Si certains déplorent qu’il y ait trop peu de gens portant le masque dans les commerces de la métropole ou dans le métro, à l’aéroport, tout le monde en a un: ceux qui partent comme ceux qui arrivent, ainsi que tous les employés, peu importe leur emploi: sécurité, construction, entretien ou agents de bord.
Si certains déplorent qu’il y ait trop peu de gens portant le masque dans les commerces de la métropole ou dans le métro, à l’aéroport, tout le monde en a un: ceux qui partent comme ceux qui arrivent, ainsi que tous les employés, peu importe leur emploi: sécurité, construction, entretien ou agents de bord.

Aéroport de Montréal en temps de COVID: les voyageurs disent ne pas être inquiets

MONTRÉAL — S’il y a un endroit où tous portent le masque et respectent les consignes, c’est à l’aéroport Trudeau à Montréal: les employés des lignes aériennes comme des cafés arborent le couvre-visage, tout comme les passagers. Ces derniers se disent d’ailleurs satisfaits des mesures de sécurité et ne craignent pas d’attraper la COVID-19 en vol.

Mardi vers midi, l’aire des comptoirs d’enregistrement de l’un des plus occupés aéroports du pays, celui de Montréal, était étrangement vide, mais les agents de sécurité étaient bien visibles. La liste des vols du jour était courte comparée à un mois de vacances estivales habituel.

Si certains déplorent qu’il y ait trop peu de gens portant le masque dans les commerces de la métropole ou dans le métro, à l’aéroport, tout le monde en a un: ceux qui partent comme ceux qui arrivent, ainsi que tous les employés, peu importe leur emploi: sécurité, construction, entretien ou agents de bord.

Les passagers doivent avoir un masque pour monter à bord d’un avion et ils sont incités à le porter autant que possible. Il est aussi obligatoire dans l’avion et l’aéroport quand les mesures de distanciation physique ne sont pas possibles, selon les directives de Transports Canada.

L’aéroport de Montréal a quant à lui décrété que le port du masque ou d’un couvre-visage est obligatoire «en tout temps» dans l’aérogare et dans les navettes de stationnement.

Un employé du café Java U de l’aérogare, Bekim Devaja, confirme que les passagers respectent bien les règles.

Les gens rencontrés dans l’aérogare disaient ne pas craindre d’attraper la COVID-19 en vol, même si cette semaine, il a été révélé que des gens infectés par le coronavirus ont pris des avions - vols intérieurs et internationaux - notamment à destination de Montréal.

Simon Chayet se rendait mardi à La Baie James, où il a décroché un contrat. Le jeune homme n’est aucunement inquiet: «les mesures de sécurité, ça ne pourrait pas être mieux».

Une jeune femme retournait chez elle en Caroline du Nord: aucune trace d’inquiétude chez elle, pas plus que chez ce couple fin trentaine qui s’en allait en vacances aux Îles-de-la-Madeleine: ils trouvent même que les autorités en font trop.

Une dame blonde qui allait voir sa famille en Alberta dit avoir été rassurée par son agente de voyage qui lui a déclaré notamment «que les avions sont plus sécuritaires que les hôpitaux.»
«Tout le monde porte un masque, a-t-elle dit avant d’aller s’enregistrer. Et tout le monde respecte la distanciation sociale, mais c’est facile, puisqu’il n’y a presque personne dans l’aéroport». 

Elle attendait de voir comment cela allait se dérouler dans l’avion.

Un médecin qui se rendait en vacances en France jugeait impeccables les mesures prises dans l’aéroport pour prévenir la contagion, mais était tout de même un peu inquiet. Il ne sera pas possible de garder ses distances au cours du vol, souligne le Dr Jacques Ricard, et le masque chirurgical a ses limites.

«Ça va être l’enfer», s’est-il exclamé au sujet de son vol de plus de six heures.

Évidemment, il est imaginable que ceux qui s’inquiètent le plus d’attraper la COVID-19 ne soient pas dans un aéroport, prêts à monter à bord d’un avion.

Arrivée au Québec

Quant à ceux qui arrivaient en sol québécois après un vol, ils étaient bien au courant des consignes.

Dans l’aire d’arrivée, normalement bondée de gens attendant leurs proches avec banderoles et ballons, il n’y avait pas un chat: cette section de l’aéroport est interdite.

Ceux qui débarquaient de leurs vols portaient tous le masque. Et ont tous spontanément déclaré qu’ils s’en allaient de ce pas se mettre en quarantaine pour 14 jours: ils étaient bien au fait de la directive.

D’ailleurs, les gens croisés mardi n’arrivaient pas pour y faire du tourisme: des Québécois habitant aux États-Unis rentraient voir des proches malades, et d’autres arrivaient d’Allemagne pour rejoindre leur famille au Québec.

Ils n’apparaissaient pas incommodés de cette obligation: «j’ai de bons livres», a laissé tomber cet homme arrivant de Francfort. Un autre n’avait pas vu sa femme et ses enfants depuis des mois en raison de la COVID, et était fort heureux de rentrer: peu lui importait la quarantaine préventive.

Eux aussi ont jugé les précautions prises sur le vol adéquates: il y avait beaucoup de places vides dans l’avion et les «agentes de bord ont l’air d’infirmières», a blagué un homme.

Éric Paré revenait de Floride. Il a jugé que son vol du retour était beaucoup plus sécuritaire que celui qui l’a emmené aux États-Unis deux semaines auparavant. Même s’il venait de passer un test pour la COVID - négatif - il savait qu’il doit quand même s’isoler chez lui.

Lucette Gignac, 72 ans, n’était pas inquiète mardi, même s’il n’y avait pas eu d’espace entre les sièges dans son vol.

Sur celui de Francine Veredo-Piet, il n’y avait qu’une personne par rangée de sièges. La femme habite en Floride, mais est venue au pays voir sa mère âgée, et ira faire sa quarantaine chez sa soeur en attendant, a-t-elle expliqué.

Si certaines compagnies aériennes avaient annoncé qu’elles allaient garder un siège vide entre chacun de leurs passagers, plusieurs sont depuis revenues sur cette décision.

Plusieurs voyageurs rencontrés dans l’aire d’arrivée ont mentionné que les autorités ont pris leurs coordonnées afin de pouvoir les contacter rapidement si une personne contaminée avait pris le même vol qu’elles.