C’était plutôt tranquille au Centre québécois de formation aéronautique, jeudi dernier, alors que normalement, c’est une période grouillante d’activités.
C’était plutôt tranquille au Centre québécois de formation aéronautique, jeudi dernier, alors que normalement, c’est une période grouillante d’activités.

COVID-19: Les finissants du CQFA devraient pouvoir obtenir leur diplôme

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
La quarantaine imposée au monde scolaire ne devrait pas avoir d’impact sur la diplomation des finissants en pilotage du Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) qui, comme tout le monde, ont déserté les bancs d’école et les cockpits d’aéronefs.

Même si on ne peut pas leur soustraire une heure de formation théorique ou pratique, car il faut rencontrer les exigences de Transport Canada, les futurs pilotes devraient être en mesure de retourner à la maison avec leur licence en poche au début de l’été, comme prévu, au terme de 225 heures de vol pour les pilotes de brousse et de ligne, et 215 heures pour ceux d’hélicoptère.

« Nous avons été chanceux, car les bonnes conditions météorologiques et le travail efficace de nos équipes de techniciens d’entretien des aéronefs ont fait en sorte que nous étions en avance sur le programme de vol quand la consigne du gouvernement est arrivée », explique le directeur général du CQFA, Steeve Noreau.

En effet, il n’est pas rare qu’un hiver ou un printemps maussade clouent au sol les avions pour de longues périodes. Le programme prend du retard et on réorganise les horaires pour compléter les heures de vol, quitte à étirer jusqu’à la fin du mois de juin. Rester « groundé » deux ou trois semaines, ce n’est donc pas la fin du monde. Et même si la pause actuelle sera le double, la direction de l’école est confiante d’arriver à ses fins.

Déjà, les cours théoriques vont reprendre progressivement à compter de mardi matin, le 31 mars. « Nous avons pris des mesures pour donner des cours à distance et des travaux pour l’auto-apprentissage, précise M. Noreau. En mai (quand l’isolement social sera terminé), nous pourrons nous concentrer sur le vol. »

Steeve Noreau et son équipe sont à pied d’oeuvre pour permettre aux 40 étudiants en pilotage du CQFA de terminer leur formation comme prévu lorsque les mesures de distanciation sociale seront levées.

Actuellement, l’école de pilotage analyse la progression en vol des étudiants pour déterminer la stratégie à adopter lorsque les élèves et les instructeurs pourront cohabiter à nouveau dans les cockpits.

Priorité

Évidemment, la priorité sera donnée aux finissants de 3e année, qui doivent entrer sur le marché du travail. Ceux de deuxième année, s’ils n’ont pas terminé les heures de vol prévues au programme, pourront se rattraper en août, avant le début de la session.

« C’est le même scénario chaque printemps. Nous donnons la priorité aux élèves de 3e année qui finissent habituellement à la fin du mois de mai (avec les examens théorique et pratique de Transport Canada). Ceux de deuxième année peuvent poursuivre le vol jusqu’à la fin juin pour se préparer à la session d’automne et peuvent aussi voler en août», reprend Steeve Noreau.

Examens d’admission

Un autre casse-tête qu’a eu à affronter le CQFA est la sélection des élèves de première année pour la session d’automne.

« Nous sommes en pleine période des examens et des entrevues de sélection. Ces examens sont très sévères et chronométrés. On enferme les élèves dans une classe sous la surveillance d’un professeur, mais il n’était évidemment pas question de ça cette année. Il faut tout faire à distance, que tous les candidats soient devant leur ordinateur en même temps pour les examens. Quant aux entrevues pour ceux qui auront réussi les examens, elles se feront aussi par vidéo. Heureusement, on a des technologies pour le faire ! »

Steeve Noreau

Dernière embûche, Transport Canada a mis sur pause ses médecins-examinateurs jusqu’en août. Leur tâche est importante, car la licence de pilote est assujettie à un examen médical annuel sévère. Les candidats seront donc acceptés sous condition de réussir l’épreuve médicale, juste avant le début des classes.