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Le directeur de la santé publique, le docteur Donald Aubin, explique que les mesures de distanciations sont toujours nécessaires pour éviter de relancer la propagation de la COVID-19.
Le directeur de la santé publique, le docteur Donald Aubin, explique que les mesures de distanciations sont toujours nécessaires pour éviter de relancer la propagation de la COVID-19.

COVID-19: un fléchissement de la courbe ne rime pas avec la fin des mesures

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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Les annonces du premier ministre François Legault sur un assouplissement des différentes mesures de confinement dans les différentes régions du Québec ne doivent pas être perçues comme un feu vert pour modifier les comportements individuels dans l’application des mesures sanitaires.

Le lavage des mains, le port du masque pour les différentes activités de la vie courante et le respect du deux mètres de distance sont plus que jamais de rigueur. Le directeur régional de la santé publique, le docteur Donald Aubin, comprend une certaine fatigue au sein de la population, mais juge que le succès actuel repose entièrement sur un comportement pratiquement irréprochable des citoyens.

« Du mois d’octobre à la fin novembre, la région est devenue le plus important foyer d’éclosion de COVID-19 au Canada. À partir de la fin novembre, sans que le gouvernement impose de mesures, nous avons commencé à baisser avec un palier pendant la période des Fêtes, et aujourd’hui nous sommes parmi les plus bas. Ce sont les efforts de la population qui ont permis d’avoir ce résultat », tranche le médecin.

Il est impossible pour le moment de baisser la garde sans risquer de relancer une troisième vague et, encore pire, d’ouvrir la porte au variant du virus qui se transmet encore plus facilement que celui qui circule au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tout indique pour le moment que la Santé publique n’a pas encore détecté le variant britannique au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Ce que les gens font est efficace contre tous les virus, pas seulement la COVID-19. Il n’y a pratiquement pas de cas de grippe. Il y a eu quelques cas de gastro, sans plus. C’est signe que les mesures prises par la population sont efficaces », reprend le Dr Aubin, qui rappelle que le virus de la COVID-19 fonctionne comme tous les autres virus.

La circulation a diminué dans la région à partir du moment où les gens ont eu moins de contacts. Il faut donc comprendre qu’on ne peut espérer revenir à une situation normale, c’est-à-dire sans les mesures de distanciation, tant que la vaccination n’aura pas couvert une bonne partie de la population québécoise dans des proportions de plus de 50%.

« Si on veut éviter que le variant s’introduise dans la région, on doit maintenir les mesures comme on le fait depuis le mois de novembre. Et si le variant entre dans la région, le meilleur moyen d’éviter la propagation est aussi de maintenir les mesures et d’éviter les contacts », reprend le directeur de la santé publique.

Le médecin sent bien qu’il y a une certaine fatigue au sein de la population. En même temps, il admet que nous avons bien peu de contrôle sur la rapidité avec laquelle les compagnies livrent des vaccins au Canada. La durée des mesures de distanciation est directement tributaire de ces livraisons. La Santé publique n’est donc pas en mesure de déterminer quand la population régionale aura atteint le niveau de vaccination qui permet d’obtenir l’immunité collective.

Pour le moment, le CIUSSS a vacciné 6411 employés sur quelque 10 000. Les 381 personnes qui habitent dans les résidences intermédiaires ont aussi reçu le vaccin, tout comme les 1081 résidents des CHSLD. En ce moment, la Santé publique songe à concentrer ses efforts de vaccination sur le personnel des résidences privées pour personnes âgées (RPA).

« Nous voulons ainsi nous assurer de vacciner ces personnes puisque ce sont elles qui font entrer le virus dans ces résidences. En vaccinant ces personnes, on protège les RPA », précise Donald Aubin.

Le CIUSSS recevra cette semaine un autre arrivage de vaccins. La Santé publique a informé l’établissement que cette livraison comprend plus de doses que prévu, mais le directeur de la santé publique n’avait pas encore les chiffres.

Selon le plan établi par la direction régionale de la santé publique, le CIUSSS devrait normalement débuter la vaccination de la population en général au début du mois de mars. Le premier groupe de citoyens sera composé des personnes de 80 ans et plus. Le médecin souligne que cette phase nécessitera une grande logistique.

Il n’y a toujours pas pour le moment de traitement efficace pour les personnes qui développent la forme sévère de la COVID-19. La colchicine, un anti-inflammatoire utilisé pour d’autres maladies, aurait des effets bénéfiques pour le traitement de la maladie.

Le directeur de la santé publique rappelle que le médicament n’a toujours pas été recommandé par Santé Canada et que le monde médical est toujours en attente de la publication de l’étude menée par le docteur Jean-Claude Tardif de l’Institut de cardiologie de Montréal.