Denis Trottier, Jean-Marie Claveau, Sylvain Gaudreault, Stéphane Bédard et Alexandre Cloutier représentent le Parti québécois.

Couillard devra convaincre les électeurs de la CAQ

Le chef libéral Philippe Couillard devra convaincre les électeurs de la région de tourner le dos à la Coalition avenir Québec (CAQ) pour espérer repositionner solidement sa formation politique, puisque les libéraux ont terminé au troisième rang lors des dernières élections générales dans cinq circonscriptions, pendant que les péquistes consolidaient ou reconstruisaient les solides majorités des années 1990.
Le survol du comportement des électeurs de la région depuis les élections générales du 26 mars 2007 permet de constater la montée de la défunte ADQ devenue la CAQ de François Legault, l'effondrement du vote libéral associé à l'usure du pouvoir et la reconstruction du vote péquiste ou souverainiste. Des éléments qui démontrent que dans tous les comtés, incluant Roberval, les candidats libéraux devront redoubler d'ardeur pour espérer obtenir une victoire.
C'est définitivement lors du scrutin général de 2007 que le Parti Québécois a atteint le fond du baril au sein de l'électorat régional, alors qu'Alexandre Cloutier a été le seul député souverainiste de la région à se maintenir au-dessus de la barre des 40% avec 46% des suffrages, mais tout de même 10 points sous le score normal de 55% dans cette circonscription qui a déjà compté sur 4000 membres en règle. Une situation qui a duré le temps d'une rose puisque le PQ est retourné à ses succès habituels au scrutin de décembre 2008.
Dans cette circonscription, le vote libéral s'est effondré pour passer de 30% en 2007 à 16 ,5% lors du scrutin de 2012 derrière le candidat Michel Simard de l'ADQ. Même le populaire docteur Yves Bolduc n'a pas réussi à percer le plafond de 30% des suffrages lors du vote de 2007.
Chicoutimi
Aux scrutins de mars 2007 et décembre 2008, Jean Charest a mis toute la gomme pour déloger Stéphane Bédard et le Parti québécois de Chicoutimi. C'est le candidat André Harvey qui a été le plus menaçant en 2007 alors qu'il est venu à 1046 voix de ravir le comté, ce qui aurait constitué une première pour les libéraux depuis 1935. Le député péquiste a alors obtenu 39% des suffrages.
L'élection de décembre 2008 a permis à Stéphane Bédard de grimper à 45% des votes exprimés. Le PLQ avait toujours la volonté de ravir la circonscription avec Joane Simard qui a tout de même réussi un meilleur pourcentage que son prédécesseur André Harvey. Mais la majorité de Stéphane Bédard a augmenté à 1282 voix.
Le jeu de la division du vote entre adéquistes et libéraux s'est opéré lors du scrutin général de septembre 2012. Un phénomène qui aura été néfaste pour la formation dirigée alors par Jean Charest, alors que le candidat Carol Néron a terminé au troisième rang avec 22% des voix. Il s'agissait d'une troisième position derrière la candidate adéquiste Alix Boivin qui était une totale inconnue du grand public et qui a tout de même réussi à récolter 25% des votes exprimés. Cette division des votes a permis au député sortant de finir la soirée électorale avec une confortable majorité de 6907 votes.
Jonquière
Dans Jonquière, l'actuel ministre des Affaires municipales et des Transports, Sylvain Gaudreault, semble bien en selle alors qu'il a remporté le dernier scrutin par une majorité significative de 7889 votes devant le caquiste Pierre-Olivier Simard et la libérale Martine Girard qui jouissait d'un appui inconditionnel de la machine politique du maire Jean Tremblay. Pour le Parti québécois, ce scrutin confirmait la reconstruction de l'organisation entreprise lors du scrutin de 2007.
Contre toute attente, Sylvain Gaudreault avait alors réussi à déloger la ministre déléguée au Tourisme, Françoise Gauthier, au terme d'une très chaude lutte. Sylvain Gaudreault accédait à l'Assemblée nationale avec une majorité de 1275 votes. Lors du scrutin de 2008, l'équipe péquiste est parvenue à doubler la majorité alors que le PLQ comptait une première fois sur Martine Girard pour tenter de reprendre le comté. Cette dernière a finalement terminé au troisième rang derrière le candidat caquiste Pierre-Olivier Simard. Encore une fois, la division du vote entre la CAQ et le PLQ a facilité les choses pour le Parti québécois.
Roberval
Le compté Roberval est celui qui attire l'attention dans le cadre de cette élection en raison de la candidature du chef du PLQ Philippe Couillard. La victoire n'est pas acquise pour le chef libéral puisque son adversaire péquiste a lui-même réussi à reprendre le comté au député Karl Blackburn qui pouvait compter sur la carte du pouvoir. Lors du scrutin de 2007, Denis Trottier a complété la soirée électorale avec une confortable avance de 2365 votes sur le député libéral sortant avec un petit coup de main de la CAQ qui avait tout de même franchi le cap des 20% des suffrages.
Le PLQ croyait bien avoir trouvé la carte maîtresse pour reprendre le comté avec le maire de Dolbeau-Mistassini Georges Simard. Ce dernier a mordu la poussière à deux reprises dont 2012, où Denis Trottier parvenait à constituer une majorité de 5912 votes. Le comté de Roberval a toujours été historiquement «prenable» pour le PLQ. Denis Trottier jouit d'appuis très solides dans le secteur Dolbeau-Mistassini alors que le PLQ compte principalement sur le secteur de Roberval.
Dubuc
Dans le comté Dubuc, le candidat libéral Serge Simard devra compter sur un transfert massif des votes des partisans de la CAQ pour espérer coiffer à la ligne le député sortant Jean-Marie Claveau. Lors du scrutin de 2008, le caquiste Robert Émond avait obtenu juste assez de votes pour lui permettre de l'emporter par 424 votes sur le candidat péquiste parachuté de Chicoutimi, André Michaud. À l'élection de 2007, la performance de l'adéquiste Robert Émond avait relégué au troisième rang le candidat libéral Johny Simard, permettant au péquiste sortant Jacques Côté de conserver son siège, mais avait fait fondre les appuis traditionnels péquistes sous la barre des 40%.
Avant de tomber aux mains du PLQ en 2008, le comté Dubuc a été une forteresse péquiste imprenable pendant 32 ans. Lors du dernier scrutin, le préfet de la MRC du Fjord, Jean-Marie Claveau, a réussi à reconstruire une confortable majorité de 4265 votes pour la formation souverainiste contre le ministre sortant Serge Simard.
La grande inconnue de cette élection est la CAQ. Elle ne semble pas disposer d'organisation sur le terrain et il n'y a encore aucun candidat connu annoncé. La formation a déjà perdu une journée complète de campagne dans la région avec cette absence.
Quant à Québec solidaire et Option nationale, les deux formations n'ont jamais dépassé les 5% d'appuis lors du dernier scrutin. Les appuis à ces deux formations n'auront donc pas d'impact sur le résultat de l'élection.