«Habituellement, même pendant l’été, il se passe toujours quelque chose. [...] C’est difficile d’avoir un repas en famille. Maintenant, c’est incroyable. Je ne me souviens pas la dernière fois que nous avons passé autant de temps la famille au complet autour de la table, a raconté Claude Julien, mardi.
«Habituellement, même pendant l’été, il se passe toujours quelque chose. [...] C’est difficile d’avoir un repas en famille. Maintenant, c’est incroyable. Je ne me souviens pas la dernière fois que nous avons passé autant de temps la famille au complet autour de la table, a raconté Claude Julien, mardi.

«Comme si nous avions reculé de 50 ans»: Claude Julien apprécie sa nouvelle routine

MONTRÉAL — Claude Julien a l’impression d’avoir voyagé dans le temps, alors que le confinement forcé par la pandémie de nouveau coronavirus l’a contraint à changer son rythme de vie.

L’entraîneur-chef du Canadien de Montréal et sa famille sont installés dans leur résidence d’été en Ontario. Si Julien continue à passer du temps à réviser des matchs et à chercher des solutions pour améliorer son équipe, il essaie également de tirer du positif de cette période difficile en appréciant le temps passé en famille.

«Habituellement, même pendant l’été, il se passe toujours quelque chose. Les enfants ont des activités, ça court d’un bord ou de l’autre. C’est difficile d’avoir un repas en famille. Maintenant, c’est incroyable. Je ne me souviens pas la dernière fois que nous avons passé autant de temps la famille au complet autour de la table, a raconté Julien, mardi, lors d’une conférence téléphonique.

«Nous revenons à des valeurs que nous avions peut-être mises de côté en raison de la technologie et du rythme de vie moderne. Je me sens comme si nous avions reculé de 40 ou 50 ans.»

Julien, qui célébrera son 60e anniversaire de naissance le 23 avril, a trois enfants, dont deux d’âge scolaire. Sa fille aînée suit des cours par vidéoconférence, tandis que son garçon reçoit des travaux à faire en ligne.

«Je l’aide chaque matin à faire ses devoirs, a noté Julien. Ça fait partie de ma routine maintenant.

«Je prends aussi du temps pour regarder des vidéos afin d’être prêt si et quand la saison reprendra. Une fois par semaine, je participe aussi à une conférence téléphonique avec d’autres entraîneurs, ce que nous n’avons pas l’occasion de faire pendant la saison et que nous faisons habituellement lors du repêchage.»

Prêt à toute éventualité

Depuis que la LNH a mis sa saison sur pause le 12 mars, différents scénarios sont avancés concernant la reprise des activités. Certains tiennent à la présentation des 189 matchs restants au calendrier, d’autres sont en faveur de jouer seulement les éliminatoires. L’idée d’un tournoi à nombre variable d’équipes a aussi fait un bout de chemin sur les réseaux sociaux.

De son côté, Julien se pliera à la décision des dirigeants du circuit.

«Il est difficile d’anticiper un scénario tant que nous ne savons pas à quelle date les activités reprendront, a rappelé Julien. Ce que je comprends, c’est que la LNH ne veut pas que la prochaine saison soit affectée.

«Il y a une inquiétude si nous terminons la saison fin août-début septembre. [...] Est-ce que nous pourrions faire le camp en octobre et commencer la saison en novembre, éliminer la pause de cinq jours et rattraper le calendrier normal? Ce sont des choses auxquelles je pense, comme tout le monde, mais ce n’est pas moi qui prend les décisions.»


« Nous revenons à des valeurs que nous avions peut-être mises de côté en raison de la technologie et du rythme de vie moderne. Je me sens comme si nous avions reculé de 40 ou 50 ans. »
Claude Julien, entraîneur-chef du Canadien

Julien a toutefois insisté pour dire qu’il ne fallait pas que la LNH précipite les choses. Il a rappelé que la santé de tout le monde était plus importante, même si les plus fanatiques s’ennuient du sport.

Il a également admis que la situation était bien différente que lors des lock-out de la LNH en 2004-05 et 2012-13, ainsi que lors des perturbations provoquées par les attentats du World Trade Center en 2001 et du marathon de Boston en 2013.

«Ce n’est pas le résultat de gestes d’individus, on parle ici d’une pandémie. Il y a beaucoup d’inconnu, a rappelé Julien. Est-ce que les partisans seront à l’aise de s’asseoir à côté les uns des autres dans un aréna? Il y aura des craintes tant que la situation ne sera pas véritablement sous contrôle.

«D’un autre côté, les gens ont besoin de distractions et veulent regarder du sport. [...] C’est difficile de savoir de quoi aura l’air notre monde parce que la situation évolue constamment d’une journée à l’autre. C’est ce qui rend la tâche difficile pour les autorités gouvernementales et de la santé.»

Claude Julien insiste pour dire qu’il ne fallait pas que la LNH précipite les choses. Il a rappelé que la santé de tout le monde était plus importante, même si les plus fanatiques s’ennuient du sport.

Des joueurs en santé

Si jamais la LNH a l’occasion de compléter sa saison régulière, les équipes auront l’occasion de compter sur des renforts. Plusieurs joueurs dont la campagne semblait compromise en raison de blessures auront profité de la pause pour terminer leur rééducation.

Julien a confirmé que c’était le cas pour Tomas Tatar (haut du corps) et Victor Mete (pied). Il a aussi noté que Jesperi Kotkaniemi se reposait chez lui en Finlande, mais que sa situation était stable. Kotkaniemi a subi une blessure à la rate, le 6 mars, alors qu’il jouait pour le Rocket de Laval.

De plus, étant donné que les joueurs continuent à s’entraîner à domicile, Julien a affirmé qu’il croyait qu’une semaine de camp suffirait avant la reprise du calendrier, si jamais ce scénario est possible.