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Jean-Marc Bélisle, copropriétaire de la compagnie de taxis à Dolbeau-Mistasini.
Jean-Marc Bélisle, copropriétaire de la compagnie de taxis à Dolbeau-Mistasini.

Couvre-feu dans Maria-Chapdelaine: taxis et transport en commun collaborent

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
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L’industrie du taxi a déjà connu des jours meilleurs. Parlez-en à Jean-Marc Bélisle, qui possède avec sa conjointe Isabelle Landry une flotte de sept taxis à Dolbeau-Mistassini. Depuis l’instauration du couvre-feu, seulement deux véhicules sont toujours en opération.

Pour diminuer les impacts négatifs sur les finances de son entreprise, Jean-Marc Bélisle n’a eu d’autre choix que de mettre en place une interruption de service entre 22h et 5h.

« On réussit à survivre. Avec le couvre-feu, on n’a pas eu le choix de couper des heures. De toute façon, les nuits étaient déjà pas mal tranquilles avec tous les bars fermés. »

Seule exception, il demeure disponible en tout temps afin de collaborer avec les systèmes d’urgence, dont les policiers et les services hospitaliers.

Au cours des derniers mois, il a vu la demande diminuer significativement. « Avant la COVID-19, on virait à trois et même quatre taxis. Ces jours-ci, on fait tout ça avec juste deux voitures. »

Avec la pandémie qui perdure depuis plusieurs mois, l’entrepreneur ne cache pas ses inquiétudes, même s’il demeure optimiste quant à l’avenir de sa compagnie.

« C’est certain que l’on est inquiet. On a des termes à payer, mais je ne suis pas du genre à me rouler en boule dans un coin! Je vais essayer de conserver ce que j’ai le plus longtemps possible », avoue-t-il, lui qui avait racheté l’entreprise de taxis il y a bientôt six ans.

Lorsque Le Quotidien l’a contacté mardi matin, il assurait lui-même la répartition des appels en plus de devoir conduire le taxi, coupes budgétaires obligent ! Malgré les coupures de quelques postes, il reste confiant de pouvoir combler ses besoins futurs en main-d’oeuvre.

« J’ai réussi à garder quelques employés, car j’ai la chance de compter sur des messieurs qui n’ont pas besoin de faire 40 heures par semaine et qui font ça pour s’amuser un peu. »

Pour l’aider à passer au travers de la tempête, il avoue posséder une autre carte cachée dans sa manche : sa famille.

« Je suis chanceux, car j’ai mes enfants qui m’aident. C’est surtout à cause que l’on est familial que l’on n’est pas encore à terre ! C’est grâce aux membres de ma famille. »

Quelques centaines de dollars par taxi ont été dépensés afin d’installer les panneaux de plexiglass.

Taxibus

Jean-Marc Bélisle admet également pouvoir survivre grâce aux revenus provenant du projet Taxibus, qui est une offre de transport collectif développée par l’organisme Maria Express. « On réussit quand même à fonctionner dans le jour à cause de ça. »

Le Taxibus ressemble à un service traditionnel de transport en commun, mais utilise plutôt des voitures taxis.

Maria Express

Directrice générale de l’organisme Maria Express, Bienka Corneau admet que les dernières mesures mises en place par le gouvernement provincial ont eu des répercussions sur son offre de services.

« Ç’a un impact pour les travailleurs qui utilisent nos services. Passé une certaine heure, je ne peux plus aller les chercher, car il n’y a plus de taxis », explique-t-elle, admettant du même souffle comprendre la décision d’affaires de la compagnie de taxis de réduire ses heures d’opération.

Comme la situation de la COVID-19 demeure critique pour l’instant dans la MRC, la gestionnaire avoue être inquiète.

« C’est plus compliqué présentement, mais on est chanceux, car Jean-Marc Bélisle a continué de collaborer avec nous (…) grâce aux subventions du ministère des Transports, ça nous permet de maintenir le service Taxibus en fonction. On essaie de rester positif dans tout ça en se disant que les beaux jours vont finir par revenir ! »

Le territoire de la MRC de Maria-Chapdelaine est vaste, ce qui force l’organisme à faire preuve de créativité afin de desservir la clientèle rurale.

« Présentement, on fait du transport collectif avec notre service de transport adapté, car le véhicule se promène pas mal dans toutes les municipalités de la MRC », explique-t-elle.

Elle sait que ce n’est pas la solution idéale, mais mentionne n’avoir d’autre choix que de « se réinventer ».

Par ailleurs, le développement de l’offre de service pour le secteur de Normandin est toujours d’actualité. Le projet devrait voir le jour d’ici le printemps prochain.

« On veut instaurer un système semblable à celui développé pour Dolbeau-Mistassini. On veut une navette qui fera le trajet trois fois par jour entre Normandin, Albanel et Dolbdeau-Mistassini pour aider les travailleurs à se déplacer d’une ville à l’autre. »