Les jeunes aiment courir à l’école Notre-Dame-du-Sourire. Mercredi, ils recevaient le criminaliste Charles Cantin et l’entrepreneur Éric Larouche, venus leur parler de sport et de persévérance. À droite, on reconnaît l’éducatrice spécialisée Myriam Harvey, qui a lancé le club de course à l’école.

Courir pour vaincre le TDAH

Le club de course de l’école Notre-Dame-du-Sourire d’Arvida, lancé l’an dernier, a fait des petits. De plus en plus d’enfants de la première à la sixième année du primaire s’adonnent maintenant à la course à pied, le matin, avant le début des classes. Évacuer le trop-plein d’énergie des enfants qui grouillent un peu plus que les autres est la mission que s’était lancée l’éducatrice spécialisée Myriam Harvey.

Chaque matin, ou presque, une vingtaine d’élèves attendent l’éducatrice Myriam Harvey sur le terrain de l’école. Les enfants ont été ciblés par leur enseignant respectif. « On parle d’enfants qui souffrent d’un TDAH (trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), qui ont des difficultés de concentration ou qui sont plus énergiques que d’autres. Nous en avons maintenant une vingtaine qui courrent près de deux kilomètres chaque matin, même l’hiver. Après un an, nous voyons vraiment des effets bénéfiques, les professeurs nous en parlent », explique Myriam Harvey, qui souhaitait mettre sur pied un programme permettant aux enfants d’être plus performants sur les bancs d’école grâce à l’activité physique.

« Dans le cadre qu’est l’école en général, ce sont toujours les mêmes qui sont punis. Nous les reconnaissons dès le début de l’année scolaire. Nous savons lesquels n’auront pas droit aux activités de récompense, par exemple », ajoute sa collègue Élisabeth Hardy, également éducatrice spécialisée à l’école primaire d’Arvida.

« Ce ne sont pas de leur faute. Ils ont simplement plus de difficultés à suivre les règles, à rester tranquilles ou à se concentrer. La course leur permet d’évacuer ce trop-plein d’énergie. Souvent, lorsque je les retrouve le matin, ils ne tiennent pas en place tellement ils ont hâte de courir. Après notre vingt minutes de jogging, ils sont beaucoup plus calmes et aptes à écouter en classe », note Myriam Harvey.

Les élèves étaient fascinés par le récit de l’avocat Charles Cantin.

« J’adore courir », lance un jeune garçon, essoufflé après son jogging matinal.

Course pour l’enfance et la jeunesse

Myriam Harvey aimerait que les jeunes coureurs puissent participer à un événement sportif d’ici la fin de l’année, afin de célébrer tous ces efforts. Mais motiver et réussir à impliquer le personnel et les parents ne sont pas toujours des tâches faciles.

« C’est certain que lorsqu’on propose des choses qui sortent un peu de l’ordinaire. Ça dérange. J’espère tout de même convaincre assez de gens pour qu’on puisse participer à une course », souligne Myriam Harvey, qui a pensé à la Course pour l’enfance et la jeunesse, qui se tient le 11 mai, sur les terrains du centre jeunesse de Chicoutimi. Cette course vise à amasser des sous pour la Fondation pour l’enfance et la jeunesse, qui vient en aide aux jeunes vivant dans un centre jeunesse ou dans une famille d’accueil.

Le président d’honneur de la course, Éric Larouche, s’était d’ailleurs déplacé à l’école, mercredi dernier, afin d’encourager les petits à parler de l’événement à leurs parents.

« Il n’y a pas de mauvais moments pour commencer à faire du sport. J’ai moi-même commencé à 40 ans et j’ai réalisé cinq Ironman. Il ne faut pas lâcher ! », a lancé l’entrepreneur.

Et lorsqu’il a demandé aux jeunes s’ils aimaient courir, une centaine de petites mains se sont levées en même temps.

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Me CANTIN L'AVENTURIER

Le criminaliste Charles Cantin avait troqué la toge pour les bottes de marche, mercredi, lorsqu’il a rencontré les élèves de l’école Notre-Dame-du-Sourire. Il n’était pas là pour parler de son métier d’avocat, mais plutôt de celui de grimpeur de montagnes. 

Charles Cantin s’entraîne en vue de l’ascension du mont Elbrouz, le plus haut sommet d’Europe. Il sera accompagné de son collègue Julien Boulianne et de leur ami Richard Morin. Visiblement, les enfants réunis dans le gymnase de l’école étaient captivés par les récits d’aventurier de Charles Cantin, qui a gravi le Kilimandjaro en 2017. Ces deux aventures sont organisées pour amasser de l’argent pour la Fondation pour l’enfance et la jeunesse, une cause qui tient à coeur au criminaliste. «Lorsque j’étais petit, je n’aimais pas l’école. J’étais, et je le suis encore, asthmatique, et j’avais probablement un TDAH», a lancé Me Cantin. 

«Moi aussi!», s’est vite empressé de répondre un jeune garçon. 

Me Cantin a profité de son passage devant les élèves pour les encourager à persévérer, à travailler en équipe et à gravir les étapes, une à la fois. Les élèves avaient une foule de questions pour le criminaliste, notamment s’il avait déjà été emporté par une avalanche, s’il se pouvait que l’Elbrouz, qui est un volcan, soit en éruption lorsqu’il y sera, et s’il y avait un autre moyen que la marche pour arriver au sommet. «On peut y aller en motoneige aussi!», a répondu Me Cantin, qui s’entraîne au mont Fortin plusieurs heures par semaine. 

Les 5 642 mètres de l’Elbrouz, situé en Russie, seront gravis par le criminaliste et ses comparses du 3 au 11 juin. 

D’ici là, les petits de l’école Notre-Dame-du-Sourire grimpent également leur montagne imaginaire, pensée comme programme d’encadrement. En équipe, ils amassent des petits drapeaux verts lorsqu’ils ont un bon comportement. La classe qui arrivera au sommet avec le plus de drapeaux aura droit à une activité-privilège à la fin de l’année.