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Donald Aubin
Donald Aubin

Bond de 40 cas: une situation inquiétante, selon la Santé publique

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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Le directeur régional de la Santé publique, le docteur Donald Aubin, a confirmé la semaine dernière une lente progression de la COVID-19 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et le bond de 40 cas répertoriés lundi démontre qu’il ne faut jamais baisser la garde avec ce virus qui se propage en ce moment comme une traînée de poudre dans les garderies et les écoles.

En entrevue, Donald Aubin n’a pas caché son inquiétude face à ce rebondissement du virus. Il fallait s’attendre à une hausse une dizaine de jours après la semaine de relâche, mais les chiffres de lundi constituent une fracture dans la courbe de progression de la maladie.

« On ne se retrouve pas dans une troisième vague et on ne veut pas s’y retrouver. Mais il y a un potentiel pour avoir une troisième vague », insiste le directeur de la Santé publique. La vaccination, qui constitue l’une des armes pour combattre la COVID-19, n’est pas assez avancée au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour bloquer la propagation du virus ou d’un éventuel variant qui risque un jour ou l’autre d’apparaître dans le paysage épidémiologique.

Les cas confirmés sur une base quotidienne sont passés de 6 à 40 en quatre jours, ce qui signifie que le virus se propage assez rapidement. Il y a en ce moment 87 cas actifs sur le territoire régional.

Selon les chiffres fournis par Donald Aubin, les équipes du CIUSSS avaient administré lundi 17 843 doses de vaccin, tant dans les groupes les plus à risque qu’au sein du personnel de la santé.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean compte 277 000 habitants. Il y a un important bassin de personnes non protégées en ce moment, même si l’on soustrait les personnes qui ont déjà été infectées par le virus.

Toujours selon les statistiques du CIUSSS, les sites de vaccination inoculent 1500 personnes par jour. Les équipes de soins à domicile ont par ailleurs amorcé la vaccination des personnes qui ne sont pas en mesure de se rendre dans les sites pour différentes raisons.

Moins de 1000 vaccins AstraZeneca utilisés

Le directeur de la Santé publique a indiqué que les différents sites ont utilisé 950 doses du vaccin AstraZeneca. Le vaccin utilisé au Québec est produit en Inde, alors que le vaccin AstraZeneca en ce moment suspendu dans certains pays d’Europe est produit sur le territoire européen. Le CIUSSS n’a relevé jusqu’à maintenant aucun refus de la part des citoyens de recevoir ce vaccin. Une personne peut toutefois refuser le vaccin AstraZeneca puisque la vaccination est libre. La démarche pour recevoir un autre vaccin n’a toutefois pas été confirmée au Quotidien.

« La décision de vacciner avec un produit relève du pays », a expliqué le directeur de la Santé publique. Jusqu’à maintenant, le Canada maintient la vaccination avec les lots AstraZeneca produits par la firme indienne Institut Serum, sous le nom de Covishield.

En plus de la vaccination, la Santé publique mène toujours des enquêtes épidémiologiques pour chacun des cas confirmés. Ces enquêtes permettent d’isoler des personnes à temps afin d’éviter la transmission du virus. La région disposait, selon Donald Aubin, d’une équipe capable d’enquêter sur une cinquantaine de cas et fera appel au besoin au groupe de soutien formé à Québec pour venir en aide à chacune des régions.

Ces enquêtes confirment une activité virale assez intense dans les secteurs de Saint-Félicien et Roberval. La communauté innue de Mashteuiatsh a même procédé à la fermeture de ses écoles primaire et secondaire en raison des liens familiaux avec les enfants qui fréquentent la garderie. Une autre éclosion importante est en ce moment en cours dans une entreprise de ce secteur.

Les enquêtes ont d’autre part confirmé que l’augmentation des cas n’est pas nécessairement attribuable à des visiteurs de l’extérieur qui ont effectué des passages dans la région pendant la semaine de relâche scolaire. Le virus s’est propagé par des contacts entre des personnes de la région, en plus de deux travailleurs de la région qui ont fait des séjours à l’extérieur.

Le dernier moyen pour freiner la progression de la COVID-19 avant que ça ne se transforme en troisième vague est le respect des mesures de distanciation sociale. 

Selon Donald Aubin, les enquêtes révèlent que plusieurs cas de transmission n’auraient pas eu lieu si les mesures avaient été respectées. Le maintien de ces mesures constitue, selon le médecin, la réponse la plus efficace au virus tant et aussi longtemps que la vaccination n’aura pas progressé de façon beaucoup plus significative dans la région.

Les laboratoires du CIUSSS poursuivent le criblage des tests réalisés dans la région. Un premier cas de variant avait été confirmé il y a quelques semaines pour deux personnes qui avaient toutefois pris des mesures de confinement sécuritaires. Donald Aubin admet qu’il y aura inévitablement d’autres cas attribuables à la présence d’un variant dans les prochaines semaines. Il faut aussi avoir à l’esprit que plus le virus se propage, plus il a des chances de se transformer. Généralement, les variants finissent par remplacer le virus original.