Sylvain Gaudreault

Couillard appelé à réagir face aux décisions de Rio Tinto

Sylvain Gaudreault juge que l'intervention du premier ministre Philippe Couillard est devenue nécessaire face aux décisions de Rio Tinto. Ces dernières ont des conséquences graves sur l'économie régionale, avance le député de Jonquière, alors que l'entente de continuité tire à sa fin et que la multinationale tarde à concrétiser ses engagements.
« Depuis le début de l'année, trouvez-moi une déclaration du premier ministre Philippe Couillard sur la situation économique dans la région. Aujourd'hui, nul autre que lui ne peut intervenir auprès de Rio Tinto afin de faire le bilan de l'entente de continuité et des engagements de l'entreprise pour des investissements », indique le député qui a aussi pris bonne note des autres nuages gris qui s'accumulent sur la région avec des compressions de 750 M $ dans la division Atlantique de Rio Tinto.
Les annonces faites aux travailleurs de l'aluminerie de La Baie ont un caractère assez particulier pour Sylvain Gaudreault. On demande à des travailleurs qui n'ont pas de syndicat pour les représenter de faire un choix entre les avantages reliés à leur emploi ou le maintien d'un certain nombre d'emplois.
« C'est quand même une décision grave puisque ces travailleurs ont une vie en fonction des conditions de travail qu'ils ont. Ce n'est pas facile de changer du jour au lendemain. En plus, on leur demande de faire un choix entre ces avantages et des emplois », signale le député de Jonquière qui considère que dans les deux cas, c'est l'économie régionale qui souffrira de ces mesures de compression pendant que l'entreprise peut vendre pour 20 M $ d'électricité à Hydro-Québec qui nage dans les surplus énergétiques.
Le député de Jonquière regarde dans sa cour et souhaite de tout coeur que Rio Tinto procède à des annonces d'investissements à court terme. Il veut éviter une période creuse entre la fin de l'exploitation de la technologie précuite et les deux autres phases de la technologie AP60.
« Jean Simon, le patron de l'Association de l'aluminium du Canada, nous dit que nous avons perdu la bataille du volume, que l'on doit se tourner vers des marchés de niche, de l'aluminium vert. J'aimerais bien que le gouvernement du Québec saisisse le message et s'active de ce côté, mais il n'y a aucune action en ce sens. C'est inquiétant. »
Sylvain Gaudreault affirme que 2017 est une année cruciale pour des annonces si l'on tient compte du temps de construction pour la seconde phase des cuves AP60. Dans le cadre du projet pilote, Rio Tinto a mis 36 mois entre la première pelletée de terre et la mise sous tension de cuves. Une annonce en 2017 permettrait d'espérer la mise en exploitation des AP60 pour l'horizon 2020 alors que la technologie précuite atteindra la fin des permis environnementaux.