Avec les températures des derniers jours, les reboiseurs couraient le risque de coup de chaleur.

Congé forcé pour des travailleurs

Cent reboiseurs du secteur de Girardville ont eu un congé forcé, cette semaine, en raison des températures trop élevées. Jeudi, le mercure indiquait près de 35 degrés Celsius à Normandin, selon Environnement Canada.

La direction générale de la Coopérative de Girardville a pris cette décision, dimanche soir, par mesure de prévention, afin d’éviter que les employés s’exposent au risque de subir des coups de chaleur. « Ce sont des gens qui sont payés à forfait et qui peuvent parfois avoir tendance à pousser la machine au maximum pour faire de l’argent et la machine, c’est leur corps. On ne veut pas qu’ils passent droit », indique le directeur général de l’organisme, Stéphane Gagnon.

Les activités forestières devraient revenir à la normale dès lundi avec des températures attendues entre 23 et 27 degrés Celsius selon Environnement Canada. « Ça demeure très chaud malgré tout et il faudra continuer notre travail de sensibilisation afin que nos employés écoutent leurs besoins et s’hydratent correctement », rappelle M. Gagnon. Ce dernier assure que les travailleurs ne devraient pas être trop pénalisés par cet arrêt de travail. Les horaires seront adaptés de sorte que les reboiseurs puissent compenser pour le temps perdu cette semaine.

Deux coups de chaleur
À la Société sylvicole Mistassini (SSM), la direction a ordonné à ses 40 travailleurs de rentrer à la maison à 11 h jeudi matin. La semaine a été difficile pour plusieurs reboiseurs, qui ont concentré leurs efforts surtout durant la matinée cette semaine. Deux travailleurs ont ressenti les symptômes d’un coup de chaleur.

La chaleur était telle que des chantiers ont dû s'arrêter.

« Ça faisait huit ans qu’on n’avait pas connu une telle sécheresse. La dernière fois, c’était en 2010 », se souvient le coordonnateur en santé, sécurité et environnement à la Société Sylvicole Mistassini, Marc-André Guénard.

La technicienne forestière à la SSM, Christine Tremblay, a gardé un œil toute la semaine sur le personnel. Rappelons que le coup de chaleur peut causer la mort. Ses principaux symptômes sont les crampes, les maux de tête, les étourdissements et les vomissements.

« Quand il fait 35 degrés Celsius à l’ombre, ce n’est pas confortable pour personne. Il faut prévenir les coups de chaleur et être attentif aux symptômes. Aujourd’hui, un planteur a dû s’arrêter sur le bord du chemin pour vomir. Il faut continuer le travail de sensibilisation », explique-t-elle.

Construire sous le soleil
Par ailleurs, certains travailleurs de la construction, ceux qui sont exposés au soleil durant toute la journée surtout, ont dû également interrompre leurs activités.

« Il y a des chantiers qui arrêtent, ça dépend toujours de nos surintendants sur le terrain et s’il y a de l’ombre. Mercredi, l’un de nos chantiers a arrêté au Zoo pour nos employés qui travaillaient dehors », soutient le chargé de projet chez Unibec, Pierre Thibeault.

L’entreprise en construction gère actuellement une quinzaine de chantiers dans la région.

+

RECORD DE CHALEUR À SAGUENAY

Un record de chaleur a été battu jeudi, en fin d’après-midi, à Bagotville, alors que la plus haute température enregistrée par Environnement Canada était de 34,5 degrés à 17 h. Le record précédent, enregistré en 1985, était de 32,9 degrés Celcius. Avec le facteur Humidex, on pouvait ressentir 39 degrés Celcius jeudi après-midi. 

Le record a réellement été battu vers 14 h à Bagotville, avec une température de 33,4 degrés. Mais le thermomètre a continué de monter pour frôler les 35 degrés en fin de journée. L’arrondissement de La Baie a aussi été le point le plus chaud au Québec pour la journée de jeudi, selon Environnement Canada. 

La station météo de Jonquière a aussi établi un record, jeudi, avec une température de 33,8 degrés Celcius. La précédente marque avait été établie en 1995 avec 30,7 degrés au thermomètre. 

Pour ce qui est du Lac-Saint-Jean, le record de chaleur datant de 1976, 32,2 degrés Celsius, a été égalé jeudi à Roberval. Andréane Vallée