Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a tenu une conférence de presse avec Dany Bolduc, président du Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec, section locale SCFP 1500, afin de dénoncer le licenciement de 30% des employés temporaires de la région.
Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a tenu une conférence de presse avec Dany Bolduc, président du Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec, section locale SCFP 1500, afin de dénoncer le licenciement de 30% des employés temporaires de la région.

Coupes chez Hydro-Québec: 30 % des employés temporaires licenciés

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Hydro-Québec procédera au licenciement d’un peu plus de 30 % de ses électriciens, monteurs de ligne et ouvriers civils qui possèdent un statut d’emploi temporaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean avant la fin de l’année. Le syndicat qui les représente croit que l’expertise développée par ces employés sera perdue si rien n’est fait.

Dany Bolduc, président du Syndicat des employés de métiers d’Hydro-Québec, section locale SCFP 1500, affirme que ces licenciements auront des conséquences concrètes sur les clients de la société d’État. Pendant la saison hivernale, il y aura moins d’effectifs sur le terrain et les délais pour procéder à des réparations du réseau seront nécessairement plus longs.

« Au lieu de les licencier, il faut les faire passer à une permanence. La charge de travail est là. [...] Je ne crois pas que pendant le temps des Fêtes, il y aura moins de pannes, moins d’accidents, mais il va y avoir moins de monde pour y répondre », raconte M. Bolduc, qui croit que les employés restants seront trop sollicités.

« Dans notre convention collective, il y a des gens de garde. Mais ces gens-là, ils sont humains. Ils ont des limites et ils ont le droit de côtoyer leur famille », ajoute M. Bolduc.

Les employés temporaires licenciés demeurent sur une liste d’appel prioritaire pendant deux ans.

Du côté d’Hydro-Québec, le porte-parole Louis-Olivier Batty assure que la société d’État conserve un nombre d’employés suffisant pour entretenir le réseau et faire face aux intempéries. Il précise que ces mises à pied à la fin de l’année constituent des pratiques de saine gestion.

« Nous ne pouvons pas payer 100 % du salaire d’un employé qui ne travaille pas 100 % du temps », indique M. Batty. Habituellement, indique-t-il, il est possible de faire travailler les monteurs de ligne avec un statut temporaire pendant l’hiver, mais une mésentente avec le syndicat cette année a fait grimper le nombre de licenciements pour ce corps de métier.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui accompagnait M. Bolduc lors de la conférence de presse tenue mercredi, craint que l’on ne fasse davantage appel à la sous-traitance. Cette situation est inacceptable, selon lui. « S’il arrive des pannes en plein mois de janvier, et qu’il faut remettre l’électricité pour faire fonctionner les chauffages dans les maisons, il va se passer quoi ? De la sous-traitance », dénonce-t-il.

Permanence à Montréal

Hydro-Québec a créé une cinquantaine de postes permanents, presque uniquement dans la région de Montréal. Dany Bolduc déplore que les meilleurs emplois se concentrent dans la métropole.

« Si une personne veut sortir de la précarité, c’est quoi son choix ? », demande M. Bolduc, sous-entendant que la seule avenue possible pour ces travailleurs est de s’expatrier.

Sylvain Gaudreault abonde dans le même sens. Le député de Jonquière voudrait qu’Hydro-Québec joue son rôle de leader en économie verte et crée des emplois de qualité en région.

« L’électricité ne vient pas des murs. Elle vient des rivières et des ressources naturelles [qui se trouvent] dans nos régions et qui passent par des lignes qui traversent le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce que je constate, chez Hydro-Québec, c’est un éloignement des régions », ajoute-t-il.

Hydro-Québec rappelle qu’elle crée des postes permanents là où les besoins sont les plus criants, et que la création d’emploi en région demeure une de ses priorités.