Les hommes ont souvent la tendance à se croire invincibles et hésitent à demander de l’aide.
Les hommes ont souvent la tendance à se croire invincibles et hésitent à demander de l’aide.

COVID-19: Hey les hommes, comment allez-vous?

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
La pandémie de COVID-19 a changé la routine de plusieurs d’entre nous et chacun s’adapte à sa façon, du mieux qu’il le peut. Par contre, les différences entre les hommes et les femmes sont connues depuis toujours et quelques organismes se donnent comme mission de répondre spécifiquement aux besoins des uns ou des autres. Tel est le cas pour le Centre de Ressources pour Hommes Optimum Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme généraliste d’aide psychosociale en santé et bien-être des hommes.

Questionné par Le Quotidien, le directeur de l’organisme, Sébastien Ouellet, croit que les hommes ne réagissent pas de la même manière que les femmes en ces temps de crise.

«Un des enjeux présentement est en lien avec les demandes d’aide des hommes. Comme les hommes ont de la misère à demander de l’aide, en particulier lorsqu’ils évoluent selon un modèle de masculinité traditionnelle, dans le rôle de pourvoyeur, ils n’auront pas le réflexe de dire qu’ils vivent des difficultés et qu’ils ont besoin d’aide.»

Le directeur du CRH Optimum, Sébastien Ouellet croit que les hommes ne réagissent pas de la même manière que les femmes en ces temps de crise.

Pour le responsable du CRH Optimum, cette façon d’agir des hommes fait en sorte que le portrait actuel ne représente pas fidèlement la détresse que peuvent ressentir certains hommes en ce moment.

«Souvent dans de telles situations, on va mesurer les besoins après. Par exemple, on va constater que les situations problématiques, soit aux niveaux conjugal, légal ou familial, auront augmenté et que les hommes demanderont de l’aide parce qu’il y aura des problématiques qui auront amplifié et qu’ils doivent maintenant vivre avec les conséquences. La demande d’aide des hommes n’est pas en amont, mais en aval, après qu’il y ait eu des problèmes. C’est un des gros enjeux.»

COVID-19

Selon lui, la pandémie de COVID-19 n’est rien pour aider actuellement les hommes qui ne travaillent plus et qui doivent rester confinés à la maison. À cela s’ajoutent à l’équation plusieurs autres facteurs de risque.

« Quand les hommes travaillent et qu’ils sont en dehors de la maison, ils côtoient des collègues avec qui ils peuvent échanger. Ils sont au contact de différentes personnes. Confinés, ils sont toujours à la même place, dans un contexte où beaucoup ont des problèmes financiers, car on sait que la majorité des ménages sont surendettés, ce qui peut ajouter des tensions dans le couple. Il y a le fait aussi que les enfants sont toujours à la maison. Si on met tout ça ensemble, on a un beau contexte pour avoir une augmentation des problématiques sociales. »

M. Ouellet mentionne que même si ce n’est pas évident de rejoindre les hommes, son équipe d’intervenants dispose de plusieurs alternatives et son organisme est encore 100 % actif et disponible.

Outre les enjeux financiers et familiaux, le confinement prolongé peut affecter tant la santé physique que mentale chez les hommes.

« Il y a les médias traditionnels et le numérique comme Facebook. C’est de rejoindre les hommes en faisant de la promotion (…) Les gens peuvent nous écrire via notre site Web ou notre page Facebook, par téléphone et même par vidéoconférence. On est aussi en train de mettre en place des groupes d’entraide pour que les hommes puissent jaser entre eux en vidéoconférence pour ventiler et se comprendre. L’important est d’éviter que la situation dégénère. »

Santé physique et mentale

Outre les enjeux financiers et familiaux, Sébastien Ouellet estime que le confinement prolongé peut affecter tant la santé physique que mentale chez les hommes.

«Le fait d’être confiné une longue période peut affecter la santé mentale. Il y a beaucoup de personnes qui équilibrent leur santé mentale par de l’activité physique. Ces jours-ci, beaucoup de gens ont perdu leurs hobbies et activités habituelles. Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise de s’entraîner à la maison. Tout ça mis ensemble, ça fait qu’il y a beaucoup de facteurs de protection qui viennent de partir et les facteurs de risque sont en augmentation.»

Selon lui, trop d’hommes se mettent une pression qui nuit à leur gestion des problèmes. «La difficulté que l’on a en tant qu’homme, c’est de se dire que l’on est capable, fort et que l’on va s’en sortir par soi-même (…), ce n’est pas de démontrer de la faiblesse, mais d’accepter que l’on a une vulnérabilité et de prendre les meilleures solutions pour s’en sortir au lieu de devoir gérer les problèmes en plus des conséquences des problèmes mal gérés.»

Le mot de la fin revient à Charles Dubé, intervenant au Centre Optimum et au Centre de prévention du suicide 02. «Si tu as besoin de parler, fais-le, ça fait du bien.»

RESSOURCES

• Pour rejoindre le Centre de Ressources pour Hommes Optimum Saguenay-Lac-Saint-Jean: 1 (877) 276-5802 
• Si vous avez besoin d’aide pour vous ou pour un de vos proches, contactez le 1 (866) APPELLE 
• Au Saguenay, les hommes peuvent aussi faire appel à l’Association canadienne pour la santé mentale Saguenay: (418) 549-0765