Parti en Égypte pour le mariage de sa sœur, Daniel Hautot est incapable de revenir au pays.

Coincé en Égypte: un voyage qui tourne mal

Même si les Égyptiens ne semblent pas inquiets de la propagation du coronavirus, se faisant l’accolade et partageant la pipe à shisha, les frontières ont été fermées dans ce pays d’Afrique, tant pour en sortir que pour y entrer. De passage au pays des pyramides, le Sheffordois Daniel Hautot tente par tous les moyens de quitter le pays depuis mardi.

M. Hautot s’est envolé vers l’Égypte le 11 mars dernier pour le mariage de sa sœur, qui habite ce pays depuis cinq ans. Il devait revenir le 27 mars. Il était loin de se douter que la situation changerait à ce point si rapidement.

« Je n’avais pas mesuré [l’étendue de la propagation]. Je suis arrivé en Égypte vendredi et j’ai commencé à avoir plus d’informations. La vraie prise de conscience, en Égypte, s’est faite entre dimanche et lundi. »

Mardi, une fois que le mariage de sa jeune sœur qui devait avoir lieu le 20 mars a été annulé, il a commencé ses démarches pour revenir au pays, voyant bien que les choses commençaient à se complexifier.

« J’ai essayé de partir. Sur le site Internet pour l’achat des billets d’avion, c’était premier arrivé premier servi, avec des prix exorbitants. Comme pour un spectacle. Le temps que je procède au paiement de mon billet, la place était déjà prise. »

La frontière n’était pas encore fermée, mais les touristes ont voulu partir à temps.

« C’est certain que j’ai peur, confie-t-il. J’ai mon fils qui m’attend à Montréal. Heureusement, il est avec sa mère. »

Ils communiquent d’ailleurs tous les jours, ce qui permet de réconforter sa solitude.

« Je me prépare à tout »

Durant ses déplacements, M. Hautot a vu que le principe de distanciation sociale n’était pas encore acquis là-bas, ce qui lui fait craindre que la situation ne dégénère avec l’absence de mesures de sécurité sanitaire.

« Je me prépare à tout. S’il n’y a pas de vol pour me rapatrier, c’est certain que je vais rester ici des semaines. »

Les sites web des transporteurs ne sont pas suffisamment mis à jour. Daniel Hautot avait finalement réussi à trouver un billet à fort prix. Rempli d’espoir, il s’est donc rendu au Caire avec un vol interne, mais son avion n’a pas pu décoller en raison de la fermeture des frontières quelques heures plus tôt.

Le touriste est finalement retourné chez sa sœur. Il se considère tout de même chanceux de pouvoir être hébergé par celle-ci, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Il a par exemple rencontré une Allemande prise dans la même situation que lui, mais sans argent pour être hébergée et nourrie en attendant.

« J’essaie de voir les choses positivement, mais la situation est catastrophique, selon les éléments qu’on a comme information. »

Comme les prochains vols réguliers sont prévus en mai, le père et yogi a déposé une demande pour être rapatrié tant au Canada qu’en France, puisqu’il est résident permanent canadien et citoyen français d’origine. Il est toujours en attente d’une réponse.