Jean-François Martel-Poliquin a obtenu la permission de contre-interroger les experts afin de contester le taux d'alcool.

Contre-interrogatoires des experts accordés à Martel-Poliquin

Jean-François Martel-Poliquin, accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant des lésions corporelles, obtient la permission de contre-interroger les deux experts du laboratoire médico-légal afin de contester leurs conclusions.
Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, avait refusé, en novembre dernier, au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le dépôt d'un nouveau chef d'accusation sur le taux de plus de .08.
Mercredi, à la reprise du procès de l'individu, Me Audrey Allard, de la Couronne, a demandé le dépôt des taux d'alcool enregistrés le 8 août 2013, au moment de l'accident sur la route 170 à Larouche, et qui indiquaient des taux de .130 et de .122.
« Je sais que ça va occasionner d'autres délais. »
Le juge Michel Boudreault
Malgré les objections de Me Dominic Bouchard, en défense, qui estimait que la Couronne faisait indirectement ce qu'elle ne pouvait faire directement, le juge a autorisé leur dépôt et les rapports des experts André Dion et Jacques Tremblay, du laboratoire médico-légal de Montréal, tout en précisant que c'était pour en évaluer la valeur probante. 
Tout en respectant la décision du tribunal, sans nécessairement être en accord, Me Bouchard a demandé la permission de contre-interroger les deux experts, refusant de croire aveuglément aux conclusions.
« Je veux vérifier la rigueur avec laquelle André Dion a fait son travail. Il faut savoir qu'il a été congédié pour fraude. Je veux éviter qu'un accusé soit condamné sur un travail où il y a eu un manque de rigueur. Et ce n'est pas parce qu'un autre expert confirme ces conclusions que cela a été fait correctement. La Couronne est gonflée à bloc parce qu'elle vient de gagner deux points et se dit qu'elle peut s'essayer pour un autre », soutient Me Bouchard. 
Dans sa réplique, Me Allard a fait valoir que l'expert Dion est toujours considéré comme innocent.
« De plus, la fraude n'a pas de lien avec les analyses de M. Dion. Jacques Tremblay confirme que l'alcool type utilisé et les procédures ont été faits correctement. Je ne vois pas l'utilité de mener des contre-interrogatoires », note la Couronne.
Au final, le juge Boudreault a autorisé les contre-interrogatoires des deux experts. Ils seront entendus le 7 avril. Les parties reviendront devant le juge les 12 et 13 avril pour la fin de la preuve de la défense et les plaidoiries.
« Je sais que ça va occasionner d'autres délais, mais je ne peux empêcher la défense de pouvoir mener des contre-interrogatoires », a précisé le magistrat. 
Long dossier
Le 8 août 2013, Martel-Poliquin est impliqué dans un accident de la route lors d'un dépassement. L'occupante du véhicule a dû être amputée d'une jambe.
Le dossier a été ouvert au tribunal il y a 42 mois. 
De nombreux rebondissements ont été dénombrés, dont le premier alors que l'accusé a demandé à ne pas être entendu devant le juge Boudreault. Demande rejetée par la Cour supérieure du Québec.
La Couronne a ensuite tenté d'ajouter un nouveau chef d'accusation (plus de .08), mais le juge a refusé.
La défense a demandé un arrêt des procédures pour défaut de divulgation de la preuve, une demande aussi rejetée.