L’Association de la construction du Québec a présenté à une quarantaine de personnes, mardi à Alma, le portrait de la situation quant à la pénurie de la main-d’oeuvre dans le domaine de la construction au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Construction: manque de travailleurs imminent dans certains métiers

Les conséquences découlant de la pénurie de la main-d’œuvre pourraient bien s’inviter dans certains métiers de la construction pratiqués au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les professions telles que briqueteur-maçon, mécanicien de chantier, boutefeu et foreur font face à un grand manque de travailleurs alors que l’industrie de la construction aurait besoin de 20 000 travailleurs supplémentaires au Québec.

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour le compte de l’Association de la construction du Québec.

Les représentants de l’association ont présenté, mardi à Alma, l’état de la situation propre au Saguenay-Lac-Saint-Jean en plus de soumettre quelques pistes de solution à la quarantaine de participants.

Contrairement à d’autres régions du Québec, la situation se maintient au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est plus d’une quarantaine de travailleurs qui seront manquants chaque année au cours de la prochaine décennie.

L’analyse de l’Association de la construction du Québec (ACQ) révèle l’importance d’agir afin d’éviter de se retrouver face à une crise de la main-d’œuvre pour certains métiers.

« La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean semble moins affectée par la pénurie de main-d’œuvre en construction que la région du grand Montréal ou la région de Québec, par exemple. Toutefois, lorsque l’on observe la situation à long terme, nous pouvons observer que les métiers de briqueteurs-maçons et mécaniciens de chantier risquent de frapper un mur vers 2024-2025. Dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’impact d’un manque de main-d’œuvre peut avoir des conséquences assez néfastes sur la chaîne de production des travaux », souligne l’économiste de l’ACQ, Jean-Philippe Cliche.

Celui-ci rappelle les limites des résultats de l’étude. M. Cliche souligne que la situation évaluée ne tient pas compte des projets importants dans le secteur de l’aluminium ou dans le gaz naturel qui pourraient voir le jour au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Après tout, la réalisation d’un projet d’envergure pourrait chambouler la demande de travailleurs de la construction. « Ceci ferait en sorte de créer une pression importante sur la main-d’œuvre, et nous devons y voir dès maintenant », avance-t-il.

Les conséquences découlant du manque d’employés sont nombreuses. Ainsi, les entreprises finissent par être moins rentables ou concurrentielles, les entrepreneurs doivent refuser des contrats ou en retarder et sont forcés de travailler davantage.

En ce sens, l’ACQ invite le gouvernement Legault à s’attaquer à ce problème alors que des investissements importants sont prévus au Québec.

L’association est d’avis qu’un important virage technologique, notamment au niveau de technologies et de nouvelles techniques de production, permettra de calmer le problème.

« L’industrie de la construction est une des moins productives tous secteurs confondus au Canada. Pour améliorer notre productivité, nous devrons améliorer nos méthodes de production et la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’en fait pas exception. Si les entreprises de la région veulent continuer de croître et soumissionner sur des projets à l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, elles devront elles aussi emboîter le pas des nouvelles technologies de la construction », estime l’économiste de l’ACQ.

Des changements réglementaires à la Commission de la construction du Québec afin d’améliorer la gestion des bassins de main-d’œuvre et la formation dans les régions en plus de réduire les délais pour la reconnaissance des acquis des nouveaux arrivants et des travailleurs d’industries connexes figurent également parmi les solutions avancées par l’ACQ.

L’économiste de l’ACQ, Jean-Philippe Cliche a présenté, mardi, le portrait de la main-d’oeuvre de la construction au Saguenay-Lac-Saint-Jean.