«Oui, on va travailler à sauvegarder le caribou forestier parce que c’est important, mais il n’est pas question de sacrifier des jobs en foresterie!» a lancé le premier ministre Philippe Couillard au congrès annuel du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Couillard se fait des amis dans l’industrie forestière

À l’aube des élections provinciales, le premier ministre Philippe Couillard s’est fait des amis dans le monde forestier jeudi en annonçant entre autres que la préservation du caribou forestier ne se ferait pas au détriment de l’industrie forestière.

Le premier ministre était invité à prendre la parole au congrès annuel du Conseil de l’industrie forestière du Québec. Vers la fin de son discours, il a abordé le dossier du caribou forestier, une espèce vulnérable dont il ne subsiste qu’entre 6000 et 12 000 représentants au Québec et dont le déclin est attribué en partie à l’industrie forestière par certains groupes environnementaux.

Emplois

«Oui, on va travailler à sauvegarder le caribou forestier parce que c’est important, mais il n’est pas question de sacrifier des jobs en foresterie!» a-t-il lancé, provoquant des applaudissements nourris de l’auditoire.

«Les travailleurs [forestiers] et leurs familles, eux aussi sont sous pression et ont besoin qu’on les aide», a ajouté le premier ministre, promettant une approche «crédible et pondérée» dans l’aménagement de l’habitat du caribou forestier.

M. Couillard, qui a rappelé que l’industrie forestière représentait 60 000 emplois, 15 milliards $ de revenus annuels et 2 % du produit intérieur brut, en a ajouté en racontant une anecdote survenue lors d’un voyage à New York. 

«On m’avait demandé quand est-ce que le Québec arrêterait d’exploiter la forêt boréale», raconte-t-il. «J’avais répondu : Never...» a-t-il laissé tomber.

Un cadeau

Le premier ministre avait aussi un cadeau pour l’industrie, annonçant que son gouvernement doublerait son investissement dans la campagne «Une forêt de possibilités», un mouvement de mobilisation en faveur de la forêt québécoise et de son potentiel.

«Nous y injecterons 3 millions $ de plus», a juré M. Couillard. Le gouvernement libéral avait déjà versé 2,7 millions $ dans cette campagne qui avait vu le jour à la fin de 2016. 

Le pdg du Conseil de l’industrie forestière, l’ex-député conservateur de Roberval Denis Lebel, a d’ailleurs salué cette annonce du premier ministre.

«Quand vous dites quelque chose, vous le faites, vous livrez», a lancé à l’adresse du premier ministre celui qui a déjà été pressenti par certains comme candidat potentiel pour le Parti libéral du Québec lors de la prochaine campagne électorale.

«"Une forêt de possibilités", c’est maintenant une soixantaine de personnes qui travaillent pour redorer l’image de la forêt. Le premier ministre s’est engagé pour nous, on va le faire aussi», a conclu M. Lebel.