Coupe de la STS dans le transport adapté: 50% moins de participants à la discothèque des personnes handicapées

Si la discothèque des personnes handicapées a déjà atteint jusqu’à une centaine de participants, elle n’en compte qu’une cinquantaine, depuis deux semaines. À la suite de l’annulation de certains services de transport adapté de la Société de transport du Saguenay (STS), plusieurs danseurs manquaient à l’appel pour une deuxième semaine consécutive, vendredi soir, au centre communautaire Saint-Raphaël, à Jonquière.

Plusieurs des participants présents à l’activité n’en revenaient toujours pas que le service de transport adapté ne se fasse plus le vendredi soir. Parents, taxis, ils ont tous dû trouver une solution pour se déplacer à leur activité préférée.

Pour Joanie Boivin-Côté, qui utilise une chaise roulante pour se déplacer, l’option du taxi adapté était la meilleure option, mais pas la moins dispendieuse. C’est son amoureux, Patrice Fortin, qui a dû débourser une trentaine de dollars afin de s’assurer que le couple puisse profiter de l’activité. « Ça m’a fait plaisir de payer et nous allons sûrement continuer à le faire toutes les semaines, on ne veut pas la manquer. Mais c’est sûr qu’on aimerait que le transport adapté revienne », a-t-il commenté lors du passage du Progrès. Sa conjointe ne peut pas prendre le transport de ville et préfère payer un peu plus pour se rendre à la soirée sécuritairement.

Cette pensée était partagée par plusieurs et semblait être un point important des conversations. Si certains parents appréciaient transporter leur enfant pour la soirée, d’autres ne profitaient pas de cette chance. « Ce n’est pas tout le monde qui a des parents qui les aident ou qui peuvent embarquer dans les autobus de ville. On n’est pas tous équipés pour ça ! », s’est attristé Philippe Brassard, qui remarquait lui aussi une baisse d’achalandage importante pour l’événement.

Les organisateurs inquiets

Les employés de l’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées (APDPH) semblaient eux aussi préoccupés par l’annonce faite par la STS, la semaine dernière. L’activité de la discothèque n’est pas la seule touchée par ces changements qui sont dus à un manque de personnel.

« Depuis l’annonce de la diminution des services, qui a été faite la semaine dernière, nous avons vu une baisse d’environ 50 % de nos participants, ça n’a pas été long. C’est sûr que les gens qui prennent le transport adapté, peu importe leur condition, que ce soit en fauteuil ou non, c’est parce qu’ils en ont besoin », a souligné la directrice générale, Karine Boisvert, lors d’un entretien téléphonique avec Le Progrès. Selon elle, pour certains, c’est leur seule sortie de la semaine, ce qui provoque de la colère, et ce qu’elle comprend parfaitement.

Même s’il comprend que les membres de l’APDPH devront changer leur routine, Louis-Gabriel Ratthé, un intervenant de l’APDPH, était content de voir plusieurs danseurs au rendez-vous. Il a précisé : « Pour l’instant, l’objectif de l’APDPH est de maintenir ses activités, on veut à tout prix continuer. »

La discothèque pour les personnes handicapées de l’APDPH est un moment unique pour rencontrer de nouvelles personnes.

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UN INCONTOURNABLE POUR LES MEMBRES

Musique, fous rires, jeux, boissons, nourriture ; la discothèque de l’Association pour la promotion des personnes handicapées (APDPH) de Jonquière conquiert le cœur de ses adeptes depuis plus d’une dizaine d’années. Chaque vendredi, ils profitent de cette activité idéale pour parler et rencontrer de nouvelles personnes, tout en s’amusant.

Au passage du Progrès, en début de soirée, vendredi, il y avait près d’une quarantaine de personnes réunies au local de l’APDPH, dans le centre communautaire Saint-Raphaël. Si certains avaient pris possession de la piste de danse, d’autres profitaient des chaises et des tables pour bavarder avec leurs amis. 

Ce qui est frappant en entrant dans la salle, c’est que tous les invités se connaissent et ils sont heureux de se voir. Certains participent à l’activité depuis plus de 10 ans. 

« C’est le moment où ils peuvent avoir du plaisir en chantant et en dansant. Ils savent que les gens vont les respecter, ils savent qu’ils ne seront pas jugés. Ils sont bien ensemble, ils se connaissent tous et c’est leur lieu de rassemblement », a expliqué Louis-Gabriel Ratthé, un intervenant de l’APDPH qui tenait le rôle de responsable de l’événement, rencontré par Le Progrès dans la soirée.

Selon la directrice générale de l’APDPH, Karine Boisvert, la discothèque du vendredi de l’APDPH est l’événement à ne pas manquer pour la plupart des membres de l’organisation. « On veut faire des activités pour qu’ils puissent avoir une vie comme les autres. Pour plusieurs, ça leur permet de sortir de leur isolement, de se faire des amis. Il y a même des couples qui se forment ! », s’est-elle réjouie, dans un entretien téléphonique.

Des habitués comblés

Joanie Boivin-Côté n’a peut-être pas rencontré son amoureux à la discothèque, mais elle profite maintenant de tous les vendredis pour danser avec lui. Celle qui adore la musique a partagé au Progrès qu’elle venait à ses soirées depuis plus de 10 ans et que l’événement lui a permis de connaître une foule de personnes qui sont aujourd’hui ses amis.

Pour sa part, Philippe Brassard, un autre membre de l’APDPH, vient à la soirée pour passer du bon temps avec sa gang. « On a vraiment du fun ensemble, on s’éclate ! », a-t-il ajouté, très heureux de participer à l’événement. Il participe lui aussi à l’activité depuis plus de 10 ans.

Philippe Brassard (à droite) profitait de la soirée avec Claude Bouchard.