Raphaël Gaudreault souhaite implanter une nouvelle coopérative de transport, mais il estime que le projet-pilote donné à Uber lui met des bâtons dans les roues.

Coopérative de transport Eva: ils se disent bloqués par Québec

Raphaël Gaudreault et Dardan Isufi ont cofondé une coopérative de transport nommé Eva, au début de l’année 2018, mais ils sont toujours incapables de mettre en marche leur projet, puisqu’ils sont bloqués par le gouvernement.

Les deux jeunes hommes originaires respectivement de Chicoutimi et de Granby dénoncent le monopole qu’impose le projet-pilote donné à Uber par le gouvernement québécois. « Tout est prêt ! Nous avons soumis notre projet au ministère des Transports en janvier, et depuis aucun avancement », déplore Raphaël Gaudreault lors de son passage dans sa région natale. Ils étaient même prêts à accepter les mêmes conditions que ceux du projet-pilote, et pourtant, la réponse se fait toujours attendre.

Pourtant, Eva est similaire à Uber. « L’idée de base est la même. Un conducteur, un passager, l’application fait le lien », explique-t-il. Une des différences est qu’Eva est développée par des Québécois et qu’elle propose d’agir en coopérative. « Nous offrons des prix plus bas ainsi qu’une meilleure rémunération pour les conducteurs, en plus de redistribuer nos profits à travers nos membres, comme ristourne », mentionne l’homme dans la jeune vingtaine. Selon les cofondateurs, Uber n’est pas une solution viable, d’où l’idée d’opter pour une coopérative. Pour l’instant, tout le développement et la recherche qu’a faite l’équipe derrière Eva ont été faits de façon bénévole. « On sait que ça fonctionne et si on le voulait, on pourrait aller en Ontario ou aux États-Unis et commencer demain matin ! Mais on vient d’ici, c’est important pour nous de le faire ici », précise M. Gaudreault.

L’une des choses qui diffèrent le plus dans la composition de cette nouvelle coopérative, c’est l’implication du « blockchain », ou chaîne de blocs de son appellation française, dans l’équation. « Le blockchain est simple. Ça nous permet d’éviter d’avoir besoin de serveurs pour amasser les données des gens. Elles sont stockées dans un endroit virtuel, qui est immuable. Ça veut aussi dire que ça supprime la possibilité qu’on puisse vendre leurs données puisqu’elles sont hors d’atteinte, même pour nous », raconte Raphaël Gaudreault. Mais pour l’utilisation quotidienne de l’application et de ses services, rien ne change. « Quand on s’inscrit, on fait le choix d’être un membre utilisateur ou un membre conducteur. Le paiement se fait directement, et on peut rester en contact via le téléphone intelligent », ajoute Raphaël Graudreault

Eva en région
Il est dans les plans des deux entrepreneurs d’offrir le service Eva dans les régions plus éloignées des grands centres. « On vient tous les deux de villes qui ne sont pas aussi grosses que Montréal, on comprend que ce besoin existe bel et bien ailleurs aussi. » Pour l’instant, la première implantation se ferait dans la grande métropole, parce que la densité de la population va permettre de véritablement tester le système. « Mais on tient vraiment à exporter à l’extérieur des grandes villes. Il suffit d’avoir des conducteurs », conclut M. Gaudreault.