L’imprimande 3D permet de fabriquer l’arceau pour une visière en environ deux heures.
L’imprimande 3D permet de fabriquer l’arceau pour une visière en environ deux heures.

COVID-19: les imprimantes 3D à la rescousse de la santé

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le manque d’équipement médical, en pleine pandémie de la COVID-19, est une constante préoccupation autant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Plusieurs entreprises québécoises ont d’ailleurs modifié leurs chaînes de production afin de répondre aux besoins du milieu de la santé. Les particuliers fabriquent également certains produits dans le but d’éviter la pénurie possible de matériel de protection. C’est le cas de citoyens qui possèdent des imprimantes 3D et qui proposent des arceaux pour les visières médicales.

Des passionnés d’impression 3D provenant des quatre coins de la province se sont regroupés, via les réseaux sociaux, afin d’imprimer du matériel de protection destiné au milieu de la santé. Le groupe Facebook COVID-3D-QC compte plus de 600 membres et permet d’échanger des modèles à imprimer, des astuces ainsi que les résultats des productions de ses membres.

La fabrication d’un arceau nécessite 50 grammes de filament. Un rouleau de filament de plastique pèse 1 kilogramme.

Plusieurs Saguenéens et Jeannois ont joint ce regroupement et ont répondu à l’appel. C’est le cas d’Alain Hunter, de Saint-Augustin, au Lac-Saint-Jean, qui imprime, dans le confort de sa résidence, des arceaux pour les visières de protection.

La fabrication d’une pièce nécessite environ deux heures. L’imprimante 3D qu’il possède n’est pas de type industriel et ne peut fonctionner 24 heures sur 24. Ainsi, c’est environ cinq items qui sont fabriqués, chez lui, quotidiennement.

Alain Hunter a déjà une quinzaine d’arceaux fabriqués en l’espace de quelques jours.

La réception d’un nouveau modèle d’arceau, lundi, devrait lui permettre d’abaisser son temps d’impression d’un peu plus d’une demi-heure, soit entre 60 et 85 minutes.

M. Hunter indique que la production quotidienne peut varier en fonction des différents types d’imprimantes que possèdent les amateurs.

Un logiciel permet de voir à quoi ressemblera la pièce à imprimer.

Le passionné d’imprimante 3D, qui a l’habitude de fabriquer des pièces en tout genre, a amorcé sa production au cours des derniers jours et compte déjà à son actif une quinzaine de serre-têtes. Il fournit pour le moment le filament en attendant d’en obtenir de la part de l’entreprise qui est à l’origine de l’initiative, Panthera Dental.

« On les imprime et on les envoie dès que nous en avons 40. Nous avons reçu les enveloppes qui permettent leur envoi. Les arceaux sont envoyés à Panthera Dental qui installe la visière de plastique, les désinfecte et les distribue », explique Alain Hunter.

L’entreprise Panthera Dental, qui est spécialisée en produits de médecine dentaire, a transformé sa production afin de répondre à la demande de matériel médical. Grâce à des partenaires et à la collaboration de propriétaires d’imprimantes 3D de partout en province, l’entreprise de Québec produit des visières médicales. Une première livraison a d’ailleurs été faite, la semaine dernière, à l’Hôtel-Dieu de Québec.