Le premier ministre du Québec Philippe Couillard débarquera de nouveau aux Etats-Unis ce matin afin de poursuivre sa tournée économique. Dans le cadre de ces périples, Philippe Couillard rencontre des représentants politiques afin de défendre les enjeux québécois en fonction des litiges commerciaux qui persistent entre le Canada et les Etats-Unis.

Conflits avec les États-Unis: Couillard maintient le dialogue

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a rencontré deux membres du gouvernement du président américain Donald Trump pour leur faire valoir les prétentions québécoises sur les dossiers névralgiques que sont les taxes sur l’acier et l’aluminium et l’enjeu de la gestion de l’offre dans le cadre de la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Au cours d’une entrevue accordée au Quotidien à son retour de Washington alors qu’il visitait la Gaspésie, le député de Roberval est revenu sur ces deux litiges commerciaux avec les États-Unis. Ces litiges créent de l’incertitude au Québec sur le plan économique et Philippe Couillard n’entend pas diminuer la pression sur les voisins du Sud.

« Nous sommes encore dans une situation d’incertitude et d’instabilité économique à cause de ces questions commerciales, raison pour laquelle il faut tout faire pour dissiper ces incertitudes. Mais il ne faut pas pour autant abandonner nos acquis. J’allais aux États-Unis pour parler au nom des entrepreneurs et des agriculteurs, pour parler des deux éléments qui nous concernent à des membres du gouvernement Trump et à des représentants du congrès », a résumé Philippe Couillard.

Le premier ministre considère que les ténors de la politique américaine savent bien que le Québec et le Canada ne constituent pas un problème de balance commerciale pour les États-Unis, c’est-à-dire au sujet de la différence monétaire des échanges commerciaux entre les deux pays. Cependant, a-t-il ajouté, ils veulent avoir une action plus large.

« Quand on leur parle de l’aluminium, ils constatent que le problème n’est pas l’aluminium canadien. En passant, 90 % de l’aluminium canadien est notre aluminium du Saguenay. Ils réalisent que le problème des métaux vient d’ailleurs. Il vient de la Chine qui, par surproduction, passe par le Canada. Le gouvernement canadien s’est déjà engagé à resserrer ça de façon importante », précise-t-il.

Philippe Couillard enchaîne en affirmant que ses homologues américains savent qu’ils ne seront pas en mesure, à court et moyen terme, de se doter d’une infrastructure similaire à celle du Québec pour la production d’aluminium primaire. Ils auront donc encore besoin pendant longtemps de l’aluminium canadien pour leur chaîne d’approvisionnement.

Le premier ministre admet toutefois que le litige sur l’aluminium cause des problèmes dans l’industrie. Si Alcoa et Rio Tinto sont en mesure de faire face à cette surtaxe de 10 % en raison de leur taille, il en est autrement à ses yeux pour les petites et moyennes entreprises qui transforment l’aluminium, et dont les produits sont frappés de la surtaxe. M. Couillard a rappelé que Québec avait déjà confirmé une aide pour ces entreprises. Il se dit heureux d’apprendre qu’Ottawa entend aussi supporter l’industrie qui joue un rôle important dans l’économie régionale.

Investissements
Interrogé sur les impacts du litige commercial avec les États-Unis sur les programmes d’investissement de Rio Tinto, Philippe Couillard est demeuré prudent. Il a tout de même laissé entendre que nous allions reparler bientôt de ce sujet. Selon le député de Roberval, Rio Tinto a réalisé des investissements importants et continuera de le faire. Lors de son dernier passage à la Chambre de Commerce du Saguenay, Philippe Couillard avait évoqué des négociations sur une entente globale avec le producteur d’aluminium, sans en préciser la nature. Il est assuré que Québec et Rio Tinto sont sur le point de procéder à une annonce économique importante.

Caribou forestier
Malgré son éloignement du Québec, le premier ministre a été rejoint par l’enjeu du caribou forestier. Un groupe de 17 entreprises américaines, dont le géant North Face, lui ont écrit pour réclamer des politiques plus propices à la protection de l’ongulé en limitant les opérations forestières dans la forêt boréale. Au Québec, des syndicats remettent en question le travail de l’appareil gouvernemental, qui se dirige vers la norme fédérale du 35 % de perturbation maximale pour la forêt sous aménagement.

« Je vais le répéter pour la 188e fois. Le Québec ne perdra pas d’emploi pour le caribou forestier. Nous faisons déjà beaucoup pour la protection avec la création des aires protégées. Ce que je crains le plus, c’est une action unilatérale du gouvernement fédéral », a insisté Philippe Couillard.

Le gouvernement du Québec est sur ses gardes face à Ottawa et n’hésitera pas à recourir aux tribunaux si jamais le palier fédéral devait agir de façon unilatérale.