COVID-19: la FSSS-CSN exige plus de mesures de protection

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La FSSS-CSN revient à la charge et demande au gouvernement du Québec de décréter le port du masque N95 obligatoire dans tous les établissements de santé du Québec en plus de forcer les CIUSSS et CISSS à monter de plusieurs crans les autres mesures de protection contre le coronavirus.

En point de presse, lundi matin, la FSSS-CSN a rappelé que depuis le début de la pandémie de coronavirus, 17 000 travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux ont été infectés. La FSSS-CSN voulait évidemment profiter de la situation qui prévaut dans les établissements pour dénoncer l’attitude patronale dans le cadre de la négociation du secteur public.

La contamination inquiétante du personnel de la santé n’a pas épargné le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans la première vague, 38 % du personnel du CHSLD de la Colline a été contaminé et depuis le début de la deuxième vague, au moins 50 % des effectifs d’Isidore-Gauthier, à Alma, ont eu des tests positifs en plus de la contamination très élevée du personnel du département D2 de l’hôpital de Chicoutimi, sans oublier l’hôpital d’Alma. 

Cette contamination découle, selon les dirigeants de la FSSS-CSN, d’une absence de volonté politique de mettre en place des mesures plus efficaces qui permettraient de protéger les travailleurs du réseau. Ces mesures augmenteraient aussi la sécurité des personnes qui reçoivent des soins ainsi que celle des résidents des CHSLD.

Les spécialistes disent aujourd’hui que le virus peut se propager par « aérosol », a insisté le président Jeff Begley. Le gouvernement ne veut pas reconnaître que le masque de procédure qui a été utilisé dès la première vague n’est pas efficace. La vice-présidente de la FSSS-CSN, Josée Marcotte, a même fait état de propos méprisants à l’endroit de ceux et celles qui s’exposent quotidiennement aux risques de contamination à la COVID-19. 

« On demande au gouvernement de suspendre la tarification des stationnements pour éviter la manipulation des stations de péage et aussi limiter le transport en commun ou le covoiturage. On nous répond à la table en nous demandant si l’employeur va aussi devoir payer l’épicerie de nos membres. »

En plus du masque N95, la FSSS-CSN demande à ce que l’employeur fournisse des uniformes et en assume l’entretien, au même titre que le font certaines chaînes de restauration rapide. L’employeur rétorque qu’il s’agit d’une recommandation faite aux établissements et que ces mesures ne sont pas obligatoires en fonction de la capacité de prendre en charge cette mesure.

Il a aussi été question pendant ce point de presse de la nécessité de mettre à la disposition des travailleurs des salles convenables pour qu’ils puissent prendre leur repas dans le respect des mesures de distanciation sociale. Le président de la FSSS-CSN va même jusqu’à demander au ministère d’utiliser des chambres disponibles dans des CHSLD quand les édifices n’offrent pas de salle de conférence ou autre type d’endroit qui n’est pas utilisé en ce moment.

Jeff Begley est conscient de s’exposer à la critique et de se faire accuser de vouloir profiter de la situation pour défendre le corporatisme syndical. Il a pris la balle au bond quand un journaliste a rappelé le contenu du rapport des Forces armées canadiennes sur les CHSLD. La FSSS-CSN ne fait en fin de compte que reprendre en bonne partie les conclusions de ce rapport qui décrivait les problématiques observées par les militaires durant leurs interventions dans les CHSLD.

Le point de presse a d’autre part permis d’apprendre que les négociations n’avancent pas très vite entre le gouvernement du Québec et la FSSS-CSN qui représente les employés de soutien et tout le groupe des préposés aux bénéficiaires du réseau de la santé. Selon le président, les demandes patronales constituent un recul pour les travailleurs du réseau.