CHSLD de La Colline
CHSLD de La Colline

COVID-19: la division des tâches de plus en plus difficile au CIUSSS

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La charge de travail exigée du personnel dans les CHSLD est lourde. Et les données émanant du CIUSSS confirment que ceux et celles qui ont été affectés à celui de La Colline ont eu à redoubler d’ardeur, dans des conditions physiques et psychologiques particulièrement difficiles, alors que le coronavirus faisait des ravages chez les résidents et au sein du personnel.

Entre le premier et le 15 avril, alors que la COVID-19 n’avait pas encore infecté plus de 17 travailleurs (des retraits ont été faits par mesure de précaution), le personnel en place a été dans l’obligation de se redistribuer 81 des 768 quarts de travail. Depuis, le nombre d’employés infectés augmente chaque jour et le temps supplémentaire obligatoire est toujours utilisé pour maintenir les services.

Dans les trois catégories affectées directement aux soins, ce sont les préposés aux bénéficiaires qui ont eu à absorber la charge supplémentaire la plus importante. Ils ont un déficit de 64 quarts de travail sur 406. Les infirmières accusent huit quarts sur 164 et les auxiliaires neuf sur 198. Évidemment, ce sont les trois membres de l’équipe de soins qui se partagent cette charge additionnelle. Il sera intéressant de vérifier les prochaines statistiques du CIUSSS concernant les quarts de travail à découvert et non comblés.

Effectifs

En situation normale, le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean compte au sein de son personnel 2333 infirmières, 689 infirmières-auxiliaires, 1056 préposés aux bénéficiaires, 151 auxiliaires familiales et plus ou moins 140 inhalothérapeutes. Selon les données inscrites dans le permis du CIUSSS, il y a en ce moment 1143 lits en CHSLD et 789 lits pour les autres disciplines médicales, dont 563 en santé physique. Il faut préciser qu’un certain nombre de détentrices de postes d’infirmières travaillent dans des services où il n’y a pas d’hospitalisation.

Pour ce réseau de CHSLD, il compte en situation normale sur 148 infirmières, 191 infirmières auxiliaires et 571 préposés aux bénéficiaires pour dispenser des services 24 heures par jour, 7 jours par semaine, à 1143 personnes âgées qui ont obtenu une place car elles nécessitaient plus de trois heures de soins par jour. En tout, ce sont donc 910 personnes qui composent l’armée de bras pour les CHSLD, c’est-à-dire moins d’une personne par résident pour lui donner plus de trois heures de soins par jour en permanence.

La répartition du travail est encore plus lourde que ce que présentent ces chiffres, si l’on considère les vacances, les personnes en congé de maladie et autres absences. Dans l’entrevue qu’elle accordait au Quotidien cette semaine, la présidente et directrice générale Julie Labbé confirmait l’embauche de 200 préposés aux bénéficiaires uniquement pour les CHSLD. C’est donc dire que ceux en poste en ce moment doivent se répartir la charge de travail de 200 autres préposés.

Tombés au combat

Depuis le début de la pandémie, le CIUSSS a dû retirer 23 personnes (tous titres d’emplois confondus), qui souffraient de maladies chroniques. Il faut ajouter 75 femmes enceintes que l’on retrouve en général dans le nursing et chez les préposées aux bénéficiaires. En plus, le CIUSSS a procédé depuis le début de la crise au retrait de 220 membres du personnel à titre préventif COVID, ou en attente de résultat jusqu’au 15 avril.

La CIUSSS n’a d’autre part pas comptabilisé le nombre de personnes qui ont signifié ne pas vouloir travailler dans un milieu COVID positif.

Il a compté sur des renforts, car 85 retraités ont répondu à l’appel dont 50 infirmières, 19 préposées aux bénéficiaires et sept infirmières-auxiliaires. Mais ceux-ci n’ont toutefois pas comblé les retraits d’employés pour différentes raisons, dont le coronavirus.

Le Quotidien avait d’autre part demandé au CIUSSS le nombre de gestionnaires détenant des permis d’un ordre professionnel (infirmières, infimières-auxiliaires ou inhalothérapeutes), qui auraient pu venir en renfort sur le terrain. Le CIUSSS n’a pas été en mesure de fournir cette information.