée des dizaines et des dizaines de masques plus colorés les uns que les autres pour des infirmières de la ville. « C’est ce qui me garde saine d’esprit. »

Les infirmières portent ces protections colorées par-dessus leur masque N95, puisque plusieurs d’entre elles sont limitées à un certain nombre de masques de ce genre par jour.

« Ça leur donne une protection de plus, et à la fin de la journée, elles peuvent le réutiliser. C’est mon art. Toutes ces couleurs, ça élève l’esprit des gens, plutôt que d’avoir des masques blancs, verts. »

Un coussin et un masque de protection fabriqués par Nadia Lloyd.

Agrandir la famille

Pour Marcy Galipeau, l’équilibre mental et physique est passé par l’ajout temporaire d’un membre à sa famille : un doberman mix nommé Zeus.

Ce gros chien de trois ans accompagne maintenant Mme Galipeau et son conjoint Jeff Elliott depuis un peu plus d’une semaine dans leur quotidien de télétravail, tous les trois confinés dans un petit condo de 700 pieds carrés. Ils n’ont pas accès aux parcs, mais la jeune femme fait beaucoup de jogging avec le nouveau venu.

Zeus est un compagnon calme et doux, mais il souffre « d’anxiété de séparation ». Le couple profite donc de la situation de confinement pour aider l’animal. « C’est une façon de passer le temps, ça aide avec le stress pour nous, et en même temps, on travaille sur le comportement du chien. C’est gagnant-gagnant. »

Marcy Galipeau et son conjoint Jeff Elliott, en compagnie de leur doberman mix, Zeus

Gagnant-gagnant-gagnant, plutôt, puisque Mme Galipeau et M. Elliott font partie des centaines de personnes qui se sont portées volontaires pour s’occuper des animaux orphelins de la Société de prévention de la cruauté aux animaux (SPCA) de Toronto durant la pandémie de la COVID-19.

L’accès aux installations de la SPCA a été considérablement limité au strict minimum afin de réduire le personnel sur place.

Introverti et heureux

L’imposition des mesures de confinement du gouvernement ontarien et la décision de bannir les rassemblements ont eu un impact « très minimal » sur la santé mentale de Xavier Bordeaux.

Se décrivant comme un « introverti », M. Bordeaux affirme que les gens comme lui s’en sortent bien mieux dans la situation de pandémie actuelle.

« En fait, j’aime le silence. Je ne peux pas dire que cette situation me rend anxieux, bien que je m’inquiète pour mes parents, bien sûr. »

Or, il est conscient que le fait de ne pas avoir perdu son emploi et de pouvoir continuer à travailler de la maison, contrairement à des milliers de personnes, contribue à son équilibre mental. « La réalité, c’est que les choses vont changer. Ce que ce changement sera, seul le temps nous le dira », conclut-il.