Deux jours après l’acceptation d’une nouvelle règlementation par le conseil municipal de L’Anse-Saint-Jean, la pelle mécanique de l’entrepreneur Éric Côté oeuvrait à l’installation du réseau d’aqueduc devant desservir neuf CoolBox aménagés sur le stationnement no 2 de la station de ski.
Deux jours après l’acceptation d’une nouvelle règlementation par le conseil municipal de L’Anse-Saint-Jean, la pelle mécanique de l’entrepreneur Éric Côté oeuvrait à l’installation du réseau d’aqueduc devant desservir neuf CoolBox aménagés sur le stationnement no 2 de la station de ski.

CoolBox: petites maisons, grand débat à L’Anse-Saint-Jean

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le réseau d’hôtellerie de plein air CoolBox étendra ses activités au pied du Mont-Édouard alors que le conseil municipal anjeannois a autorisé l’implantation de neuf minimaisons longeant le chemin du Refuge sur le stationnement numéro 2 de la station de ski, dans le cadre d’un projet-pilote. Le projet soulève déjà la controverse au sein de la population sur la façon dont la décision a été prise.

Lors d’une séance extraordinaire du conseil tenue lundi, les élus ont approuvé les modifications au règlement de zonage ainsi que l’autorisation de dépenses d’environ 35 000 $ pour la fourniture des services d’électricité, d’aqueduc et d’égout nécessaires au développement.

Dès mercredi matin, la pelle mécanique de l’entrepreneur Éric Côté était à l’oeuvre sur le terrain pour l’implantation du service d’aqueduc, accompagnée d’un travailleur de Construction Prospère, de Saint-Prime, associée à CoolBox.

En entrevue, le maire Lucien Martel a mentionné que l’implantation de minimaisons par CoolBox dans le cadre d’un projet-pilote vise avant tout à tester l’achalandage d’une clientèle intéressée par la location d’habitations de type refuge, comme on voit dans les sentiers haute route. Selon lui, un fort achalandage est à prévoir cet hiver puisque les refuges existants sur la montagne se sont loués avec un taux d’occupation de 80 % à l’intérieur d’une semaine.

Le nouveau secteur de location de CoolBox serait en opération également pendant l’été puisque l’entreprise a l’intention de louer ces minimaisons aux amateurs de vélos de montagne dans le cadre d’un camping-vélo.

M. Martel a mentionné que la municipalité investit aux environs de 35 000 $ dans ce projet-pilote et qu’elle s’attend de recevoir des redevances de CoolBox afin de défrayer les coûts d’implantation et d’opération.

Le maire anjeannois ne craint pas que l’ajout de minimaisons de ce type ne vienne en concurrence avec les propriétaires d’appartements de villégiature privés ayant à payer des taxes foncières à la municipalité.

« On ne croit pas que ce soit le même type de clientèle. On croit que ce serait des jeunes qui viendraient pour pratiquer du ski haute route. En plus, la literie et la vaisselle ne sont pas fournies. Je ne veux pas que ça vienne en concurrence avec l’hébergement actuel », déclare M. Martel.

Parmi les conditions à respecter pour louer un CoolBox, les locateurs devront acquérir des billets de ski au Mont-Édouard.

Selon Lucien Martel, la direction de la station veut vivre l’expérience l’hiver prochain et tirera des conclusions à partir des résultats. Lors de la séance du conseil, seul le conseiller Anicet Gagné s’est interrogé sur le fait que le projet pourrait entrer en concurrence avec les locateurs déjà en place.

Chez CoolBox, l’un des dirigeants, Jean-Sébastien Tremblay, a déclaré vouloir présenter le projet en présence du directeur de la station de ski, Frédéric Blouin, avant de présenter les détails de l’entente de partenariat intervenue entre les parties. L’entreprise possède une cinquantaine d’unités à travers la province qu’elle déménage au gré des saisons. La moitié des neuf CoolBox installés au Mont-Édouard proviennent du Parc Safari Hemingford, tandis que l’autre moitié est composée d’unités neuves.

Effet de surprise

Chose certaine, le début des travaux d’infrastructures n’est pas passé inaperçu parmi les citoyens du village alpin alors que des citoyens ont contacté Le Quotidien pour faire part de leur grande surprise devant la célérité avec laquelle le projet a démarré ainsi que le secret entourant le tout.

Selon l’un d’eux, personne n’a entendu parler de ce projet avant qu’il ne soit discuté lundi. Lors de la tenue de l’assemblée générale de la station, il y a quelques semaines, le projet n’a jamais été abordé. Il est à se demander également si le projet a été discuté au sein du comité consultatif d’urbanisme (CCU), affirme le citoyen.

Un autre s’interroge sur le processus suivi par le conseil en se demandant s’il est légal pour la municipalité de mettre à la disposition d’une entreprise privée des terrains et infrastructures publics sans avoir eu à lancer un appel d’offres public pour savoir si d’autres entrepreneurs auraient pu avoir de l’intérêt. « Il n’y a eu consultation et on arrive devant un fait accompli », conclut un citoyen sous le couvert de l’anonymat.