Accueil de proches aidants: le CIUSSS se prépare

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’a d’autre choix que de préparer le protocole qui va encadrer l’entrée de plus ou moins 60 proches aidants dans les quinze CHSLD du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui sont parvenus, jusqu’à maintenant, à tenir en échec le coronavirus, alors que s’amorcera une phase importante du déconfinement de la population de la région.

En point de presse, mercredi, le docteur Donald Aubin, directeur de la Santé publique au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a confirmé que les proches aidants, suivant la volonté de la ministre des Aînés Marguerite Blais, allaient pouvoir reprendre du service auprès d’un résident. Il a toutefois rappelé certains éléments définissant un proche aidant.

Ces personnes doivent être connues de l’établissement. Elles ont aussi un rôle actif de soutien au proche de façon régulière pour différents soins. Il appartiendra toutefois aux différents établissements de justifier le refus d’ouvrir ses portes à une personne, et cette justification devra être analysée par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

La ministre Blais a même évoqué, sur les ondes d’une station radiophonique, des mesures disciplinaires contre les directions des CIUSSS et CISSS qui refuseraient d’appliquer la directive.

« Les personnes ne pourront pas faire ce qu’elles veulent. Elles auront une formation sur les équipements de protection individuelle. Elles devront aussi signer des engagements personnels », a soutenu le médecin. Le CIUSSS avait appliqué de façon très restrictive la directive qui remonte au 15 avril, mais tout indique qu’il devra faire preuve d’ouverture pour satisfaire la ministre des Aînés.

Dans la région, selon plusieurs témoignages recueillis auprès de familles, les CHSLD ont réussi à assurer des communications régulières entre les résidents et les familles. Les syndicats ont de plus confirmé que tous les services de base, incluant les bains, ont été maintenus, avec évidemment les mesures de protection afin d’éviter la transmission du virus.

Le directeur de la Santé publique a d’autre part souligné le travail réalisé dans les CHSLD en mentionnant que quinze établissements ont réussi à éviter les éclosions au cours des six dernières semaines.

Sécurité renforcée

Dans les conditions pour améliorer la sécurité des CHSLD énoncées par la directrice du programme des Services adaptés aux personnes âgées (SAPA), Chantale Boivin, il y avait un projet de doter les travailleuses de ces centres d’uniformes dont le nettoyage sécuritaire allait être confié à un service spécialisé. Le docteur Donald Aubin a indiqué que cette étape sera franchie dans les prochains jours.

Le CIUSSS a aussi annoncé que les entrées des CHSLD seront précédées d’un sas de décontamination comme celui installé à l’hôpital de Chicoutimi. Le CIUSSS entend toujours, selon le directeur de la Santé publique, mettre en place ces barrières au virus.

Déconfinement général

La direction de la Santé publique veille également au déconfinement plus général des activités. Le chef de service en santé au travail et santé environnementale Patrick Lapointe a expliqué le rôle de l’équipe du CIUSSS dans les prochaines semaines. Jusqu’à maintenant, le personnel de ce service est entré en contact avec pas moins de 200 entreprises qui reprennent les activités ou les reprendront dans les prochains jours.

Cette relance des activités industrielles et commerciales ne se résume pas uniquement aux équipements individuels de protection. Ceux-ci constituent normalement la dernière étape, puisque le travail d’adaptation à la nouvelle réalité de distanciation sociale doit avant tout se faire à travers les processus en place dans les entreprises.

L’équipe de Patrick Lapointe peut également compter sur les agents de la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité au travail (CNESST) pour effectuer du travail sur le terrain. Il faut comprendre que le directeur de la Santé publique a des pouvoirs lui permettant d’intervenir si jamais une entreprise ou un commerce refuse de se plier aux directives gouvernementales visant à assurer un retour au travail sécuritaire pour le personnel.

De façon globale, le directeur régional de la Santé publique considère que le déconfinement se passe assez bien jusqu’à maintenant. Il compte sur une brigade de 80 personnes pour assurer les suivis si jamais la circulation du virus reprend dans la communauté de façon à isoler les personnes porteuses et/ou leurs contacts.