Mélanie Dubord et son garçon Félix.
Mélanie Dubord et son garçon Félix.

COVID-19: test de dépistage pour une mère et son fils de Dolbeau-Mistassini

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Depuis le début de la crise du coronavirus, des milliers de tests de dépistage ont été effectués un peu partout dans la province. Comment se passe tout ce processus médical ? Une mère et son fils de 6 ans de Dolbeau-Mistassini ont passé les tests dernièrement et ont accepté de partager leur expérience au Quotidien.

Retour dans le temps. Étant technicienne en soins podologiques dans une clinique au nord du Lac-Saint-Jean, Mélanie travaille en contact direct avec sa clientèle.

« Le 12 mars, j’ai reçu un patient sur ma chaise de soins qui revenait de voyage. Je n’avais pas trop d’inquiétudes vu qu’aucune mesure n’avait été prise à ce moment-là. Le samedi suivant, je suis allé faire des commissions au centre d’achat et une dame a toussé devant moi. Je ne m’en suis pas méfié non plus. »

Ce n’est que quelques jours après que les premiers symptômes sont apparus : légère toux, congestion nasale quelques maux de tête. « Rien de bien alarmant. »

Ce n’est rendu qu’au vendredi 20 mars que son jeune garçon de 6 ans, Félix, a commencé à ressentir aussi quelques symptômes.

« Il a commencé une toux et, le lendemain, il faisait de la fièvre, mais je me suis dit que ça ne devait pas être le virus. »

Par contre, même si la famille n’avait pas voyagé dernièrement, deux autres adultes vivant sous le même toit continuaient à travailler pour des services essentiels. Plus le week-end avançait, plus les symptômes que ressentaient Mélanie et Félix s’aggravaient.

Lundi 23 mars. « J’ai appelé à la ligne d’information sur la COVID-19 et une infirmière m’a ensuite rappelé pour me poser des questions. Elle m’a ensuite avisé que Félix ne passerait pas les tests, car ils n’étaient pas rendus à ce stade pour les tests de dépistage, en ce qui concerne la contamination communautaire. Cependant, en soirée, j’ai reçu un texto pour me dire de me présenter le lendemain matin à la clinique de dépistage de Roberval ! On m’a aussi expliqué que tout changeait très vite. »

Test de dépistage

Mardi 24 mars. Rendus sur place, Mélanie et son fils ont été accueillis par un agent de sécurité qui leur a expliqué toutes les mesures de sécurité à respecter dans l’hôpital en plus de leur remettre masques et lingettes désinfectantes pour se nettoyer les mains et les cartes médicales utilisées.

Des lignes bleues qu’ils doivent suivre sont tracées au sol et les lignes rouges indiquent les limites à ne pas franchir. C’est ensuite le personnel infirmier qui s’est occupé du prochain point de contrôle.

« Le personnel infirmier était gentil et accueillant. Ils ont pris nos informations, nous ont posé des questions et ont écouté notre histoire. Ils m’ont suggéré aussi de passer les tests, vu mes symptômes. »

Le jeune Félix, 6 ans, a passé au travers du processus de dépistage comme un grand.

Vêtue d’une blouse jaune, de gants et portant son masque et visière de protection, une infirmière a ensuite procédé aux différents prélèvements, nasal et buccal.

Un processus qui est loin d’être agréable. « Elle nous a dit que le moins plaisant était le prélèvement dans le nez. Narine gauche, narine droite, ça chatouillait et on a les yeux qui coulaient et c’était désagréable. »

À leur sortie, un agent de sécurité leurs a remis un sac de papier brun contenant masques, gants et des feuilles de recommandations. Les résultats devaient être connus dans un délai de 24 à 72 heures.

Et comment se sentait fiston dans tout ça ? Était-il stressé ? « Non, car il ne comprenait pas trop et n’avait pas trop conscience de l’ampleur de la pandémie du coronavirus. Il a fait ça comme un grand. En général, les enfants n’appréhendent pas les choses de la même façon que les adultes. »

Cent heures

Cent heures. C’est le temps qui s’est écoulé entre les tests de dépistage et les résultats. « 100 heures, ce n’est pas tant que cela, mais quand tu attends un résultat aussi important, c’est long ! »

« Je me disais que si je l’avais, je ne pouvais pas y changer grand-chose. Je me sentais plus résiliente que stressée. On allait quand même bien au fur et à mesure que les heures passaient. »

Du côté de son entourage, il en fut tout autrement. « Les gens étaient 20 fois plus stressés que nous ! Ma mère m’appelait toutes les quatre heures ! On a vraiment reçu une dose de sympathie de tout le monde. »

Les résultats sont finalement arrivés : négatifs . « Une infirmière m’a téléphoné et a commencé par prendre de nos nouvelles. Elle m’a demandé comment on se sentait pendant la quarantaine, pour finalement me dire que nos tests étaient négatifs. Elle nous a aussi mis à jour sur toutes les mesures prises par notre gouvernement depuis notre quarantaine et nous a dit que si des symptômes réapparaissaient, de ne pas hésiter à se faire tester de nouveau. »

Ce fut tout un soulagement pour la mère de famille, qui affirme qu’elle et son fils sont habituellement en parfaite santé. « J’étais très contente et je me sentais libre. On a appelé nos proches et tout le monde était également soulagé. Félix aussi était content ! »

Entraide et respect des consignes

Pour Mélanie Dubord, toute cette aventure lui aura permis d’être aux premières loges afin d’observer les gestes d’entraide entre les gens. Pour elle, cette crise aura au moins ça de bon.

« Cette quarantaine m’a redonné confiance en la bonté des gens. Une dizaine de personnes ont proposé d’aller faire notre épicerie ou aller à la pharmacie. Il y a même des gens à qui je parlais peu, mais qui s’étaient proposés aussi. (...) J’ai ressenti une solidarité collective même si nous devions rester confinés entre les quatre murs de ma maison. Quand je suis enfin sortie de la maison après avoir reçu les résultats, j’étais d’une bonne humeur indescriptible et les choses simples me faisaient du bien, comme conduire mon auto et aller faire l’épicerie. »

Félix a su garder sa joie de vivre pendant l’attente des résultats et s’est même amusé un peu avec un masque et des gants.

Elle conclut en lançant un message à tous. « Je vous demande d’écouter ce que le premier ministre vous dit sur les mesures à prendre. Il y a beaucoup de spécialistes qui travaillent dans l’ombre pour évaluer la situation au jour le jour. Mille fois merci à tout le personnel médical, aux épiciers, aux stations-service, aux camionneurs et à tous ceux qui continuent de travailler malgré la pandémie et qui sont confrontés à des risques. »